Mot-clé - Écologie politique

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dimanche, 5 septembre, 2021

Misère du cyclisme urbain

« Connasse, t’as qu’à te pousser dans le caniveau, je te double si je veux ! » C’est pas lui qui me gueule ça, c’est moi qui verbalise à voix haute son dring-dring parce que je prends toute la place sur cette piste cyclable trop étroite pour y rouler à deux de front. (Oui, dans la France d’avant – avant le 5 décembre 2019 – on imaginait des cyclistes épars·es se suivre de loin en loin et personne n’avait prévu des pistes suffisamment larges pour doubler.) Il me dépasse quand même, en me frôlant et en me faisant savoir qu’il est vexé que j’aie pu le confondre avec un automobiliste de base. Lui, il est beaucoup mieux. Il fait du vélo, il mange peut-être bio pour sauver la planète en rentrant à 18 h de son boulot de bureau bien payé, si j’en juge par son joli équipement. Il est probablement « déconstruit » et titulaire d’un livret éthique qui partage ses maigres bénéfices avec Pierre Rabhi, un peu comme moi. Sauf que moi, je suis capable de gérer ma frustration et de rester à rouler tranquillement derrière une vieille dame ou un gros monsieur, tant que je n’ai pas la place de les dépasser. Je le retrouve plus tard, j’étais passée devant lui suite à un mauvais choix de sa part au carrefour et il me double de nouveau. On roule à peu près à la même vitesse mais le moindre différentiel lui est insupportable, c’est son droit humain de doubler quiconque le ferait à peine ralentir, dès qu’il estime que « ça passe ». Aujourd’hui c’est lui, un barbu trentenaire ou quadra. Hier c’était elle, une meuf plus jeune en Vélib (1) pour qui s’était vital, de se placer devant moi, j’avais donc roulé deux kilomètres sur l’avenue sagement derrière elle après son dépassement dangereux. Avant-hier c’était un autre gars avec un vélo sportif, dans un virage, et qui roulait sur la piste malgré une vitesse élevée.

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dimanche, 15 août, 2021

La Croissance verte contre la nature

9782348067990.jpg, août 2021Hélène Tordjman, La Croissance verte contre la nature. Critique de l’écologie marchande, La Découverte, 2021, 352 pages, 22 €

La Croissance verte contre la nature est certainement le plus grand livre d’écologie de l’année. L’économiste Hélène Tordjman s’y attaque aux évolutions de la technologique et du capitalisme et à leur nouvelle prise en compte des questions environnementales. Entamé il y a moins de vingt ans, ce virage « vert » n’entend pas sortir de l’ornière productiviste mais ses innovations sont désormais accompagnées de justifications écologiques. Tordjman documente donc plusieurs dossiers pour tenter d’en comprendre les racines idéologiques et les logiques économiques.

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mardi, 27 avril, 2021

Décroissance ou barbarie

C’est in extremis que j’ai pu me procurer un numéro de La Décroissance d’avril dans ma petite ville prospère, en bordure du bois de Vincennes, où l’on ne croise presque jamais de Noir·es ou d’Arabes et qui a réélu l’an dernier son maire de droite dès le premier tour. D’habitude, m’explique le monsieur qui tient le kiosque sur la grand place, les numéros de ce journal arrivent puis repartent et c’est la première fois qu’il en vend un… et même deux quand j’achète le dernier. Le buraliste de la rue de la Poste, qui en commande à peine plus chaque mois, a été dévalisé.

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mercredi, 24 mars, 2021

Faut-il faire de l'écologie sans les écologistes ?

Cet hiver le Haut conseil pour le climat, une instance créée en 2018 pour « apporter un éclairage indépendant sur la politique du gouvernement en matière de climat », a livré un rapport sur l'impact écologique du déploiement de la 5G. Ce rapport, commandé par le Sénat, anticipe une augmentation de la consommation d'énergie et des émissions de gaz à effet de serre due à l'utilisation de cette nouvelle technique, pourtant plus efficace que la 4G. L'empreinte carbone du numérique, aujourd'hui autour de 15 millions de tonnes par an en France, est amenée à croître ces prochaines années mais le déploiement de la 5G devrait entraîner vers 2030 un doublement de cette croissance, a minima, si ce n'est un quadruplement. Les raisons en sont le renouvellement du matériel, l'effet-rebond des consommations (soit les nouveaux usages induits par exemple par l'Internet des objets, si j'ai bien compris). Le tout nous entraînant vers une empreinte de 25 millions de tonnes bien incompatible avec les engagements déjà peu ambitieux de la France en matière d'émissions.

