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lundi, 2 août, 2021

Une santé publique « sous toutes les latitudes » ?

Pandémie : du grec ancien πᾶν / pan « tous », et δῆμος / demos « peuple », maladie qui se propage dans le monde entier, par opposition aux épidémies qui sont localisées. Alors que le variant aujourd’hui majoritaire en France a été identifié pour la première fois en Inde, et que la manière dont chaque pays se débrouille avec la pandémie peut impacter les autres, nos débats restent très franco-français. Nous peinons à imaginer l’impact que peut avoir le simple fait de tomber malade et de rester alité·e dans un pays sans couverture médicale ni protection sociale qui assure le revenu des malades jusqu’à leur rétablissement. Nous ignorons les épisodes les plus graves de la pandémie, la vulnérabilité particulière des peuples autochtones d'Amazonie, les cadavres laissés à la rue en Bolivie ou en Équateur, les mort·es enterré·es en catimini dans des fosses communes au Pérou, le chaos en Inde. Le monde s’arrête à notre porte, aux 100 000 morts françaises.

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mardi, 20 juillet, 2021

De l’obligation vaccinale en désert médical

Depuis que la ligne de train a été fermée, le car met presque deux heures pour aller à Châteauroux, à soixante kilomètres de là en traversant le Berry du sud, les terres de George Sand. La petite Fadette, la mare au diable font signe au passage, pas plus subtilement que le panneau marron qui évoque la dame de Nohant entre les foins pas encore rentrés et les champs de céréales. Mon amie Isabelle, qui vit au croisement du Cher, de la Creuse et de l’Allier depuis quatre ans, me dit se sentir mieux physiquement qu’à Lille, où elle et son compagnon ne trouvaient plus à se loger pour cause de précarité économique. En y repensant, je me dis que c’est heureux. Car cette jolie région agricole, où chaque bourg avait son champ de foire et qui est l’objet d’un petit renouveau de l’agriculture paysanne, est aussi ce qu’on appelle un désert médical. La petite ville où habite mon amie, avec ses deux boulangeries et son petit musée, est désormais à une heure de voiture du premier médecin disponible. Celles et ceux qui exercent aux alentours, jeunes ou vieux, sont débordé·es et ne prennent plus de nouveaux patient·es. La « maison médicale » ? Construite dans le cadre d’un programme étatique appelé « revitalisation du centre-bourg », elle est sous-occupée, il n’y a que deux infirmières surmenées qui ne sont pas en mesure d’établir des diagnostics et de prescrire un médicament (1), même pour un rhume. Le dernier médecin, une Roumaine qui a repris une patientèle à grands frais pour elle et une belle commission pour l’intermédiaire qui était allée la chercher en Italie, est partie sans chercher de repreneur, épuisée par la masse de travail et sans doute trop isolée dans cette campagne qui n’est pas la sienne (2). Les ancien·nes consultent encore les rebouteux ou le prêtre exorciste, les « néo » un peu « alterno » font appel à des naturopathes, à leur frais et sans garantie de succès. En cas d’urgence, aucun médecin du coin n’intervient et il ne reste plus qu’à filer aux urgences de l’hôpital.

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vendredi, 16 juillet, 2021

Covid-19, une pandémie si moderne ?

523px-Paul_Fürst,_Der_Doctor_Schnabel_von_Rom_(Holländer_version).png, juil. 2021La pandémie de Covid-19 s’est propagée à une vitesse jamais vue, la vitesse des classes les plus mobiles, au mode de vie le plus globalisé, de nos sociétés. Son origine est encore incertaine mais, qu’il s’agisse d’une fuite d’un labo P4 ou d’une zoonose (maladie se transmettant de l’animal à l’humain, c’est le cas de 75 % des maladies émergentes contre 60 % des maladies infectieuses classiques) due à la destruction d’écosystèmes, elle a des causes qui tiennent bien à notre modernité industrielle. Voilà qui converge avec la critique d’une partie des critiques de la technique et autres écologistes radicaux et radicales.

