Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Environnement

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samedi 10 août 2019

Leur écologie et la nôtre

Il y a quelques jours, j'ai eu l'idée saugrenue de demander à un colibri de ma connaissance s'il avait bien supporté la lecture d'Égologie et celui-ci en est venu à critiquer les mouvements écolos qui se complaisent dans leur singularité et le fait qu'ils ont raison tandis que les autres ne sont que des imbéciles. Vu la gravité de l'enjeu, me disait-il, il faut s'unir, tous les efforts sont bons à prendre. Oui. Mais non.

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dimanche 23 juin 2019

Crise des déchets plastiques en Asie du Sud-Est

Une série de trois reportages publiés sur Asialyst.com

En août 2018, les biologistes militant·es de l'association Ecoton à Java me font visiter une décharge sauvage à quelques kilomètres de leur siège. Des déchets plastiques triés par des travailleurs pauvres, une partie brûlée comme combustible, sans filtre, dans l'usine de tofu voisine… Je prends quelques photos pendant que les chiffonniers m'exhibent l'une de leurs trouvailles, un drapeau états-unien. Deux ans plus tôt, j'avais visité une usine de recyclage de papier qui s'était engagée sous l'influence d'Ecoton pour augmenter la qualité de ses rejets dans la rivière. Ces décharges constituent un gros recul écologique, dans une région où les déchets ménagers ne sont pas même collectés.

C'est que l'année 2018 a été celle d'une crise mondiale des déchets plastiques, suite au choix de la Chine de ne plus assurer leur recyclage. Les industriels cherchent alors d'autres débouchés et lorgnent sur les pays voisins. La Malaisie et l'Indonésie en font les frais, hésitant à refuser elles aussi l'importation de ces déchets, au centre d'une activité économique émergente. Mais à la fin de l'année, il faut se rendre à l'évidence : beaucoup d'acteurs véreux ne font pas du recyclage mais une gestion à moindre coût pour profiter de l'aubaine. Stockage de déchets dans des usines qui sont abandonnées une fois pleines, décharges sauvages dans la nature, combustion sans filtre qui libère des fumées toxiques, etc.

Pendant des mois, les riverain·es, qui commencent à souffrir des pollutions, découvrent ces sites autour de leurs villages. Les associations écologistes sont sur le terrain. Greenpeace produit à l'automne 2018 un premier rapport qui concerne l'ensemble de l'Asie du Sud-Est. Les Amis de la Terre Malaisie interpellent le gouvernement sur l'interdiction des importations et travaillent main dans la main avec GAIA (Global Alliance for Incinerator Alternatives). C'est Mageswari Sangaralingam, une Malaisienne que j'ai déjà rencontrée sur d'autres luttes, qui fait le lien entre les deux. En avril 2019, la question est largement traitée par les médias malaisiens et arrive sur le devant de la scène. Le gouvernement est convaincu et le contexte international s'éclaircit : une conférence à Genève propose d'intégrer les déchets plastiques non-recyclables à la convention de Bâle sur les déchets dangereux – ce qu'ils sont – pour en interdire le trafic international. Prigi, de l'association Ecoton, et Mageswari, tou·tes deux à Genève, ont eu gain de cause.

Chapitre 3 : Quand l'Asie du Sud-Est nous renvoie nos déchets plastiques

Aujourd'hui les déchets plastiques sont toujours là, en particulier en Malaisie qui a reçu le plus gros contingent. Et d'autres arrivent encore, que les autorités portuaires découvrent sur les docks de Port Klang et de Butterworth, les deux plus gros ports du pays, sur le détroit de Malacca. Ils sont cachés dans les conteneurs sous des déchets légaux recyclables ou bien sous de fausses déclaration. Le 17 juin, il y a à Butterworth pas moins de 400 conteneurs en attente de renvoi à leur envoyeur… aux frais des autorités malaisiennes qui doivent en outre faire la chasse aux contrebandiers et nettoyer les sites pollués. Il est temps que les pays développés, qui envoient en Europe de l'Est ou en Asie une (petite) partie de leurs déchets, les retraitent tous à la maison.