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vendredi, 19 mars, 2021

Les Émotions de la Terre

livre_affiche_635.png, mar. 2021Glenn Albrecht, Les Émotions de la Terre. Des nouveaux mots pour un nouveau monde, Les Liens qui libèrent, 2021, 366 pages, 9,90 €

Lors du premier confinement, c'est un fait qui est apparu avec plus d'évidence que jamais : la nature fait du bien, au corps et à l'esprit. Or dans une société industrielle qui détruit son milieu, l'accès à la nature est restreint ou dégradé. Glenn Albrecht a nommé le malaise devant cette dégradation la solastalgie, néologisme ou plutôt mot-valise évoquant la consolation et la nostalgie, soit la douleur d'avoir perdu un milieu qui faisait du bien. Ce philosophe australien est d'ailleurs gourmand de néologismes, les siens et ceux des autres. On connaît la nostalgie (un mot inventé au XVIIe siècle pour décrire le sentiment douloureux pour un pays éloigné et, dans une acception plus récente, une époque révolue) ; l'Anthropocène, la période géologique qui a succédé à l'Holocène et se caractérise par le changement apporté par l'être humain (on y reviendra) à son milieu ; l'écocide (l'équivalent d'un crime de guerre ou crime contre l'humanité mais perpétré contre le milieu). Je dis « milieu » pour éviter cette expression récusée par l'auteur d'« environnement », bien trop anthropocentrique. À ces mots il faut ajouter ses créations propres, entre beaucoup d'autres la météoranxiété, ou angoisse devant un climat devenu imprévisible, la Terraphthora, les forces qui détruisent la Terre alors que la Terranascia est au contraire l'ensemble des forces créatrices.

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mardi, 14 avril, 2020

Un besoin à reconsidérer : l'avion

Dans Les Besoins artificiels, Razmig Keucheyan montre combien la consommation est un geste politique, non pas parce que les choix individuels auraient le pouvoir de réorienter le marché (une certaine aporie de la pensée écolo-alternative) mais parce que l'union des consommateurs, sur le modèle de l'union des travailleurs à laquelle elle fut d'ailleurs liée, est un outil sous-estimé et sous-utilisé pour ne plus subir l'offre et contribuer à une démocratie économique. Tout intéressant qu'il soit, cet ouvrage ne pose pas comme il le promet la question de la construction des besoins, notamment par l'offre.

J'ai bien peur que nous ne soyons pas dans L'An 01, appelé·es à reconsidérer nos besoins pour imaginer ensemble une société décente… J'ai bien peur que ce qui nous attend ne soit pas un grand banquet démocratique où les idées les plus généreuses et les moins bêtes triompheront… J'ai néanmoins envie de poser ici cette question au sujet de l'avion, stimulée par des débats récents du confinement et par ma relative déception devant l'ouvrage de Keucheyan. Tentant de faire la part entre besoins authentiques et besoins créés par l'offre, celui-ci affirme : « Voyager est devenu un besoin authentique. (…) La démocratisation du voyage est un acquis. »

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dimanche, 19 janvier, 2020

Une écologie des riches

C'est une affirmation à tempérer mais, sans attendre des politiques de transition écologique, nous avons dès maintenant la possibilité et la responsabilité de baisser notre impact sur l'environnement en adoptant quelques bons principes de vie : choisir les mobilités douces, acheter des produits bio tant alimentaires que cosmétiques, d'entretien ou textiles, trier ses déchets, rénover sa maison avec des matériaux écologiques, habiter un logement pas trop grand, produire moins de déchets en utilisant des objets réutilisables et des aliments en vrac et moins transformés, moins chauffer son logement, ne jamais prendre l'avion. J'en oublie peut-être…

Ces quelques principes semblent opposer des classes conscientisées de centre-ville (qui vivent assez près de de leur emploi pour y aller à vélo, ont les moyens de manger bio, peuvent assumer les surcoûts de certaines pratiques de consommation quand il faut choisir un produit plus écologique) à ces classes populaires qui se sont insurgées l'hiver dernier à propos d'éco-taxes sur le diesel, lesquelles sont dépendantes de la voiture, n'ont pas les moyens de faire entrer dans leurs critères de consommation les questions écologiques et le voudraient-elles vraiment ? Il est une idée qui s'impose d'après laquelle cette écologie des ménages, qui constituerait notre principale marge de manœuvre pour faire changer radicalement nos sociétés, appartiendrait au registre d'une classe sociale, éduquée et à l'aise financièrement (1) pendant que les autres sont au mieux captives, au pire rétives.

