Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Libéralisme

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samedi 14 octobre 2017

Égologie

Ces derniers mois n'ont pas été mes plus productifs, à voir les rares publications sur ce blog. C'est que j'étais occupée ailleurs, à reprendre quelques idées développées ici pour les articuler dans un petit bouquin qui sort ce lundi 16 octobre : Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur. Issue de la petite bourgeoisie et militante écolo, j'ai multiplié les observations sur la manière dont les alternatives écolo peinent à « changer la vie » et se retrouvent plus souvent qu'à leur tour à rendre plus confortable un ordre social injuste. Je poursuis donc sur la veine de « Écologie : la petite bourgeoisie s'amuse », « Do-it-yourself : le projet d'autonomie de Castoriadis à Castorama » ou mes textes sur le revenu garanti.

Grand merci à l'équipe du Monde à l'envers, mes éditeurs, et à Nicolas qui a su supporter mes périodes de découragement et à qui ce livre doit beaucoup, pas seulement son titre. Merci également pour les relectures et les encouragements à Louison Bobet et Mutines. Merci pour l'inspiration et les repères à Nicolas Marquis et Irène Pereira, dont j'espère ne pas avoir tordu les idées dans tous les sens. Merci à Xavier et à quelques camarades alter-écolo pour avoir accueilli ma critique avec bonne foi, intelligence et générosité (j'espère qu'ils et elles ne seront pas les seul·es !).

vendredi 4 novembre 2016

La positive attitude

Et moi je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne vais pas tous les jours faire des séances de photo dans des prairies fleuries au lever du soleil avec des femmes à la beauté stéréotypée mais où j'ai un avis à partager sur ce genre de propos consensuel.

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vendredi 14 octobre 2016

Un travail sans qualité

« L'allocation adulte handicapé·e ? Mais c'est gé-nial ! », me disait un médecin écolo. Le rêve, en effet : 800 euros mensuels, une allocation logement de 270 euros et une prime à l'autonomie de 110 euros en sus pour les personnes à partir de 80 % d'incapacité et qui n'habitent ni dans leur famille, ni en institution. Les propositions de revenu garanti (dit aussi « de base », « universel ») n'arrivent pas à des sommes aussi généreuses que celle que je touche chaque mois depuis 2003 en raison d'une dépression chronique. Le montant, à l'époque à peine supérieur au RMI, a été sérieusement revalorisé depuis et permet aujourd'hui de recevoir autour d'un smic, accordé pour deux à cinq ans pour des raisons médicales et sous seule condition de ressources. Tous les deux, trois ou cinq ans, je prends rendez-vous au centre médico-psychologique (une structure hospitalière de quartier) pour une consultation d'une demie-heure à l'issue de laquelle un·e psychiatre émet un avis sur ma santé mentale. Quelques mois plus tard, une commission renouvelle mon allocation et ma reconnaissance de la qualité de travailleuse handicapée, revoit à la hausse ou à la baisse mon taux d'incapacité et mon revenu est de nouveau garanti pendant quelques années.

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lundi 5 septembre 2016

La positive attitude

Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades. Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos, je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux thérapies « alternatives »).

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les « grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de changement social.

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lundi 13 juin 2016

La Fabrique pornographique

La Fabrique pornographique, Lisa Mandel d'après Mathieu Trachman, Casterman, Sociorama, 2016, 168 pages, 12 euros

Mathieu Trachman avait livré en 2013 Le Travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes (La Découverte). C'est d'après cette enquête que Lisa Mandel, dessinatrice et scénariste, inaugure une collection de bandes dessinées d'inspiration sociologique, Sociorama. On attend au tournant celle qui est avec Yasmine Bouagga co-directrice de la collection. Côté adaptation, on appréciera ou pas le parti pris qui consiste à ne pas livrer un récit documentaire – c'est le choix de beaucoup d’œuvres qui trouvent désormais leur place en album ou dans les revues (1) – mais une fiction très bien documentée. On suit ses personnages, une femme et un homme, novices comme il se doit, dans leur découverte de l'industrie porno. Et dans leur désaffection finale puisque les carrières féminines sont brèves (« un an pour un chien c'est sept ans pour un humain [et] dans le porno c'est pareil »). L'héroïne, une jeune femme à l'apparence éloignée des stéréotypes de hardeuse (cheveux courts et poitrine de taille modeste) fait ainsi l'objet d'un engouement à son arrivée dans l'industrie puis se range au bout d'une année, quand ses fantasmes sont taris et que « les salaires […] stagnent ». Avec 14 mois en moyenne pour une carrière féminine, pas de temps pour construire un métier avec des revendications corporatives, comme le suggèrent deux personnages féminins à la fin du livre, rappelant qu'aux USA les acteurs et actrices porno sont organisé-e-s en syndicat. Il y aurait pourtant de quoi, comme on l'apprend au fil d'un récit réaliste, qui laisse la part aux fantasmes de cette industrie tout en en éclairant les zones d'ombre.