Mais outre ces quelques éléments, cette pandémie a des airs plus familiers – que nous pensions ne plus jamais connaître, nous qui vivons dans des sociétés industrielles et très médicalisées. Les maladies infectieuses ont beaucoup reculé au XXe siècle, notamment en raison de la vaccination, et les maladies du mode de vie les ont remplacées : maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers sont nos maladies de riches. Et nous voilà de nouveau vulnérables à ces maladies de pauvres.

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mercredi, 9 juin, 2021

La prévention et la responsabilité, c’était nous

Le minibus filait sur l’autoroute, ramenant à Paris les dernier·es participant·es d’un séminaire écologiste. Sur l’un des ponts autoroutiers, ce slogan d’Extinction Rebellion : 48 000 morts prématurées sont dues chaque année à la pollution de l’air (1). Parce que ces morts nous importent, nous n’avons jamais proposé que les personnes fragiles restent chez elles pendant que nous autres (2) continuerions à polluer. Alors que les autorités nous opposaient une inertie coupable, nous proposions plutôt d’entamer ensemble une décroissance organisée et équitable des transports. La prévention et la responsabilité, la reconnaissance de notre interdépendance, c’était nous. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et nous, les écologistes, avons en partie rejoint la masse des jouisseurs qui refusent de négocier leur mode de vie, quand ce n’est pas les rangs d’une extrême droite libertarienne qui hurle à la « dictature sanitaire » quand sont prises des mesures collectives contre la circulation du Covid. À la dictature sanitaire, nous n’avons pas opposé de démocratie sanitaire mais un libéralisme sanitaire, pour le dire poliment.

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dimanche, 30 mai, 2021

Les mérites de l'exemplarité

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais… Alors que la situation sanitaire qui s’impose à nous depuis plus d’un an requiert des changements de comportement importants et que changer est difficile (même quand les efforts demandés sont moindres, c’est en soi un effort que d’acquérir de nouvelles habitudes), les personnes qui prétendent la gérer nous imposent le spectacle de leur incapacité à adopter elles-mêmes les comportements auxquels elles nous contraignent avec plus d’autoritarisme que jamais.

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dimanche, 9 mai, 2021

« Ensemble, combattons le coronavirus »

Évidemment qu'une maladie infectieuse se combat « ensemble » et oblige à penser les politiques de santé non comme l'organisation d'une offre de soins qu'il faudrait mériter (par ses cotisations ou son appartenance nationale) mais comme un bien commun auquel il appartient à chacun·e de prendre soin. Mais « ensemble », vraiment ?

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mercredi, 5 mai, 2021

La liberté de boire des coups

Il y a cinq ans, suite aux attaques du 13 novembre, certain·es à gauche avaient érigé le fait de sortir et de boire des verres comme l'emblème de notre civilisation. Nous étions attaqué·es dans nos bars et nos restaurants, en tant que civilisation jouisseuse ? Nous allions porter haut et fort les couleurs de la liberté, rouge aux joues et pintes dorées. Et qu'importait que nos assaillant·es eussent été des petites frappes aussi volontiers alcoolisées que nous autres mais récemment converties à un cliché d'islam censé justifier leur haine et leur violence. Qu'importait aussi que cette communion républicaine subversive se fît sous les auspices d'une activité commerciale pas franchement inclusive. Qu'importait enfin que la France eût « éteint les Lumières » en cette sombre année 2015 et qu'il fallût lutter sur tant de fronts, contre le récit du choc des civilisations, contre les lois sécuritaires qui prenaient indifféremment comme cibles des terroristes et des militant·es. Qu'importait, car cette posture du petit-bourgeois satisfait des moments festifs de sa vie était bien la plus confortable.