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samedi, 10 août, 2019

Leur écologie et la nôtre

Il y a quelques jours, j'ai eu l'idée saugrenue de demander à un colibri de ma connaissance s'il avait bien supporté la lecture d'Égologie et celui-ci en est venu à critiquer les mouvements écolos qui se complaisent dans leur singularité et le fait qu'ils ont raison tandis que les autres ne sont que des imbéciles. Vu la gravité de l'enjeu, me disait-il, il faut s'unir, tous les efforts sont bons à prendre. Oui. Mais non.

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mardi, 2 octobre, 2018

« Des mesures potentiellement impopulaires »

C’était il y a presque vingt ans. La formatrice était venue avec son bébé, qu’elle allaitait, pour nous présenter les grandes lignes de ce qu’est le changement climatique. Les particules de gaz à effet de serre plus denses dans l’atmosphère, qui font que l’énergie solaire est recapturée en plus grande proportion après qu’elle a touché la Terre. Le réchauffement de la planète, qui s’ensuit, ces deux ou trois degrés (selon les différents scénarios) qui ne sont pas uniformément répartis mais constituent une énergie en plus phénoménale, laquelle nourrit des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents. Et puis ce qu’on peut y faire : un quart des émissions dû aux transports, un autre à l’agriculture (pas seulement l'élevage mais aussi le mésusage des sols), un autre au bâtiment, un dernier à l’industrie et une troisième moitié pour tout ce que nous achetons sur le marché mondial et qui n'est pas compté dans la consommation nationale… Les solutions ? Des techniques plus écologiques et moins industrielles et une réduction : du nombre de kilomètres effectués par les biens et les personnes, de la consommation, de l'extraction des ressources, etc. Changer de mode de vie mais aussi changer de modèle économique. Ça tombait bien, les échos de Seattle se faisaient encore entendre et la mondialisation néolibérale était nommée, décrite et combattue.

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dimanche, 12 août, 2018

Une machine à fabriquer de l'impuissance

Ces derniers mois, je suis allée à la rencontre des lecteurs et des lectrices d'Égologie. J'ai parfois eu un peu la frousse, comme dans cette petite ville démocratique où les affiches de la rencontre avaient été arrachées ou ailleurs quand la veille de la rencontre est sortie une tribune enflammée contre la couverture du livre dans un média local. Mais globalement, ça s'est bien passé. Mieux que ça, même. J'ai rencontré une foule de gens estimables, des camarades pour qui les alternatives écolo posent depuis longtemps problème mais qui n'avaient pas forcément su l'exprimer dans des termes audibles par les personnes qui y sont engagées et ces mêmes personnes, ou en tout cas celles qui y croient vraiment, à la solidarité et au reste, pour qui Égologie a été l'occasion de questionner leurs pratiques et qui l'ont accepté de bon gré. À tou·tes : merci pour l'accueil !

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samedi, 14 octobre, 2017

Égologie

Ces derniers mois n'ont pas été mes plus productifs, à voir mes publications plus rares sur ce blog. C'est que j'étais occupée ailleurs, à reprendre quelques idées développées ici pour les articuler dans un petit bouquin qui sort ce lundi 16 octobre : Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur.

Grand merci à l'équipe du Monde à l'envers, mes éditeurs, dont Nicolas à qui ce livre doit beaucoup, pas seulement son titre. Merci également pour les relectures et les encouragements à Louison Bobet et Mutines. Merci pour l'inspiration et les repères à Nicolas Marquis et Irène Pereira, dont j'espère ne pas avoir tordu les idées dans tous les sens. Merci à Xavier et à quelques camarades alter-écolo pour avoir accueilli ma critique avec bonne foi, intelligence et générosité (j'espère qu'ils et elles ne seront pas les seul·es !).

mercredi, 28 décembre, 2016

Le revenu garanti, une mesure productiviste ?

