Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Individualisme

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jeudi 22 juin 2017

Petites et grandes lâchetés

Petite, j'ai toujours été peureuse et ça ne s'est pas arrangé en grandissant. J'ai peur de glisser quand le sol est mouillé ou gelé et dans les manifs, si je tiens à être là malgré la répression, c'est à des endroits qui me semblent sûrs (ce qui ne suffit pas, il m'est arrivé d'avoir des surprises et de passer près d'un coup). Bref, je n'ai pas l'impression que c'est avec moi qu'on arrivera à faire la révolution.

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samedi 20 mai 2017

Limites de la bienveillance

L’an dernier le succès de la notion de bienveillance interrogeait mon mauvais esprit. Depuis, cette notion a pris encore plus de place dans l'espace public. De l'éducation positive au développement personnel, la bienveillance a envahi jusqu'aux discours militants, dans un large spectre qui va des plus radicaux/ales aux bénévoles de la campagne Macron. Certes, écrivais-je, « la bienveillance, ce pourrait être cette manière d'être ensemble sans s'user, sans se faire trop de mal les un-es aux autres, pour continuer à militer, faire venir du monde et ne pas se retrouver avec trois warriors et deux tondus dans des rangs clairsemés ». Mais, alors que l’injonction à la bienveillance devenait omniprésente, j’avais l’impression d’un comportement dont il n’était plus question d’interroger le sens, d'une véritable norme qui n’était plus (seulement) un moyen de renforcer les rangs des militant-es en cultivant entre eux et elles des liens plus positifs, contre l'usure ou contre la violence qui irrigue ces milieux (1). Au nom de la bienveillance, valeur observée à Nuit debout, je notais par exemple qu’il n’était plus possible de huer à l’ancienne un type venu servir un discours de préférence nationale. À quoi servait donc la bienveillance si ce n’était plus une qualité relationnelle à construire entre camarades mais une obligation sociale, un genre de droit humain dû même aux fachos ?

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vendredi 24 mars 2017

Comment j'ai arrêté de militer (sans que personne s'en aperçoive)

Il y a presque dix ans, j'ai arrêté de militer. La plupart des activités bénévoles que j'ai menées depuis ne me semblent pas mériter ce nom. Non que j'aie fait des choses fabuleuses avant ça (j'étais écolo et pas spécialement fan d'action directe, ça limitait) mais quasiment toutes mes activités me semblent marginales par rapport à ce que j'imagine être un engagement militant. Le mieux, pour expliquer cette impression, est de rentrer dans le détail du bénévolat auquel j'ai consacré des journées entières.

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vendredi 4 novembre 2016

La positive attitude

Et moi je suis arrivée à un point dans ma vie où je ne vais pas tous les jours faire des séances de photo dans des prairies fleuries au lever du soleil avec des femmes à la beauté stéréotypée mais où j'ai un avis à partager sur ce genre de propos consensuel.

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lundi 5 septembre 2016

La positive attitude

Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades. Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos, je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux thérapies « alternatives »).

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les « grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de changement social.

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mardi 24 mai 2016

La Démocratie aux champs

La Démocratie aux champs, Joëlle Zask
Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2016
252 pages, 18,50 euros


Dans une tradition où « politique » (du grec polis) et « citoyen » (soit citadin) disent le caractère urbain du fait démocratique, quelle est la place des ruraux et plus particulièrement de la paysannerie ? Le mépris dans lequel ont longtemps été tenu-e-s les paysan-ne-s (1) semble avoir fait obstacle à leur participation politique. Quand les révolutionnaires choisissent le suffrage censitaire et la représentation, deux dispositions anti-démocratiques, l'argument selon lequel le peuple est en grande partie composé de paysan-ne-s trop courbé-e-s sur la terre pour avoir des aspirations politiques un peu élevées légitime la dépossession qui s'opère alors. Joëlle Zask livre donc un ouvrage utile qui redonne ses lettres de noblesses aux personnes qui cultivent la terre, en tant que classe sociale (2) et en tant qu'individus.

