Mon blog sur l'écologie politique

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dimanche 10 décembre 2017

On achève bien les éleveurs dans "Offensive sonore"

Vendredi 8 décembre, l'émission "Offensive sonore" consacrait son émission sur Radio libertaire à On achève bien les éleveurs. Il a été question d'administration de l'élevage, de puçage et de résistances.

L'émission est directement accessible ici mais allez faire aussi un tour sur le site de l'émission.

Dessin Guillaume Trouillard.

jeudi 30 novembre 2017

Défendre l'élevage

À propos d'On achève bien les éleveurs, un livre d'entretiens édité par Aude Vidal, illustré par Guillaume Trouillard
Avec Jean-Pierre Berlan, Jocelyne Porcher, Xavier Noulhianne, Christophe Richard, le groupe Marcuse, Fabrice Jaragoyhen, les fermiers du Pic-Bois et Stéphane Dinard
144 pages, 24 euros
Parution le 1er décembre 2017
Dossier de presse à télécharger ici

À l'origine de ce livre, le dessinateur Guillaume Trouillard. Loin de se contenter d'illustrer les entretiens qui sont ici retranscrits et mis en forme, il a ouvert les premières pistes de ce qui est devenu On achève bien les éleveurs. C'est lui que la lecture de La Liberté dans le coma, ouvrage du groupe Marcuse, a convaincu de la nécessité d'aborder la question du puçage des bêtes, du contrôle et plus globalement de l'administration du métier d'éleveur… et des résistances à cette lame de fond. C'est encore lui qui, après avoir découvert la chercheuse Jocelyne Porcher et l'éleveur Xavier Noulhianne dans l'émission de Ruth Stegassy sur France Culture, « Terre à terre », a souhaité que nous les rencontrions.

Guillaume se flatte parfois d'être né dans le même canton que Bernard Charbonneau, un penseur écologiste et critique de la technique actif dès les années 1930, parfois mentionné dans ces entretiens. Il est surtout un fidèle lecteur des ouvrages publiés par l'Encyclopédie des nuisances, éditeur entre autres de Du progrès dans la domestication. C'est peut-être parce que cela se devine trop aisément que La Revue dessinée, qui lui avait commandé un reportage d'une trentaine de pages sur la question de l'élevage aujourd'hui, a retardé la publication de cette bande dessinée dont Gabriel Blaise et moi avons écrit le scénario. Ce reportage est finalement paru, plus de deux ans après nos premiers entretiens et malgré les efforts de Gabriel pour nous remettre dans les clous d'une revue peu désireuse de prendre des positions aussi tranchées que les nôtres. Le reste tient en partie au fait que, plutôt que de prendre des notes à partir desquelles j'aurais écrit les maigres bulles d'un reportage en bande dessinée, j'ai pris la peine de retranscrire les heures de savantes explications, de considérations passionnantes et d'indignations à partager. Il en est resté des pages que je ne pouvais me résoudre à simplement archiver.

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mardi 19 septembre 2017

Remplacer l'humain

Nicholas Carr, Remplacer l'humain. Critique de l'automatisation de la société, traduit de l'anglais (États-Unis) par Édouard Jacquemoud, 272 pages, 19 euros, L'Échappée, 2017

Résister à l’automatisation, voilà une entreprise qui semble insensée. Ce serait résister à la logique selon laquelle les investissements dans les machines sont très vite plus rentables que le recours à du travail humain (et que l’argent décide de la marche du monde). Ce serait résister également à notre goût pour l’économie de moyens, une tendance presque naturelle à s’éviter de la peine. Il est toujours possible de s’en désoler à longueur de pages, de la documenter de manière intéressante mais à quoi bon ? Nicholas Carr réussit pourtant à livrer avec Remplacer l’humain un livre passionnant.

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mercredi 28 décembre 2016

Le revenu garanti, une mesure productiviste ?

Un article paru en juin 2016 dans le n°23 de Moins!, journal romand d'écologie politique et qui reprend une partie de ma brochure sur le revenu garanti.

J'ai édité dans mes jeunes années une brochure qui faisait la promotion du revenu garanti : comment « perdre sa vie à la gagner » (1), expliquaient de jeunes écologistes proposant plutôt de rester au lit pour « transformer son temps en bonheur en tranches ». Presque quinze ans après, parmi les rédacteurs et rédactrices de ces textes, beaucoup sont engagé-e-s dans des activités bassement productives et rémunérées : maraîchage, enseignement du français langue étrangère, soin aux enfants handicapés… Il y avait finalement de quoi faire sans pourrir la planète.