Un article paru en juin 2016 dans le n°23 de Moins!, journal romand d'écologie politique et qui reprend une partie de ma brochure sur le revenu garanti.

J'ai édité dans mes jeunes années une brochure qui faisait la promotion du revenu garanti : comment « perdre sa vie à la gagner » (1), expliquaient de jeunes écologistes proposant plutôt de rester au lit pour « transformer son temps en bonheur en tranches ». Presque quinze ans après, parmi les rédacteurs et rédactrices de ces textes, beaucoup sont engagé-e-s dans des activités bassement productives et rémunérées : maraîchage, enseignement du français langue étrangère, soin aux enfants handicapés… Il y avait finalement de quoi faire sans pourrir la planète.

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dimanche, 31 juillet, 2016

Moi président, l’écologie, je m’en fous

Article paru dans CQFD n°141, mars 2016

Certes, la plupart d’entre nous n’attendait rien de toi, Parti socialiste. Mais le quart d’inscrits égarés qui t’a porté au pouvoir a dû sérieusement être déçu. Transition écologique, préservation des espaces naturels, lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air, du sol et des eaux… Où en sommes-nous ? Ta présidence n’est pas synonyme de simple dégradation de notre patrimoine naturel commun. Non, tu as bien su le valoriser, au point qu’il a gonflé quelques portefeuilles.

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lundi, 11 avril, 2016

Espérance de vie : la fin de quelle illusion ?

Article paru dans « Faire la paix avec la mort », dossier n°8 de En attendant l'an 02, ouvrage collectif aux éditions Le Passager clandestin, avril 2016, 220 pages, 15 euros

« Au moins dans nos sociétés meurt-on toujours plus vieux. » C'est la tarte à la crème que reçoivent en réponse les critiques de l'industrialisme, des villes tentaculaires et de la bouffe dopée aux produits chimiques. Sommes-nous vraiment sûr·e·s de mourir plus tard que les générations qui nous ont précédées ? Et en quoi cela nous assurerait une vie bonne ?

Janvier 2016. L'INSEE livre les chiffres de la démographie française pendant l'année écoulée. L'info fait les titres des journaux : l'espérance de vie est en baisse et la mortalité la plus élevée depuis 1945. Pour la première fois depuis 1969, les espérances de vie masculine et féminine baissent de manière simultanée : -0,3 ans pour les hommes, qui meurent en moyenne à 78,9 ans, et -0,4 ans pour les femmes, pour 85 ans. Les événements météorologiques de 2016 (une canicule en juillet et une vague de froid en octobre) suffisent-ils à expliquer ce chiffre ? Et ne s'agit-il que d'un phénomène conjoncturel, comme les démographes nous l'expliquent tout le long de la semaine qui suit ? Claude Aubert, agronome, promoteur de l'agriculture biologique et auteur d'ouvrages de santé environnementale comme Espérance de vie, la fin des illusions (Terre vivante, Mens, 2006), a à ce sujet un avis sensiblement différent…

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En attendant l'an 02

En attendant l’an 02. Des pièges de la révolution écologique et des pistes pour les déjouer, ouvrage collectif, Le Passager clandestin, 220 pages, 15 euros
Illustration de couverture : Guillaume Trouillard ; préface : Thierry Paquot

Quatre années, sept numéros toujours plus beaux et mieux diffusés, il ne fallait pas moins pour accoucher d'un objet éditorial qui sorte un peu du monde militant, des librairies amies, du cercle des abonné·e·s, pour se présenter à un public plus large. Une fois la chose faite et L'An 02 distillant ses ondes subversives jusque dans les allées de grandes surfaces culturelles, voilà qu'il faut arrêter, les efforts ayant été trop rudes. Faut-il se réjouir que L'An 02 ait pu arriver à être ce qu'il est ? Ou regretter qu'il ne nous accompagne pas plus longtemps ?

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jeudi, 24 décembre, 2015

Le chômage, c'est la mort

Il y a quelques temps, une copine me disait combien le travail, c’est la mort. Des suicides sur le lieu de travail (qui arrivent par vagues dans les médias) aux burn-out, de la vulnérabilité que la hiérarchie crée face au harcèlement à la dépossession dont témoignent tant et tant de gens du métier, il semble qu’il n’y ait rien à défendre dans l’organisation du travail aujourd’hui. Est-ce une raison suffisante pour taper dans le dos d’une chômeuse comme moi en la félicitant de ne pas être employée ? Peut-être pas, aussi ai-je répliqué à ma pote que le chômage, c’est la mort.