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mardi 12 avril 2016

Le Syndrome du bien-être

Le Syndrome du bien-être, Carl Cederström et André Spicer, traduction Édouard Jacquemoud, L'Échappée, 2016, 168 pages, 15 euros

Préféreriez-vous être riche et en bonne santé ou pauvre et malade ? Bien-être et prospérité économique se conjuguent comme si l'un appelait l'autre, à moins que ce ne soit le contraire. Pendant que des « athlètes d'entreprise » se voient offrir jusqu'à leur poste de travail les conditions matérielles de leur bien-être, tant physique que psychique, les losers de la guerre économique ne pourront s'en prendre qu'à eux-même pour leurs muscles flasques et leur teint blafard. Ce ne sont plus des inégalités criantes, ce n'est que justice…

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mardi 5 avril 2016

Refuser de parvenir

Refuser de parvenir. Idées et pratiques, Centre international de recherches sur l'anarchisme (CIRA) de Lausanne, Nada et CIRA, Paris et Lausanne, 2016, 300 pages, 20 euros

Voici un bouquin qui devrait faire écho chez les militant-e-s qui se sont posé la question de l'articulation entre leurs engagements et leur vie professionnelle. Peut-être pas les cadres supérieurs qui trouvent quelques heures par mois pour leurs loisirs associatifs et font exactement les mêmes carrières que leurs collègues qui votent PS. Plutôt à ceux et celles qui se sont posé la question de comment être utiles et ont fait des choix de vie en fonction. Le livre commence fièrement avec le rappel de l’œuvre d'Albert Thierry, brillant étudiant choisissant le métier de maître d'école alors que des fonctions d'enseignement plus prestigieuses lui sont ouvertes. C'est lui qui théorise le « refus de parvenir » qui fait l'objet de ce recueil. Principaux objectifs : ne pas trahir sa classe et travailler à une émancipation qui ne soit pas individuelle mais collective. Le refus de parvenir n'est pas le choix solitaire d'une belle âme mais une stratégie politique visant une amélioration des conditions de travail et de vie de toute une classe sociale. L'égalité des chances (de parvenir) ne les intéresse pas, ils et elles visent une égalité des conditions.

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vendredi 25 mars 2016

Autonomie, camarade !

Les usages contemporains mettent en avant « une autonomie qui consiste à donner aux individus le sens de l’initiative, tout en leur faisant porter la responsabilité de se débrouiller "librement". […] À contre-courant donc de tout ce qu’enseigne la philosophie politique classique [qui] considère l’autonomie comme une liberté incarnée dans la capacité à se poser des règles, [à] savoir limiter sa puissance »
Lou Falabrac, « Ma mairie est-elle devenue gauchiste ? Quand les élites vantent l’autonomie », L'An 02, n°7, printemps 2015.

Lors des quelques entretiens d'embauche qu'il m'est arrivé de faire, je ne me suis jamais présentée comme une personne « autonome ». Si la question m'est posée, j'explique que j'apprends facilement et que je m'adapte mais certainement pas que je me donne à moi-même ma propre loi, comme c'est le sens du mot « autonomie ». La loi, c'est celle des recruteurs, je l'accepte parce que ça m'arrange mais qu'ils se débrouillent avec leurs scrupules.

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mardi 23 février 2016

Les personnes les premières concernées

On parle beaucoup des « personnes les premières concernées » mais rarement des « deuxièmes concernées ». J'ai déjà écrit à ce sujet : les prostituées sont certes les personnes les premières concernées par leur activité mais la prostitution et sa reconnaissance gravent dans le marbre la disponibilité des femmes aux hommes, du male entitlement à la culture du viol. Les autres femmes sont elles aussi concernées par ce que fait la prostitution à la société qui la réprime ou qui l'accepte (sachant que la France fait les deux, réprimant des prostituées dont elle soumet le revenu à l'impôt).

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