Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Libéralisme

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jeudi 1 février 2018

Égologie. Rencontre à La Gryffe

La Gryffe est une librairie associative qui propose des analyses et critiques anticapitalistes et anti-autoritaires ou qui rend compte des luttes sociales. Je suis donc très heureuse d'y avoir été invitée le samedi 20 janvier pour présenter Égologie et discuter avec les libraires et le public.

Le fichier est disponible sur le site Archive.org, qui permet le partage de vidéos, sons et textes sous licence libre ou dans le domaine public. Il dure 90 minutes environ, dont environ un tiers de présentation et deux tiers de discussion.

(D'autres annonces et liens vers des entretiens pour des émissions radio sur le site du Monde à l'envers.)

mardi 14 novembre 2017

Se mettre dans la peau d'un·e cycliste

La semaine dernière, je roulais à vélo dans une rue assez étroite quand une voiture me doubla en me passant très près. Après un sprint mémorable, je retrouve l’automobiliste au feu rouge et lui demande des comptes. Celui-ci, après m’avoir accusée de rouler « au milieu de la route », accepte quand même de m’écouter. « Au milieu de la route », je lui explique, c’est une distance qui permet de ne pas se faire faucher par une portière qui s’ouvre. Les portières s’ouvrent sans précaution et il appartient aux cyclistes de ne pas être à leur portée. Une distance de sécurité d’un mètre est la seule prévention. Le jour où une portière ouverte m’a envoyée à l’hôpital, je n’ai pas eu le temps de freiner, rouler trop près a été ma seule erreur. Et cette erreur, la plupart des cyclistes la font tout le temps. Il faut dire que la plupart des automobilistes les contraignent à se mettre en danger : dès que le respect de cette distance de sécurité ne permet plus de doubler, l’automobiliste fait ronfler son moteur tout près, klaxonne ou double dangereusement, accusant de rouler « au milieu de la route ». Doubler un véhicule plus lent est perçu comme un dû. Eh bien non, c’est rentrer chez soi sans séjour à l’hôpital qui l’est. Elles sont pourtant rares, les villes où on peut espérer que les automobilistes frustré·es de ne pas pouvoir doubler restent plus loin et ne se comportent pas de manière plus ou moins agressive…

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samedi 14 octobre 2017

Égologie

Ces derniers mois n'ont pas été mes plus productifs, à voir mes publications plus rares sur ce blog. C'est que j'étais occupée ailleurs, à reprendre quelques idées développées ici pour les articuler dans un petit bouquin qui sort ce lundi 16 octobre : Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur.

Grand merci à l'équipe du Monde à l'envers, mes éditeurs, dont Nicolas à qui ce livre doit beaucoup, pas seulement son titre. Merci également pour les relectures et les encouragements à Louison Bobet et Mutines. Merci pour l'inspiration et les repères à Nicolas Marquis et Irène Pereira, dont j'espère ne pas avoir tordu les idées dans tous les sens. Merci à Xavier et à quelques camarades alter-écolo pour avoir accueilli ma critique avec bonne foi, intelligence et générosité (j'espère qu'ils et elles ne seront pas les seul·es !).

vendredi 4 novembre 2016

La positive attitude

Et moi je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne vais pas tous les jours faire des séances de photo dans des prairies fleuries au lever du soleil avec des femmes à la beauté stéréotypée mais où j'ai un avis à partager sur ce genre de propos consensuel.

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vendredi 14 octobre 2016

Un travail sans qualité

« L'allocation adulte handicapé·e ? Mais c'est gé-nial ! », me disait un médecin écolo. Le rêve, en effet : 800 euros mensuels, une allocation logement de 270 euros et une prime à l'autonomie de 110 euros en sus pour les personnes à partir de 80 % d'incapacité et qui n'habitent ni dans leur famille, ni en institution. Les propositions de revenu garanti (dit aussi « de base », « universel ») n'arrivent pas à des sommes aussi généreuses que celle que je touche chaque mois depuis 2003 en raison d'une dépression chronique. Le montant, à l'époque à peine supérieur au RMI, a été sérieusement revalorisé depuis et permet aujourd'hui de recevoir autour d'un smic, accordé pour deux à cinq ans pour des raisons médicales et sous seule condition de ressources. Tous les deux, trois ou cinq ans, je prends rendez-vous au centre médico-psychologique (une structure hospitalière de quartier) pour une consultation d'une demie-heure à l'issue de laquelle un·e psychiatre émet un avis sur ma santé mentale. Quelques mois plus tard, une commission renouvelle mon allocation et ma reconnaissance de la qualité de travailleuse handicapée, revoit à la hausse ou à la baisse mon taux d'incapacité et mon revenu est de nouveau garanti pendant quelques années.

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lundi 5 septembre 2016

La positive attitude

Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades. Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos, je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux thérapies « alternatives »).

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les « grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de changement social.