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mardi, 8 décembre, 2015

Au fond du trou

D’habitude, je ne vote pas. Si mes ancêtres se sont battus pour quelque chose, c’était pour mener une vie digne, pas pour distribuer des cartes blanches à leurs gouvernants sur la base de questions mal posées. Mais dimanche je suis allée poser mon bulletin dans l’urne. D’abord parce que « malgré tout l’intérêt que présente [mon] CV », cela faisait dix ans que je moisissais au chômage quand j’ai été embauchée il y a six mois par le groupe des élus verts au Conseil régional Nord-Pas de Calais. Autant ces dix années avaient entamé mon optimisme sur la possibilité de créer des alternatives au capitalisme qui n’en reproduisent pas la violence, autant je leur suis reconnaissante de ne pas m’avoir jugée sur les mêmes critères que les gentilles assos chez lesquelles je postulais sans succès. Ensuite parce que, pendant le peu de temps où je les ai côtoyés, la plupart des élus de ce groupe ont su gagner une estime que j’accorde chichement. Certes nos visions ne s’accordent pas tout à fait mais ils et elles correspondent assez largement à ce que les spectateurs de ma conférence sur les élections me disent attendre de leurs élus : être réglos et faire leur boulot. What else?

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mardi, 13 octobre, 2015

Crowdfunding à la française

Lors d’un séjour aux États-Unis à Portland, Oregon, j’ai eu le plaisir de donner un coup de main régulier dans un cinéma associatif. Tous les samedis on pouvait me trouver derrière la caisse à jongler entre le logiciel d’édition des billets et les coupures de dix dollars, quand je ne partais pas passer le balai dans les salles. Pendant mon séjour, et deux ans après avoir financé ainsi de nouveaux sièges, le cinéma a lancé une opération de crowdfunding sur Kickstarter pour rénover sa marquee. Voici le cinéma avant, quand j’y balayais le pop corn, et après, suite au succès de la levée de fonds populaires (sachant que le cinéma a aussi des mécènes corporate, dont Nike qui est basée à deux pas). Pas mal…

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jeudi, 1 octobre, 2015

Écologie : la petite bourgeoisie s’amuse

Un texte paru au printemps 2015 dans L'An 02 n°7, dans le dossier « Altercapitalisme ».

« La petite bourgeoisie intellectuelle dans son ensemble se trouve dans une position sociale paradoxale et est traversée de contradictions, qui se retrouvent sur le plan politique et idéologique. C'est également en son sein que s'épanouissent ainsi les pensées et les pratiques alternatives, qu'elles soient autogestionnaires, écologistes ou féministes et queer. Comme la petite bourgeoisie traditionnelle, elle est dominée par la bourgeoisie tout en étant exploitée dans son travail et en subissant la dégradation des conditions de travail imposée par le capitalisme néolibéral, mais elle perçoit aussi une rémunération supérieure à la seule reproduction de sa force de travail, une sorte de rétrocession partielle de la plus-value capitaliste, qui témoigne de sa participation à l'exploitation des classes populaires. En outre, si les niveaux de revenu en son sein sont très variables, la petite bourgeoisie intellectuelle est dominante sur le plan culturel. »
Anne Clerval, Paris sans le peuple. La Gentrification de la capitale, La Découverte, 2013, p. 41.


L’écologie a politisé de nombreux aspects de la vie quotidienne : rythmes et cadre de vie par exemple. Mais quand l’écologie urbaine se contente d’améliorer la qualité de vie dans les quartiers centraux, y ramenant des classes aisées appréciées des décideurs, elle accompagne des phénomènes de domination socio-économique. La bonne conscience en plus.

Poursuivre la lecture sur le site de L'An 02.

mardi, 26 mai, 2015

Croire ou ne pas croire au Progrès ?

Il y a quelques jours j'entendais un philosophe médiatique répondre à la question : « Croyez-vous au Progrès ? » Surprise : notre philosophe répondit oui sans interroger ni l'action ni son objet, tant le Progrès est un concept à la définition universelle et évidente, auquel il est de bon ton de croire. Alors que… si le Progrès existe, que n'est-il besoin de le constater, comme l'alternance entre le jour et la nuit ou le passage du temps ?

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