Mon blog sur l'écologie politique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 23 novembre 2016

Le village de Lakarwodo résiste en cartes

C’est en secret que les villageois de Lakardowo, à Java Est, se rendaient à dix kilomètres de là dans les locaux de l’ONG Ecoton, une association de défense de l’environnement. « Les femmes, lors de leurs premières formations sur les déchets toxiques ou sur les régulations environnementales, mentaient à leur famille et à leur voisins quand elles venaient ici. Les hommes attendaient 22 h pour que personne ne les voie. » Riska se souvient de leurs premiers contacts avec l’équipe de biologistes militants dont elle est la benjamine. Depuis quelques mois, elle a le plaisir de voir les villageois venir de jour et toujours plus nombreux, entassés sur le plateau d’un pick-up, pour élaborer avec l’ONG des réponses à ce que vit le village depuis six ans.

En 2010 une usine de traitement de déchets toxiques, PT PRIA (Putra Restu Ibu Abadi), s’installe sur la commune, se présentant aux autorités du village comme une usine de briques et de papier recyclé. Il faut du temps, des lanceurs d’alerte et des malades pour comprendre que les briques en question ne sont que l’une des formes sous lesquelles l’usine se débarrasse de déchets toxiques..

La suite sur le site visionscarto.net.

vendredi 11 novembre 2016

L'héritage toxique de Metaleurop

L’impression d’être négligé.e est tenace dans ce coin du Pas-de-Calais, la sensation de ne compter pour rien. Si l’injustice y est perçue comme commune, inévitable, elle heurte néanmoins toujours le sens moral. Les contre-coups de la fermeture en 2003 de Metaleurop Nord ne démontrent pas le contraire. « Pas normal », c’est ce qui se répète autour de cette usine de métaux non ferreux qui multiplia les records : leader mondial de la production de zinc dans l’entre-deux-guerres, de la production de germanium et d’indium dans les années 1970. À sa fermeture, c’est le site industriel le plus pollué de France1. « Pas normal » qu’après de telles nuisances l’usine ait pu fermer en quelques mois et se soustraire à ses responsabilités grâce à un montage juridique qui laisse ses pollutions orphelines. « Pas normal » qu'après avoir laissé dépérir pendant des années sa filiale nordiste tout en encaissant ses profits, le groupe européen ait coupé tous les liens avec elle, se défaussant de ses obligations en matière d’environnement. Pollueur, payeur ? Pas ici. L’État ramasse la note… mais choisit de ne pas la payer. Plus de douze ans plus tard, l’héritage toxique de Metaleurop donne lieu à des conflits renouvelés.

Lire le reportage complet sur le site de La Brique ou dans le n° 48 de l'automne 2016, « La santé, c'est capital ».

vendredi 4 novembre 2016

La positive attitude

Et moi je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne vais pas tous les jours faire des séances de photo dans des prairies fleuries au lever du soleil avec des femmes à la beauté stéréotypée mais où j'ai un avis à partager sur ce genre de propos consensuel.

Lire la suite...

jeudi 6 octobre 2016

On n'a pas le PS qu'on mérite

Il y a quelques années, je publiais ici un texte à propos duquel je me sens obligée de faire des excuses aujourd'hui. J'y racontais comment la gauche de gouvernement cédait aux sirènes du néolibéralisme à l'insu de notre plein gré, pour nous permettre de tenir notre mode de vie. Quand bien mêmes les richesses créées seraient mal réparties et quand bien même l'opération serait aux détriment des classes sociales les plus pauvres et les plus fragiles, l'essentiel (électoralement parlant) était de faire se bâfrer la petite bourgeoisie qui vote socialo. J'enjoignais donc cette classe sociale, qui se paie toujours des voitures neuves et part toujours en vacances, à cesser l'hypocrisie et à admettre que son intérêt était toujours bien servi par le PS (et tant pis pour les dommages que constituent la guerre aux pauvres et la destruction des services publics).

Lire la suite...

jeudi 29 septembre 2016

Cartographie participative du vélo potentiel à Kuala Lumpur

Kuala Lumpur a, vu du ciel, des airs de plats de spaghetti où s’emmêlent les autoroutes à deux fois trois ou quatre voies. Dans les quartiers, les automobiles garées sur les trottoirs, les embouteillages où les pare-chocs se touchent presque et la priorité donnée aux voitures sur les piétons rendent improbable l’idée de faire du vélo dans la capitale malaisienne. C’est pourtant le cas, même si les cyclistes sont assez rares pour qu’on puisse passer une journée sans en voir un… Mais cela ne s’improvise pas, il est déconseillé de partir à l’aventure sans une idée précise de son itinéraire. Pour cela, l’apprenti·e cycliste peut désormais compter sur une carte qui l’aidera à circuler dans la jungle urbaine : Cycling KL Bicycle Map.

