Mon blog sur l'écologie politique

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mardi 31 mars 2015

Manuel de survie à destination des femmes en politique

Sandrine Rousseau, Manuel de survie à destination des femmes en politique, Les Petits Matins, 2015, 108 pages, 9,90 €

Voilà un ouvrage qui s’adresse à toutes les femmes qui pourraient être tentées par l’action publique. Mais même si vous n’avez pas envie de devenir un jour conseillère municipale ou présidente de région, même si vous pensez comme moi que les élections devraient être abolies car la manie de la représentation est en soi un problème, même si vous n’avez pas envie de partager le pouvoir mais de le voir disparaître, ne passez pas votre chemin. Car le pouvoir existe toujours et vous êtes de toute manière susceptible d’y être confrontée un jour. Si ce n’est pas dans votre activité militante, heureusement à l’abri de tout rapport de pouvoir entre femmes et hommes (non ?), ce sera au boulot, avec des proches ou dans la rue.

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lundi 23 juin 2014

À Bornéo, les droits communautaires autochtones au secours d’un bien commun mondial

Marudi, ancien chef-lieu colonial de l’intérieur des terres, aujourd’hui une petite ville reliée aux villes de la côte par la sinueuse rivière Baram ou par une route toute récente mais déjà défoncée et deux passages de bac au coût exorbitant. Dans les modestes bureaux de Sahabat Alam Malaysia (SAM, Friends of the Earth Malaisie) où s’affairent des salariés issus des peuples Iban ou Kayan, un tableau récapitule une partie des 300 procès en cours contre le gouvernement de l’état du Sarawak. Il s’agit parfois de procès de militants, mais la répression aujourd’hui est moins dure que dans les années 1980 et 1990, pendant lesquelles la déforestation avait atteint des proportions inédites, et la Malaisie, grande comme une moitié de France, était le deuxième exportateur mondial de bois tropicaux. Désormais les procès sont plus souvent ceux que les peuples natifs mènent pour le respect de leurs droits communautaires, les native customary rights (NCR), contre les autorités.

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jeudi 16 janvier 2014

Un solutionnisme écolo-alternatif ?

DIY, agroforesterie, revenu garanti, agriculture urbaine, tirage au sort des mandats politiques, BRF, végétarisme, etc. Les écolos-alternatifs/ves ont une multitude de propositions pour faire du monde un endroit plus vivable. Le BRF (bois raméal fragmenté) réduit les besoins en eau de l'agriculture, le végétarisme s'adresse aux impacts désastreux de l'industrie animale, le tirage au sort nous fait retourner aux fondamentaux de la démocratie, le revenu garanti met à l'abri de la misère qui touche de plus en plus de personnes, particulièrement des femmes et particulièrement des enfants, le DIY (do-it-yourself) fait baisser la fièvre acheteuse.

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lundi 2 décembre 2013

Écologie politique : comment ne pas entendre

Ce matin sur France Inter, dans un de ces télescopages saisissants qui servent de signe ostentatoire de pensée originale, le chroniqueur politique maison mettait en parallèle la crise écologique et sociale et les échecs d'EELV : c'est parce que "les écolos" engagé-e-s dans la gestion des affaires publiques s'en sortent plutôt mal qu'on se rapproche des limites du système productiviste, notamment le système agro-alimentaire breton. Cassandre ne parle pas assez fort, ou bien elle n'articule pas assez bien, ou encore elle n'utilise pas des concepts assez stratégiques, toujours est-il qu'on peut passer des années à ne pas l'écouter et finir ensuite par le lui reprocher. Ben tiens.

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jeudi 5 septembre 2013

La Mentalité américaine

A propos de Howard Zinn, La Mentalité américaine. Au-delà de Barack Obama, Lux, Montréal, 2009

Je m'étais promis de ne pas faire mon américaniste à deux sous, parce qu'un billet d'avion et un permis touristique ne sont une condition ni nécessaire ni suffisante pour connaître une culture et gloser à son sujet. Mais le bouquin d'Howard Zinn me permet de céder à la tentation de parler de la culture politique des USA, une culture dont j'ai pu constater qu'elle était trop mal connue et considérée, y compris par des visiteurs/ses plus assidu-e-s que je ne l'ai été.

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mercredi 26 juin 2013

Qui nie la lutte des classes ?