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dimanche, 11 avril, 2021

Contre le Covid, la démocratie et l’autogestion

Le grand relâchement

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de faire un déplacement dans le cadre de mon travail, dans un joli château à la campagne. Pendant deux jours, c’était comme si le Covid n’existait plus. Nous n’avions pas parlé de respect des règles sanitaires et ce qui allait comme une évidence n’en était une pour personne. J’étais arrivée plus tôt, profitant d’avoir eu le Covid et d’être immunisée pendant au moins quelques semaines pour laisser tomber le masque avec un administrateur assez âgé de l’association pour laquelle je travaille. Nous en avions parlé deux secondes, il m’avait tenue au courant des obligations concernant le port du masque dans son département, je l’avais informé de ma maladie récente et proposé le non-port entre nous deux. Mais quand les autres sont arrivé·es, j’ai remis mon masque dans le hall pile au même moment qu’elles et eux qui entraient enlevaient le leur… Et jamais il n’a été question de décider ensemble du niveau de risque que nous étions prêt·es à prendre, à un moment où le virus circule autant qu’en mars 2020 et sur tout le territoire. Assis·es pendant nos travaux autour d’une grande table, mais pas assez grande pour être à bonne distance les un·es des autres, dans une pièce assez grande et haute (la vie de château) pour absorber nos aérosols mais pas aérée exprès, personne ne portant de masque, nous faisions comme si le virus n’existait pas. Sauf au moment de dresser la table du repas dans une autre pièce… attention, on va disposer les assiettes en quinconces ! Soit : maintenant qu’on a baisé sans capote, on va réduire les risques en évitant de se serrer la main.

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vendredi, 19 mars, 2021

Huit semaines de plus en trop

Cela faisait huit semaines maintenant que nous étions suspendu·es à la menace d'un reconfinement. Le bon côté des choses, c'est que nous vivions dans l'angoisse depuis tout ce temps. L'autre bon côté des choses, c'est que nous sommes sur un plateau haut et que 2 000 personnes meurent chaque semaine du Covid (1). Et le pompon, c'est quand après tout ça, cette angoisse pour rien, ces morts évitables (combien sur les 16 000 de cette période ?), on apprend qu'on sera reconfiné·es et qu'on a gagné sur les deux tableaux.

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lundi, 15 mars, 2021

Vivre avec un Covid par temps de dépression

Je suis tombée malade du Covid il y a quelques jours, avec des symptômes assez classiques et plutôt légers. Les premiers symptômes ressemblant à n’importe quelle crève, j’ai dans un premier temps pris des précautions et je ne suis allée me faire tester qu’à l’emblématique disparition de mon odorat. Et, une fois n’est pas coutume puisque d’habitude je suis plutôt un mauvais esprit, j'étais positive, donc confinée et en arrêt maladie.

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samedi, 13 mars, 2021

Un an de santé publique ?

L'an dernier, un 13 mars, les rumeurs d'une action publique très dure pour assurer la santé de tou·tes m'avaient poussée à écrire sur cette notion de santé publique. Sur ce qu'est la santé en régime capitaliste, un secteur marchand dont le premier objectif est de faire du profit. Sur notre refus d'entendre que la santé de tou·tes suppose de prendre soin de chacun·e, y compris des personnes migrantes qui ont été privées d'accès aux soins en France dans les années 1990. Nous avions oublié, en raison notamment de la faible prévalence des maladies infectieuses, que la santé était un bien commun.

Cette année nous avons compris qu'on ne peut pas se protéger, se soigner seul·e. Nous avons compris ce qui nous unit.

Et pourtant, nous continuons sur notre lancée.

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mercredi, 6 janvier, 2021

« Je ne suis pas épidémiologiste »

Cette semaine, trente-cinq personnes sont tirées au sort pour « nourrir le pouvoir exécutif et législatif » dans la conduite de la campagne de vaccination « et d'ajuster les réponses qui doivent être apportées aux Français ». L’annonce, qui a été faite le mois dernier, a suscité beaucoup de sarcasmes : confier à n’importe qui une question aussi technique, mais vous n’y pensez pas ?

J’entends de même des conversations sur la crise sanitaire conclues d’un « je ne suis pas épidémiologiste » supposé arrêter là tout échange de vues. Non, nous ne sommes pas épidémiologistes. Ni virologues d’ailleurs, une spécialité pas moins utile dans la situation actuelle. Nous ne sommes pas mêmes médecins. Certes non.