La suite sur le site Visions carto.

lundi 5 septembre 2016

La positive attitude

Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades. Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos, je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux thérapies « alternatives »).

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les « grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de changement social.

Lire la suite...

dimanche 31 juillet 2016

Moi président, l’écologie, je m’en fous

Article paru dans CQFD n°141, mars 2016

Certes, la plupart d’entre nous n’attendait rien de toi, Parti socialiste. Mais le quart d’inscrits égarés qui t’a porté au pouvoir a dû sérieusement être déçu. Transition écologique, préservation des espaces naturels, lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air, du sol et des eaux… Où en sommes-nous ? Ta présidence n’est pas synonyme de simple dégradation de notre patrimoine naturel commun. Non, tu as bien su le valoriser, au point qu’il a gonflé quelques portefeuilles.

Lire la suite...

mardi 19 juillet 2016

Ghosbusters et le sens de l'empathie

Stupeur en ce début d'année 2016, quand Sony Pictures dévoile les premières images de son reboot Ghostbusters, produit par Ivan Reitman et dans lequel apparaissent les acteurs et co-auteurs du film original (à l'exception de Harold Ramis, décédé en 2014). Malgré le parrainage de l'équipe originale, le public s'étrangle d'indignation. Ce nouveau Ghostbusters a-t-il annoncé être composé de longues digressions façon cours de physique ? Met-il en scène des fantômes à la Casper, trop gentils pour nous faire sursauter ? Les nouveaux chasseurs de fantôme sont-ils tous les quatre les acteurs les plus détestés de Hollywood, spécialisés dans des rôles de serial killer ? La bande annonce est-elle assurée par Doris Day ? Non, ce qui déclenche cette tempête, c'est que les personnages principaux sont tous féminins. Rendez-vous compte, quatre femmes, alors qu'une suffit souvent à rétablir l'équilibre (avec un Noir et un nerd).

Lire la suite...

samedi 2 juillet 2016

Signé : un homme qui ne se laissera rien arracher

Il y a quelques semaines, dans une exposition des affiches féministes recueillies par le collectif La Rage, j'ai eu le désagrément de voir posé le message que voici

au-dessus de l'affiche que voilà.



Non pas à côté mais au-dessus, cachant en partie l'affiche.

Lire la suite...

lundi 13 juin 2016

La Fabrique pornographique

La Fabrique pornographique, Lisa Mandel d'après Mathieu Trachman, Casterman, Sociorama, 2016, 168 pages, 12 euros

Mathieu Trachman avait livré en 2013 Le Travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes (La Découverte). C'est d'après cette enquête que Lisa Mandel, dessinatrice et scénariste, inaugure une collection de bandes dessinées d'inspiration sociologique, Sociorama. On attend au tournant celle qui est avec Yasmine Bouagga co-directrice de la collection. Côté adaptation, on appréciera ou pas le parti pris qui consiste à ne pas livrer un récit documentaire – c'est le choix de beaucoup d’œuvres qui trouvent désormais leur place en album ou dans les revues (1) – mais une fiction très bien documentée. On suit ses personnages, une femme et un homme, novices comme il se doit, dans leur découverte de l'industrie porno. Et dans leur désaffection finale puisque les carrières féminines sont brèves (« un an pour un chien c'est sept ans pour un humain [et] dans le porno c'est pareil »). L'héroïne, une jeune femme à l'apparence éloignée des stéréotypes de hardeuse (cheveux courts et poitrine de taille modeste) fait ainsi l'objet d'un engouement à son arrivée dans l'industrie puis se range au bout d'une année, quand ses fantasmes sont taris et que « les salaires […] stagnent ». Avec 14 mois en moyenne pour une carrière féminine, pas de temps pour construire un métier avec des revendications corporatives, comme le suggèrent deux personnages féminins à la fin du livre, rappelant qu'aux USA les acteurs et actrices porno sont organisé-e-s en syndicat. Il y aurait pourtant de quoi, comme on l'apprend au fil d'un récit réaliste, qui laisse la part aux fantasmes de cette industrie tout en en éclairant les zones d'ombre.

Lire la suite...

- page 1 de 24