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mercredi 14 octobre 2015

Les femmes dans la maison vide

« Mon argent, mon argent, à quoi l’emploierai-je ? Acheter des meubles pour la maison ? Mais je n’y suis jamais dans la maison. À quoi bon l’aménager ? Je ne la connais plus. Acheter de bonnes nourritures, mais je n’ai plus le temps de les préparer comme il faut. Le dimanche ? Ah non, je suis trop fatiguée pour me mettre à la cuisine que d’ailleurs je ne sais plus faire. » Émouvant témoignage d’une femme des années 60 sur la malédiction du travail salarié... Oh no, wait, c’est Jacques Ellul, père de famille, auteur de dizaines d’ouvrages et longtemps salarié à l’IEP de Bordeaux, qui parle. Dans Exégèse des nouveaux lieux communs, le pape de la technocritique consacre quelques pages à l’idée reçue selon laquelle « La femme trouve sa liberté dans le travail » et vole la voix d’une mère de famille pour lui expliquer avec des accents sensibles qu’on ne lui verra plus dans le reste de son œuvre (magie de l’écriture au féminin) qu’elle est mieux soumise à un mari qu’à se faire harceler sexuellement par un contremaitre, que la maison sans elle est froide et vide (on y reviendra), que les femmes soviétiques sont manœuvres et cantonniers, beurk. Etc.

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mardi 26 mai 2015

Croire ou ne pas croire au Progrès ?

Il y a quelques jours j'entendais un philosophe médiatique répondre à la question : « Croyez-vous au Progrès ? » Surprise : notre philosophe répondit oui sans interroger ni l'action ni son objet, tant le Progrès est un concept à la définition universelle et évidente, auquel il est de bon ton de croire. Alors que… si le Progrès existe, que n'est-il besoin de le constater, comme l'alternance entre le jour et la nuit ou le passage du temps ?

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vendredi 1 mai 2015

On a les utopies qu'on mérite : le revenu garanti (1)

Le revenu garanti est une revendication portée avec de nombreuses variations (revenu de base, revenu d'autonomie, dotation inconditionnelle d'autonomie, etc.), mais on peut dégager trois éléments invariables : il est assez généreux (en argent ou en nature) pour donner accès à une vie matérielle décente ; il est accordé à tou-te-s et sans condition. Si vous souhaitez lire un texte qui flatte votre conviction que c'est une panacée, voici qui rend compte de mes efforts entre 1999 et 2006 pour la promouvoir : « Vivre chichement, le revenu d'autonomie par Chiche ! » C'est joyeux, très alter, vous y dégusterez l'enthousiasme de jeunes gens avec de grandes certitudes. Si au contraire vous acceptez de soumettre vos convictions à l'examen que je propose et d'examiner sans complaisance la mesure, en posant sur elle un regard anti-productiviste, anarchiste et féministe, c'est ici.

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lundi 23 mars 2015

Sorcières, sages-femmes & infirmières

Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes & infirmières. Une histoirE des femmes soignantes, traduction L. Lame, Cambourakis, collection « Sorcières », 2015, 124 pages, 16 €.

En 1973, Barbara Ehrenreich et Deirdre English publient une brochure féministe, à mi-chemin entre le pamphlet et l’ouvrage de vulgarisation historique, dont le succès les surprendra. Les éditions Cambourakis reprennent aujourd’hui ce texte, accompagné de deux introductions par les autrices (1973 et 2010) et d’une postface, le tout constituant un ouvrage modeste mais stimulant. Que celles qui comme moi n’ont pas encore osé ouvrir Caliban et la sorcière (1) n’hésitent pas.

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mardi 17 mars 2015

A la radio

Un vendredi sur deux à la radio (Radio Libertaire, 89,4) et en ligne sur le site de la Bibliothèque associative de Malakoff. Voici deux émissions avec un luxe de temps au sujet du dossier de L'An 02, "Qui est réac ? Qui est moderne ?"

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mercredi 11 mars 2015

Seuls ensemble

Sherry Turkle, Seuls ensemble. De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines (2011), traduit par Claire Richard, L’Échappée, 2015, 528 pages, 22 euros

Sherry Turkle prend soin de le préciser tout le long de son ouvrage. Non, elle n'est pas luddite (du nom de ces ouvrier·e·s briseurs de machine s'étant donné pour chef un imaginaire Ned Ludd). Non, elle n'est pas technophobe. Et de fait, le propos de cette psychologue directrice de département au Massachussets Institute of Technology est assez mesuré. Elle essaie de comparer chacune de ses observations avec nos usages d'avant le surgissement de machines high tech : qu'est-ce qui change entre une poupée et un robot social dans la réaction d'un enfant ? entre un échange sur Skype et une lettre pour les personnes mises en relation ? Et ses conclusions ne sont pas fracassantes, inédites ou catastrophistes. Mais oui, quelque chose change quand nous nous entourons d'objets nouveaux, avec des fonctionnalités nouvelles. Nous nous y adaptons, ils suscitent en nous des comportements différents, qui nous sont peut-être dommageables. Dans une institution qui réunit les meilleurs ingénieurs au monde, voilà assez d'esprit critique pour donner des palpitations…

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