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lundi, 23 novembre, 2020

Pandémie de peur

Sans surprise, les troubles anxieux et dépressifs ont doublé en moins d'un mois et demie. Sans surprise, « les personnes déclarant une situation financière très difficile, celles ayant des antécédents de troubles psychologiques, les inactifs et les CSP- (les pauvres, ma précision) ainsi que les jeunes adultes (18-34 ans) sont davantage concernés par les états dépressifs » (1). Sans surprise, parce que rien n'a été fait pour aménager un dernier bout de vie sociale et affective pour les gens, en particulier les personnes sans emploi ou qui vivent seules. Et comme je disais ailleurs, le pire moment pour aller mal, c'est quand tout le monde va mal.

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jeudi, 12 novembre, 2020

La fabrique de l'ignorance

De loin, il est fascinant de voir l'état des savoirs évoluer aussi vite à propos du Covid-19. Pendant le premier confinement, nous apprenions avec anxiété que le virus pouvait tenir sur des surfaces pendant des heures, peut-être des jours. Faut-il désinfecter ses courses ou seulement les mettre en quarantaine ? Finalement les contaminations par les surfaces sont considérées comme beaucoup plus rares que celles par la respiration. Les particules que nous expirons ont plusieurs tailles. On a un temps cru que le virus se transmettait uniquement par les particules les plus larges et donc les plus lourdes que nous expirons, les gouttelettes, mais il s'avère que les aérosols sont aussi dangereux et de plus ils sont plus légers et donc plus volatils : la distance est donc un facteur moins important que nous ne le pensions, il faut aussi porter des masques et aérer fréquemment les espaces clos. Les premiers tâtonnements concernant la mortalité et les facteurs de risque se sont précisés : oui, on meurt plus facilement de la maladie quand on est âgé·e (à vrai dire le risque est multiplié à chaque décennie) mais on peut à tout âge en mourir, s'en remettre difficilement et/ou en porter longtemps les séquelles. Tout cela, qui pourrait ne concerner que des spécialistes, a des répercutions sur nos vies.

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dimanche, 1 novembre, 2020

Vivre avec une dépression par temps de Covid

Ce n’est pas un scoop, la vie par temps de Covid exacerbe les problèmes de santé mentale. Pour tout le monde, y compris celles et ceux qui vont assez bien d’habitude et qui nous disent leur détresse et le coût énorme du confinement – particulièrement pour les femmes, comme ici Titiou Lecoq.

Il y a la difficulté du confinement (j’avais dans un premier temps utilisé le mot violence mais je le réserve aux douze personnes mortes des mains de la police en huit semaines de confinement ce printemps et aux autres blessées). Et il y a l’angoisse par rapport à l’avenir quand on n’est pas en CDI ou fonctionnaire et qu’on voit le chômage grimper en flèche.

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lundi, 14 septembre, 2020

Le sens de la nuance

Il existe en français des adjectifs qui ne peuvent pas être modalisés, renforcés par très ou atténués par un peu. On ne dit pas *très formidable, *assez délicieux, *un peu sublime. C'est ou ce n'est pas essentiel, admirable, horrible. Ou alors c'est qu'on a oublié le sens même de ces mots, qui a un caractère absolu. Les autres adjectifs appellent la modalisation, la nuance. Et ceux-là sont beaucoup plus nombreux. Parce que les choses dans notre expérience nous arrivent rarement toutes blanches ou toutes noires, elles obéissent à une certaine gradation : un plat est plus ou moins bon, salé, épicé, une personne est plus ou moins intelligente, malveillante, originale.