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lundi 13 juin 2016

La Fabrique pornographique

La Fabrique pornographique, Lisa Mandel d'après Mathieu Trachman, Casterman, Sociorama, 2016, 168 pages, 12 euros

Mathieu Trachman avait livré en 2013 Le Travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes (La Découverte). C'est d'après cette enquête que Lisa Mandel, dessinatrice et scénariste, inaugure une collection de bandes dessinées d'inspiration sociologique, Sociorama. On attend au tournant celle qui est avec Yasmine Bouagga co-directrice de la collection. Côté adaptation, on appréciera ou pas le parti pris qui consiste à ne pas livrer un récit documentaire – c'est le choix de beaucoup d’œuvres qui trouvent désormais leur place en album ou dans les revues (1) – mais une fiction très bien documentée. On suit ses personnages, une femme et un homme, novices comme il se doit, dans leur découverte de l'industrie porno. Et dans leur désaffection finale puisque les carrières féminines sont brèves (« un an pour un chien c'est sept ans pour un humain [et] dans le porno c'est pareil »). L'héroïne, une jeune femme à l'apparence éloignée des stéréotypes de hardeuse (cheveux courts et poitrine de taille modeste) fait ainsi l'objet d'un engouement à son arrivée dans l'industrie puis se range au bout d'une année, quand ses fantasmes sont taris et que « les salaires […] stagnent ». Avec 14 mois en moyenne pour une carrière féminine, pas de temps pour construire un métier avec des revendications corporatives, comme le suggèrent deux personnages féminins à la fin du livre, rappelant qu'aux USA les acteurs et actrices porno sont organisé-e-s en syndicat. Il y aurait pourtant de quoi, comme on l'apprend au fil d'un récit réaliste, qui laisse la part aux fantasmes de cette industrie tout en en éclairant les zones d'ombre.

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mardi 24 mai 2016

La Démocratie aux champs

La Démocratie aux champs, Joëlle Zask
Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2016
252 pages, 18,50 euros


Dans une tradition où « politique » (du grec polis) et « citoyen » (soit citadin) disent le caractère urbain du fait démocratique, quelle est la place des ruraux et plus particulièrement de la paysannerie ? Le mépris dans lequel ont longtemps été tenu-e-s les paysan-ne-s (1) semble avoir fait obstacle à leur participation politique. Quand les révolutionnaires choisissent le suffrage censitaire et la représentation, deux dispositions anti-démocratiques, l'argument selon lequel le peuple est en grande partie composé de paysan-ne-s trop courbé-e-s sur la terre pour avoir des aspirations politiques un peu élevées légitime la dépossession qui s'opère alors. Joëlle Zask livre donc un ouvrage utile qui redonne ses lettres de noblesses aux personnes qui cultivent la terre, en tant que classe sociale (2) et en tant qu'individus.

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vendredi 20 mai 2016

Limites de la bienveillance

L’an dernier le succès de la notion de bienveillance interrogeait mon mauvais esprit. Depuis, cette notion a pris encore plus de place dans l'espace public. De l'éducation positive au développement personnel, la bienveillance a envahi jusqu'aux discours militants, dans un large spectre qui va des plus radicaux/ales aux bénévoles de la campagne Macron. Certes, écrivais-je, « la bienveillance, ce pourrait être cette manière d'être ensemble sans s'user, sans se faire trop de mal les un-es aux autres, pour continuer à militer, faire venir du monde et ne pas se retrouver avec trois warriors et deux tondus dans des rangs clairsemés ». Mais, alors que l’injonction à la bienveillance devenait omniprésente, j’avais l’impression d’un comportement dont il n’était plus question d’interroger le sens, d'une véritable norme qui n’était plus (seulement) un moyen de renforcer les rangs des militant-es en cultivant entre eux et elles des liens plus positifs, contre l'usure ou contre la violence qui irrigue ces milieux (1). Au nom de la bienveillance, valeur observée à Nuit debout, je notais par exemple qu’il n’était plus possible de huer à l’ancienne un type venu servir un discours de préférence nationale. À quoi servait donc la bienveillance si ce n’était plus une qualité relationnelle à construire entre camarades mais une obligation sociale, un genre de droit humain dû même aux fachos ?

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mardi 12 avril 2016

Le Syndrome du bien-être

Le Syndrome du bien-être, Carl Cederström et André Spicer, traduction Édouard Jacquemoud, L'Échappée, 2016, 168 pages, 15 euros

Préféreriez-vous être riche et en bonne santé ou pauvre et malade ? Bien-être et prospérité économique se conjuguent comme si l'un appelait l'autre, à moins que ce ne soit le contraire. Pendant que des « athlètes d'entreprise » se voient offrir jusqu'à leur poste de travail les conditions matérielles de leur bien-être, tant physique que psychique, les losers de la guerre économique ne pourront s'en prendre qu'à eux-même pour leurs muscles flasques et leur teint blafard. Ce ne sont plus des inégalités criantes, ce n'est que justice…

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