Mon blog sur l'écologie politique

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jeudi 1 février 2018

Égologie. Rencontre à La Gryffe

La Gryffe est une librairie associative qui propose des analyses et critiques anticapitalistes et anti-autoritaires ou qui rend compte des luttes sociales. Je suis donc très heureuse d'y avoir été invitée le samedi 20 janvier pour présenter Égologie et discuter avec les libraires et le public.

Le fichier est disponible sur le site Archive.org, qui permet le partage de vidéos, sons et textes sous licence libre ou dans le domaine public. Il dure 90 minutes environ, dont environ un tiers de présentation et deux tiers de discussion.

(D'autres annonces et liens vers des entretiens pour des émissions radio sur le site du Monde à l'envers.)

lundi 29 janvier 2018

Féminisme : à qui sont ces bas instincts ?

Ces derniers mois ont été l'occasion d'en entendre de belles. Un chef de l'État qui s'inquiète de la « délation » alors que l'impunité est plus flagrante que d'imaginaires « dérives » d'une parole libérée : les viols et crimes sexuels sont très peu reportés (environ un sur dix) et encore moins punis (un ou deux sur dix d'un sur dix). Si l'État a un cœur de métier (1), c'est de refuser l'impunité des attaques contre les personnes et c'est justement parce qu'il ne fait pas son boulot que celles et ceux qui luttent contre les violences en appellent au jugement du public.
Une critique d'art, visiblement pas grande logicienne, qui regrette de ne pas avoir été violée pour montrer qu'elle aurait été la même (tellement supérieure aux autres femmes) si son histoire avait été très, mais alors très différente.
Des patriarches gaulois qui persistent à mettre sur le même plan séduction et crime sexuel, parlant au choix de malentendu ou de continuum dans la relation si complexe entre hommes et femmes, voyez-vous… alors que nous féministes persistons à leur dire que la violence n'est pas une relation (de même qu'une bêche dans le crâne n'est pas du jardinage).

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jeudi 18 janvier 2018

Élections en Malaisie : l'alternance est-elle encore possible ?

Les prochaines élections législatives en Malaisie devraient se tenir en février ou mars prochains. La date n’est pas encore connue, elle est laissée à la discrétion de Najib Razak. Le Premier ministre a l’obligation de convoquer ces élections avant août 2018 et de les annoncer avec onze jours d’avance, durée minimale de la campagne. Cette latitude compte parmi les nombreuses cartes que le parti au pouvoir a en main pour garder son hégémonie à l’assemblée, comme c’est le cas depuis 1957, date de l’indépendance du pays. Début décembre, le public malaisien prenait connaissance d’un article académique dans lequel un chercheur basé au Canada, Kai Ostwald, fait le point sur les caractères autoritaires du régime, caractères qui donnent à la Malaisie une place parmi les pays où « l’intégrité électorale » est la plus faible. L’annonce a choqué, même si ces critiques rejoignent celles de l’opposition politique malaisienne depuis des années. Car la Malaisie est le seul pays à son niveau de développement dans le groupe des régimes très autoritaires. Qu’est-ce qui fait donc du régime parlementaire malaisien l’un des moins démocratiques au monde ?

La suite sur Asialyst.

dimanche 10 décembre 2017

On achève bien les éleveurs dans "Offensive sonore"

Vendredi 8 décembre, l'émission "Offensive sonore" consacrait son émission sur Radio libertaire à On achève bien les éleveurs. Il a été question d'administration de l'élevage, de puçage et de résistances.

L'émission est directement accessible ici mais allez faire aussi un tour sur le site de l'émission.

Dessin Guillaume Trouillard.

jeudi 30 novembre 2017

Défendre l'élevage

À propos d'On achève bien les éleveurs, un livre d'entretiens édité par Aude Vidal, illustré par Guillaume Trouillard
Avec Jean-Pierre Berlan, Jocelyne Porcher, Xavier Noulhianne, Christophe Richard, le groupe Marcuse, Fabrice Jaragoyhen, les fermiers du Pic-Bois et Stéphane Dinard
144 pages, 24 euros
Parution le 1er décembre 2017
Dossier de presse à télécharger ici

À l'origine de ce livre, le dessinateur Guillaume Trouillard. Loin de se contenter d'illustrer les entretiens qui sont ici retranscrits et mis en forme, il a ouvert les premières pistes de ce qui est devenu On achève bien les éleveurs. C'est lui que la lecture de La Liberté dans le coma, ouvrage du groupe Marcuse, a convaincu de la nécessité d'aborder la question du puçage des bêtes, du contrôle et plus globalement de l'administration du métier d'éleveur… et des résistances à cette lame de fond. C'est encore lui qui, après avoir découvert la chercheuse Jocelyne Porcher et l'éleveur Xavier Noulhianne dans l'émission de Ruth Stegassy sur France Culture, « Terre à terre », a souhaité que nous les rencontrions.

Guillaume se flatte parfois d'être né dans le même canton que Bernard Charbonneau, un penseur écologiste et critique de la technique actif dès les années 1930, parfois mentionné dans ces entretiens. Il est surtout un fidèle lecteur des ouvrages publiés par l'Encyclopédie des nuisances, éditeur entre autres de Du progrès dans la domestication. C'est peut-être parce que cela se devine trop aisément que La Revue dessinée, qui lui avait commandé un reportage d'une trentaine de pages sur la question de l'élevage aujourd'hui, a retardé la publication de cette bande dessinée dont Gabriel Blaise et moi avons écrit le scénario. Ce reportage est finalement paru, plus de deux ans après nos premiers entretiens et malgré les efforts de Gabriel pour nous remettre dans les clous d'une revue peu désireuse de prendre des positions aussi tranchées que les nôtres. Le reste tient en partie au fait que, plutôt que de prendre des notes à partir desquelles j'aurais écrit les maigres bulles d'un reportage en bande dessinée, j'ai pris la peine de retranscrire les heures de savantes explications, de considérations passionnantes et d'indignations à partager. Il en est resté des pages que je ne pouvais me résoudre à simplement archiver.