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mardi 24 mai 2016

La Démocratie aux champs

La Démocratie aux champs, Joëlle Zask
Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2016
252 pages, 18,50 euros


Dans une tradition où « politique » (du grec polis) et « citoyen » (soit citadin) disent le caractère urbain du fait démocratique, quelle est la place des ruraux et plus particulièrement de la paysannerie ? Le mépris dans lequel ont longtemps été tenu-e-s les paysan-ne-s (1) semble avoir fait obstacle à leur participation politique. Quand les révolutionnaires choisissent le suffrage censitaire et la représentation, deux dispositions anti-démocratiques, l'argument selon lequel le peuple est en grande partie composé de paysan-ne-s trop courbé-e-s sur la terre pour avoir des aspirations politiques un peu élevées légitime la dépossession qui s'opère alors. Joëlle Zask livre donc un ouvrage utile qui redonne ses lettres de noblesses aux personnes qui cultivent la terre, en tant que classe sociale (2) et en tant qu'individus.

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mardi 12 avril 2016

Le Syndrome du bien-être

Le Syndrome du bien-être, Carl Cederström et André Spicer, traduction Édouard Jacquemoud, L'Échappée, 2016, 168 pages, 15 euros

Préféreriez-vous être riche et en bonne santé ou pauvre et malade ? Bien-être et prospérité économique se conjuguent comme si l'un appelait l'autre, à moins que ce ne soit le contraire. Pendant que des « athlètes d'entreprise » se voient offrir jusqu'à leur poste de travail les conditions matérielles de leur bien-être, tant physique que psychique, les losers de la guerre économique ne pourront s'en prendre qu'à eux-même pour leurs muscles flasques et leur teint blafard. Ce ne sont plus des inégalités criantes, ce n'est que justice…

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vendredi 25 mars 2016

Autonomie, camarade !

Les usages contemporains mettent en avant « une autonomie qui consiste à donner aux individus le sens de l’initiative, tout en leur faisant porter la responsabilité de se débrouiller "librement". […] À contre-courant donc de tout ce qu’enseigne la philosophie politique classique [qui] considère l’autonomie comme une liberté incarnée dans la capacité à se poser des règles, [à] savoir limiter sa puissance »
Lou Falabrac, « Ma mairie est-elle devenue gauchiste ? Quand les élites vantent l’autonomie », L'An 02, n°7, printemps 2015.

Lors des quelques entretiens d'embauche qu'il m'est arrivé de faire, je ne me suis jamais présentée comme une personne « autonome ». Si la question m'est posée, j'explique que j'apprends facilement et que je m'adapte mais certainement pas que je me donne à moi-même ma propre loi, comme c'est le sens du mot « autonomie ». La loi, c'est celle des recruteurs, je l'accepte parce que ça m'arrange mais qu'ils se débrouillent avec leurs scrupules.

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jeudi 17 mars 2016

Contact

Matthew Crawford, Contact. Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver, La Découverte, 2016, 283 pages, 21 euros

Il est question d’Emmanuel Kant et de Walt Disney, de philosophie politique et de machines à sous. Crawford manie des concepts philosophiques parfois un peu ardus mais toujours éclairés par des exemples concrets, l’idée étant de comprendre pourquoi, dans un univers toujours plus commode, nous nous trouvons toujours plus désemparés. L’exemple qui m’a le plus frappée est celui des vieux Disney, dans lesquels les personnages sont aux prises avec des objets qui répugnent à leur obéir, au point de sembler animés d’une vie propre : des ressorts qui ne cessent de se détendre, des portes de s’ouvrir… Aujourd’hui, dit-il, les dessins animés de la même firme montrent des personnages béats servis par des machines complaisantes. Je me demande quelles intrigues ce dispositif peut servir. L’absence de conflit, outre qu’elle est assez pauvre politiquement, l’est aussi sur le plan narratif.

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mardi 29 décembre 2015

Gouvernance

Alain Deneault
Gouvernance. Le Management totalitaire
Lux, Montréal, 2013
200 pages, 12 €
et
La Médiocratie
Lux, Montréal, 2015
224 pages, 15 €


Les discussions sur la démocratisation des structures de gouvernement, sur des modalités comme la reddition des comptes, les modes de scrutin plus « représentatifs », le tirage au sort de certaines assemblées, etc. semblent à côté de la plaque à la lecture d’Alain Deneault. Comme si nous retardions de quarante ans. Depuis, la gouvernance a su imposer sa façon d’envisager l’action publique comme un dialogue fructueux, orchestré par l’État, entre ce qu’on appelle les acteurs : vous, moi, à partir du moment où nous sommes concerné-e-s par les projets à mettre en œuvre. Mais aussi (et surtout), dans le cas d’un projet d’aménagement par exemple, Vinci ou Eiffage, qui sont bien les plus concernées au regard des budgets qu’elles vont mobiliser. On comprend mieux les « ratés » de la bonne gouvernance occidentale, les autoroutes et autres grands projets construits contre les textes de loi, contre l’avis des services du ministère et des associations écologistes ou de riverains qui dénoncent le gaspillage d’argent public.

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