Nous sommes tou-te-s un peu Christine Lagarde (quelque part)

Connaissez-vous (vraiment) Christine Lagarde ? Avocate pour Monsanto puis ministre de l'Agriculture (pendant quelques jours, la bourde fut vite réparée), patronne du FMI après l'affaire Strauss-Kahn. Mais ce qui fait bien marrer mon auditoire en conférence, c'est surtout l'auteure des lignes suivantes : « Cessons d'être aussi pudiques sur notre intérêt personnel, qui, bien souvent, rejoint celui du groupe. La lutte des classes est bien sûr une idée essentielle mais, de mon point de vue, essentielle pour les manuels d'histoire. (...) Cessons donc d'opposer les riches et les pauvres, comme si la société était irrémédiablement divisée en deux clans. » Car le travail « met l'ensemble des professions sur un pied d'égalité : le grand patron comme le petit employé savent l'un et l'autre ce que c'est qu'une "grosse journée de boulot" » (1). Tout y est : l'intérêt individuel qui peut se déployer tranquillement, puisque les égoïsmes et les avidités, par la seule magie de leur agrégation, formeront les bases d'une société vivable (2), et le refus d'envisager les divergences d'intérêt et de condition, cette fois transcendées par l'appartenance au groupe. Soit des individus qui ne doivent rien au groupe, alors que le groupe est la fiction qui permet de faire passer la pilule de l'inégalité entre individus. C'est parfait.

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samedi 22 juin 2013

Que sont les grands projets inutiles ?

On les appelle Projets Inutiles, Nuisibles et Imposés ou Grands Projets Inutiles et Imposés (GPII). L'étiquette est récente, elle permet de mettre en réseau les opposant-e-s, les idées, de dessiner une critique politique de grande qualité, assise sur des arguments étayés et variés. Elle témoigne selon moi de deux évolutions dans la société française.

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jeudi 28 février 2013

Entre Castoriadis et Castorama : le do-it-yourself et les méprises du projet d'autonomie

Texte repris ici (en mieux !) pour publication dans Offensive n°38.

J'écrivais il y a quelques semaines un coup de gueule sur les excès d'un certain do-it-yourself (ou DIY, en anglais bricolage, en français le terme et les pratiques ont un sens plus politisé). Suite à quelques échanges intéressants, je pense pouvoir reprendre mes arguments et continuer le débat en mettant le doigt sur quelques points.

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mercredi 12 décembre 2012

A qui la rue ? A nous la rue ! Retour sur un printemps érable

Paru dans L'An 02, hiver 2012-2013.

22 septembre, dans le métro de Montréal, ligne orange, station Sherbrooke. Je fais des pieds et des mains pour sortir du wagon au milieu des voyageur/ses en chemin pour un samedi de magasinage, et nous sommes peu nombreux/ses sur le quai à arborer le carré rouge pour la grande manif, parc Lafontaine à 14h. L'engouement est un peu passé pour les manifs du 22, qui depuis le 22 mars ont ponctué la vie politique québécoise. Et celle-ci sera peut-être la dernière : mille ou deux mille ultra motivé·e·s, sous la pluie, dispersé·e·s par la police avant d'avoir atteint leur but.

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mercredi 4 juillet 2012

Sur quelques usages politiques du concept de liberté

Libéral, libertaire, même combat ?

Dans un entretien sur sa vie et son œuvre sur France Culture, Serge July, qui s'estime l'inventeur du concept « libéral-libertaire », expliquait pourquoi il était à la fois libéral et libertaire. Libéral pour la liberté d'expression, d'entreprise, pour la démocratie libérale et l'héritage des Lumières (une grande tirade que je résume bien faiblement et de mémoire). Et libertaire... pour l'esprit, quoi. Notre théoricien était bien plus disert. Une pincée de poivre, une petite pointe de subversion dans une pensée bourgeoise ? On lie deux idées politiques, le libéralisme et l'anarchisme, qui n'ont rien en commun, histoire de faire porter sur la première le capital-sympathie de l'autre. Alors que la pensée libertaire combat le pouvoir qui est exercé dans une société par les un-e-s (classes sociales dominantes économiquement ou culturellement, méga-structure étatique, Technique, etc.) sur les autres (humain-e-s, Nature, etc.), le libéralisme s'est distingué par son refus de considérer les rapports de domination... et donc de lutter contre eux. (Et le néo-libéralisme en a rajouté avec une attitude ambiguë à l'égard de l'État, non plus Léviathan à combattre mais seule instance à même de faire accepter la prédation du bien commun et la préservation de l'ordre social.)

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