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mardi 14 novembre 2017

Se mettre dans la peau d'un·e cycliste

La semaine dernière, je roulais à vélo dans une rue assez étroite quand une voiture me doubla en me passant très près. Après un sprint mémorable, je retrouve l’automobiliste au feu rouge et lui demande des comptes. Celui-ci, après m’avoir accusée de rouler « au milieu de la route », accepte quand même de m’écouter. « Au milieu de la route », je lui explique, c’est une distance qui permet de ne pas se faire faucher par une portière qui s’ouvre. Les portières s’ouvrent sans précaution et il appartient aux cyclistes de ne pas être à leur portée. Une distance de sécurité d’un mètre est la seule prévention. Le jour où une portière ouverte m’a envoyée à l’hôpital, je n’ai pas eu le temps de freiner, rouler trop près a été ma seule erreur. Et cette erreur, la plupart des cyclistes la font tout le temps. Il faut dire que la plupart des automobilistes les contraignent à se mettre en danger : dès que le respect de cette distance de sécurité ne permet plus de doubler, l’automobiliste fait ronfler son moteur tout près, klaxonne ou double dangereusement, accusant de rouler « au milieu de la route ». Doubler un véhicule plus lent est perçu comme un dû. Eh bien non, c’est rentrer chez soi sans séjour à l’hôpital qui l’est. Elles sont pourtant rares, les villes où on peut espérer que les automobilistes frustré·es de ne pas pouvoir doubler restent plus loin et ne se comportent pas de manière plus ou moins agressive…

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samedi 21 octobre 2017

En Malaisie, la société civile au chevet des réfugiés rohingyas

En mai 2015, des charniers sont découverts dans la jungle thaïlandaise à la frontière malaisienne. Les victimes étaient des Rohingyas (peuple musulman de Birmanie) réfugiés ayant fui la Malaisie et les violentes persécutions de ses militaires. Bien que majoritairement musulman, la Malaisie leur refuse l’asile et les considère comme des migrants économiques clandestins. Entre les initiatives de la société civile pour les accueillir et l’instrumentalisation de leur cause par les autorités, la présence des Rohingyas est devenue un enjeu majeur de politique intérieure.

Un reportage à lire sur Visionscarto.net et sur Asialyst.com. Photos de Marine Vial.

Idéal standard

Aude Picault, Idéal standard, Dargaud, 2017, 152 pages, 17,95 euros

Claire a 32 ans et elle rêve de rencontrer l’homme de sa vie. Cette infirmière en néonatologie, un peu conformiste et un peu complexée, a des airs de madame Toutlemonde, c’est un personnage un peu fade qu’on a croisé mille fois dans la presse féminine ou les séries états-uniennes. On la voit multiplier les aventures amoureuses dans l’espoir de rencontrer le bon. Passant du mec qui répugne à s’engager mais qu’elle croise deux mois plus tard très en couple au supermarché à celui qui lui demande de partir le matin comme si elle était la femme de ménage ou qu’elle avait fini de s’occuper de la plomberie (1), Claire est en train de baisser les bras quand arrive le prince charmant, une barbe de trois jours qui bosse dans la finance et fait beaucoup d’efforts pour la séduire. Fin du premier acte, tout ne fait que commencer.

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samedi 14 octobre 2017

Égologie

Ces derniers mois n'ont pas été mes plus productifs, à voir mes publications plus rares sur ce blog. C'est que j'étais occupée ailleurs, à reprendre quelques idées développées ici pour les articuler dans un petit bouquin qui sort ce lundi 16 octobre : Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur.

Grand merci à l'équipe du Monde à l'envers, mes éditeurs, dont Nicolas à qui ce livre doit beaucoup, pas seulement son titre. Merci également pour les relectures et les encouragements à Louison Bobet et Mutines. Merci pour l'inspiration et les repères à Nicolas Marquis et Irène Pereira, dont j'espère ne pas avoir tordu les idées dans tous les sens. Merci à Xavier et à quelques camarades alter-écolo pour avoir accueilli ma critique avec bonne foi, intelligence et générosité (j'espère qu'ils et elles ne seront pas les seul·es !).

mercredi 11 octobre 2017

Malaisie : Tian Chua, un leader de Bersih en prison avant les élections de décembre

Tian Chua est en prison depuis le jeudi 29 septembre. Le leader malaisien, député et vice-président du principal parti d’opposition, le PKR, est familier de ce genre de traitement. Nous l’avions rencontré en novembre 2016, à l’issue de deux jours passés en prison. Il avait été inquiété pour sa participation à la manifestation Bersih 5, pourtant pacifique et que le gouvernement avait choisi de ne pas réprimer. Tian Chua est l’un des acteurs de ce mouvement qui réunit l’opposition politique et la société civile autour d’un slogan, « Bersih ! » (« clean »), qui appelle à la lutte contre la corruption et pour des élections propres et équitables. Les prochaines élections générales, prévues pour décembre 2017, pourraient être l’occasion de la première alternance dans le pays. Mais la coalition au pouvoir qui tient la Malaise sans partage depuis 1957, date de l’indépendance du pays, resserre son étau sur cette démocratie fragile.

Tian Chua à Kuala Lumpur, novembre 2016. Photo Aude V.

La suite sur Asialyst.

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