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samedi, 29 août, 2020

Bis repetita

Le soir du jeudi 12 mars, je m'étais couchée très en colère : osaient parler de « santé publique » ceux qui avaient traité le soin comme une marchandise et en avaient exclu une partie du corps social (les personnes en séjour irrégulier, voir ici) comme si la santé n'était pas un bien commun, à entretenir ensemble, d'autant plus dans le contexte de maladies infectieuses et contagieuses. Quelques jours plus tard, nous étions sommé·es de participer à un effort de réduction des risques extrêmement coûteux, conçu par en haut, inadapté à la réalité des personnes les plus fragiles de ce pays, les mal logé·es, les sans balcon ni jardin, les qui vivent seul·es ou à trop de monde, bref tout ce qui n'est pas un homme aisé en télétravail sur la terrasse pendant que maman s'occupe des gosses. Le tout pendant que les travailleurs et travailleuses exposé·es, les indispensables, les « premier·es de corvée », allaient trimer dans des lieux peu ou pas sécurisés, prenant des transports en commun toujours aussi bondés (il y avait moins de fréquence) alors que le gouvernement nous expliquait que nous ne devions pas porter de masques pour réduire la propagation du virus dans ces situations parfaites pour lui (densité humaine, intérieur mal aéré).

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jeudi, 20 août, 2020

Risque zéro ou réduction des risques ?

J'ai vu passer à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux la photo d'un emballage de masques, qui avertissait que les dits masques ne pouvaient constituer une protection appropriée pour des usages hospitaliers. Cette photo était censée prouver que « le masque, ça sert à rien ». Passons sur le fait que les emballages présentent souvent de telles protections juridiques (des décharges), vous avertissant qu'un beurre de cacahuètes peut contenir du gluten et un paquet de pâtes des fruits à coques. Cela ne signifie pas qu'il y a du gluten dans le beurre de cacahuètes ou des fruits à coques dans les pâtes mais que l'entreprise juge raisonnable de ne pas garantir la pureté de ses produits à des personnes allergiques qui pourraient les traîner en justice si la « présence éventuelle » de l'agent allergène était effective. Le fabricant de masque grand public ne souhaite pas non plus voir sa responsabilité engagée au cas où un·e praticien·ne hospitalièr·e aurait eu l'idée d'utiliser en bloc opératoire un masque au standard moins élevé, conçu pour éviter des contaminations moins graves que quand un·e chirurgien·ne opère le visage à 30 cm de plaies béantes.

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lundi, 3 août, 2020

Rebellitude ou anarchisme ? Une histoire d'eau

C'est un beau dimanche de juillet et je vais réparer mon vélo sous la supervision amicale de F. dans le squat où il vit. F. a été réparateur de vélos dans une autre vie mais aujourd'hui il partage son temps entre des cours de français pour les migrant·es, des carcasses de vélo remontées entièrement et ce qui lui chante, comme d'aider des gens comme moi le dimanche à réparer leur biclou. Je dois être la seule cet aprem qui peut se payer les transports en commun ou les services d'un vélociste, les autres sont fauché·es comme les blés, avec ou sans papiers (la preuve que le vélo, c'est vraiment un truc de bobos). Heureusement pour nous qu'il y a l'atelier du dimanche. Derrière la verrière sous laquelle on transpire abondamment (mais rassurez-vous, il y fait très froid en hiver, ça équilibre), un petit jardin et une petite piscine gonflable. Un truc écrit sur la porte de sortie : « Si ta dernière douche ne date pas d'aujourd'hui, rince-toi avant de rentrer dans la piscine. » Voilà : tout ça pour dire que mêmes chez les anars, y'a des règles.

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lundi, 15 juin, 2020

Déconfinement et rebellitude

Elles prennent de l'assurance, ces voix qui condamnent notre servilité pendant le confinement. C'est un propos qu'on attendrait chez les lecteurs et lectrices de Henry D. Thoreau et d'Étienne de La Boétie, deux théoriciens de la désobéissance civile, ou bien chez les anarchistes, chez celles et ceux qui disent « non »… mais ça infuse bien plus largement. À vrai dire, il me semble que ce n'est pas de la part de celles et ceux qui se souhaitent ingouvernables que j'entends ces sorties rebelles mais plutôt des autres. Ce n'est pas honteux, d'avoir éteint son esprit critique pendant le confinement parce qu'on avait besoin d'irénisme. On a tou·tes nos mauvais moments. Mais revenir critiquer une servilité généralisée ?

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