Mon blog sur l'écologie politique

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lundi 5 septembre 2016

La positive attitude

Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades. Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos, je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux thérapies « alternatives »).

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les « grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de changement social.

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mardi 19 juillet 2016

Ghosbusters et le sens de l'empathie

Stupeur en ce début d'année 2016, quand Sony Pictures dévoile les premières images de son reboot Ghostbusters, produit par Ivan Reitman et dans lequel apparaissent les acteurs et co-auteurs du film original (à l'exception de Harold Ramis, décédé en 2014). Malgré le parrainage de l'équipe originale, le public s'étrangle d'indignation. Ce nouveau Ghostbusters a-t-il annoncé être composé de longues digressions façon cours de physique ? Met-il en scène des fantômes à la Casper, trop gentils pour nous faire sursauter ? Les nouveaux chasseurs de fantôme sont-ils tous les quatre les acteurs les plus détestés de Hollywood, spécialisés dans des rôles de serial killer ? La bande annonce est-elle assurée par Doris Day ? Non, ce qui déclenche cette tempête, c'est que les personnages principaux sont tous féminins. Rendez-vous compte, quatre femmes, alors qu'une suffit souvent à rétablir l'équilibre (avec un Noir et un nerd).

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samedi 2 juillet 2016

Signé : un homme qui ne se laissera rien arracher

Il y a quelques semaines, dans une exposition des affiches féministes recueillies par le collectif La Rage, j'ai eu le désagrément de voir posé le message que voici

au-dessus de l'affiche que voilà.



Non pas à côté mais au-dessus, cachant en partie l'affiche.

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mardi 5 avril 2016

Porte de la Chapelle

Voici quelques répliques que j'aurais aimé placer au bon moment. « L'AAH ? Mais c'est gé-nial ! » ─ « C'est 800 euros, le montant de ton loyer, alors imagine un peu ma vie. »

« C'est super, d'être au chômage volontaire comme tu fais. » ─ « Nous nous rencontrons pour la première fois et si tu m'avais demandé pourquoi j'étais au chômage, je t'aurais répondu que je ne trouve pas de travail. »


« Toi, tu n'aimes pas travailler. » ─ « Derrière toi il y a un ordi d'occasion qui rame un peu, sur un secrétaire. Je m'y assieds à 7 h tous les matins et j'ai du mal à décoller avant d'avoir répondu à toutes les sollicitations, vers 15 h. Je travaille bénévolement à coordonner une revue qui sort tous les semestres, à solliciter auteur·es et prestataires, avec d'autres bénévoles qui ne font pas leur part du boulot et n'ont jamais envisagé de me rémunérer. » (Celle-là, j'ai réussi à la dégainer à temps.)

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vendredi 25 mars 2016

Autonomie, camarade !

Les usages contemporains mettent en avant « une autonomie qui consiste à donner aux individus le sens de l’initiative, tout en leur faisant porter la responsabilité de se débrouiller "librement". […] À contre-courant donc de tout ce qu’enseigne la philosophie politique classique [qui] considère l’autonomie comme une liberté incarnée dans la capacité à se poser des règles, [à] savoir limiter sa puissance »
Lou Falabrac, « Ma mairie est-elle devenue gauchiste ? Quand les élites vantent l’autonomie », L'An 02, n°7, printemps 2015.

Lors des quelques entretiens d'embauche qu'il m'est arrivé de faire, je ne me suis jamais présentée comme une personne « autonome ». Si la question m'est posée, j'explique que j'apprends facilement et que je m'adapte mais certainement pas que je me donne à moi-même ma propre loi, comme c'est le sens du mot « autonomie ». La loi, c'est celle des recruteurs, je l'accepte parce que ça m'arrange mais qu'ils se débrouillent avec leurs scrupules.

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samedi 27 février 2016

Confessions d'un sac à rêves

Nous rêvons peut-être tou-te-s mais nous ne rêvons pas de la même façon. À l'instar des personnes qui ne nettoient pas leurs chiottes elles-mêmes et font appel pour cela aux services de femmes peu fortunées, il est loisible de rêver par procuration si l'on a autour de soi un sac à rêves. Comment donc fonctionne le sac à rêves ?

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mardi 23 février 2016

Les personnes les premières concernées

On parle beaucoup des « personnes les premières concernées » mais rarement des « deuxièmes concernées ». J'ai déjà écrit à ce sujet : les prostituées sont certes les personnes les premières concernées par leur activité mais la prostitution et sa reconnaissance gravent dans le marbre la disponibilité des femmes aux hommes, du male entitlement à la culture du viol. Les autres femmes sont elles aussi concernées par ce que fait la prostitution à la société qui la réprime ou qui l'accepte (sachant que la France fait les deux, réprimant des prostituées dont elle soumet le revenu à l'impôt).

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jeudi 4 février 2016

Être victime

Je suis une féministe « victimaire » comme on se plaît à les dénigrer. C’est-à-dire que, loin de nier les rapports de domination et de renvoyer les victimes à leur capacité de se prendre en main et d'assumer (voir illustration), je comprends que des situations de domination, d’exploitation ou de discrimination enferment, rendent parfois impossible pour les victimes l’exercice de toutes leurs facultés et renvoient les bourreaux à leurs responsabilités. Les victimes subissent, parfois acceptent mais ne consentent pas et cela ne dédouane pas ceux et celles qui profitent de leur vulnérabilité. J’aimerais rappeler ici le sort fait aux victimes.

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mardi 2 février 2016

La France a peur, mais de quoi ?

Depuis les attentats, la France a peur. Magnanimes, ses gouvernants durcissent un appareil juridique qui, semble-t-il, suffisait amplement. Mais la France a aussi peur de mourir d’un cancer (ce qui est plus probable) et ses gouvernants ne font rien. S’attaquer aux lobbies pour élaborer une politique de santé environnementale décente a de quoi déplaire à des intérêts qui ont l’habitude d’être très bien servis. Il serait d’autre part naïf de penser que l’État réagit parce que nous sommes attaqué-e-s. C’est parce qu’il est attaqué, lui. C’est parce que le terrorisme remet en cause sa prétention à nous protéger, sa raison d’être, qu’il réagit avec une telle vivacité. À voir la tête du premier ministre, il a moins peur qu’il n’est (tout bêtement) vexé. Le contrat social, protection contre soumission, exige de sérieuses rodomontades quand c’est au titre de cette soumission que nous sommes attaqué-e-s. Que nous le soyons à titre individuel et le crime de lèse-majesté disparaît. J’ai ainsi croisé la route, le 14 novembre, d’un homme qui fauche délibérément des cyclistes et aux dernières nouvelles il conduit toujours sa Clio dûment identifiée. Ni vous ni moi n’aimerions pourtant croiser son chemin mais la répression qui se présente à tort ou à raison comme anti-terroriste est prioritaire dans le travail de la police.

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jeudi 24 décembre 2015

Le chômage, c'est la mort

Il y a quelques temps, une copine me disait combien le travail, c’est la mort. Des suicides sur le lieu de travail (qui arrivent par vagues dans les médias) aux burn-out, de la vulnérabilité que la hiérarchie crée face au harcèlement à la dépossession dont témoignent tant et tant de gens du métier, il semble qu’il n’y ait rien à défendre dans l’organisation du travail aujourd’hui. Est-ce une raison suffisante pour taper dans le dos d’une chômeuse comme moi en la félicitant de ne pas être employée ? Peut-être pas, aussi ai-je répliqué à ma pote que le chômage, c’est la mort.

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