Plein de liens à suivre sur le site d'Asialyst mais des bonus ici :

Les pauvres ne comprennent rien à l'écologie mais les riches, si ? Chronique rigolote de Guillaume Meurice.

En France aussi on sait jeter du plastique à la flotte.

Excellente histoire politique de l'emballage perdu et du recyclage par Grégoire Chamayou.

mercredi 1 mai 2019

Recyclés ? Non, nos déchets plastiques inondent l'Asie du Sud-Est

Les touristes occidentaux qui arpentent les routes du Sud-Est asiatique sont toujours choqués par l’omniprésence de déchets plastiques dans l’environnement de la péninsule et de l’archipel. Le plastique abonde dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse d’usage unique ou d’objets. Dans les supermarchés et les épiceries, les contenants en verre ou en carton sont plus rares qu’en Europe et les doses individuelles plus répandues. Dans les marchés, les emballages en feuilles de bananier ont laissé place au plastique et parmi les stands, il en est souvent un qui vend aux commerçants les sacs en plastique et boîtes en polystyrène dont ils font un usage abondant. Le traitement des déchets pose problème : les infrastructures sont mauvaises ou inexistantes et dans les zones rurales les déchets ne sont pas collectés, chaque famille brûlant dans son jardin ses emballages de snacks, sacs ou bouteilles en plastique. À ces difficultés s’ajoutent désormais celles que connaît la région depuis qu’elle suscite les convoitises des acteurs du marché mondial du recyclage des déchets. Car le problème des déchets domestiques est aggravé par l’importation de ceux des pays riches, des États-Unis au Japon, en passant par l’Europe.

La suite sur Asialyst.com.

mercredi 12 décembre 2018

Quelque chose du gilet jaune

C’est bientôt Noël et c’est déjà l’overdose. Des pubs qui dégoulinent de rouge, des passant·es avec leurs gros sacs en papier remplis de cadeaux venus du cœur et d’usines où le travail est bon marché, des questions existentielles sur ce qu’on aimerait recevoir alors qu’il faut bien l’admettre, on n’a franchement besoin de rien… ou bien de tout. C’est la grande bouffe et il y a du monde à table. Des week-ends en avion dans une ville où on n’a personne à aller voir (à part un hôte AirBnB) aux changements d’équipement parce qu’un nouveau vient de sortir qui est tellement mieux (et pas parce que l’ancien ne marche plus), tout déborde.

Et à côté de ça, les histoires de ces familles qui payent les activités de leurs enfants, vingt euros l’année grâce aux aides municipales, en trois fois sans frais ou de ce petit garçon qui raconte à ses copains de classe qu’hier il a dîné – parce que c’est pas tous les soirs que ça arrive.

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mardi 2 octobre 2018

« Des mesures potentiellement impopulaires »

C’était il y a presque vingt ans. La formatrice était venue avec son bébé, qu’elle allaitait, pour nous présenter les grandes lignes de ce qu’est le changement climatique. Les particules de gaz à effet de serre plus denses dans l’atmosphère, qui font que l’énergie solaire est recapturée en plus grande proportion après qu’elle a touché la Terre. Le réchauffement de la planète, qui s’ensuit, ces deux ou trois degrés (selon les différents scénarios) qui ne sont pas uniformément répartis mais constituent une énergie en plus phénoménale, laquelle nourrit des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents. Et puis ce qu’on peut y faire : un quart des émissions dû aux transports, un autre à l’agriculture (pas seulement l'élevage mais aussi le mésusage des sols), un autre au bâtiment, un dernier à l’industrie et une troisième moitié pour tout ce que nous achetons sur le marché mondial et qui n'est pas compté dans la consommation nationale… Les solutions ? Des techniques plus écologiques et moins industrielles et une réduction : du nombre de kilomètres effectués par les biens et les personnes, de la consommation, de l'extraction des ressources, etc. Changer de mode de vie mais aussi changer de modèle économique. Ça tombait bien, les échos de Seattle se faisaient encore entendre et la mondialisation néolibérale était nommée, décrite et combattue.

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dimanche 18 mars 2018

Timika

Nicolas Rouillé, Timika, Anacharsis, Toulouse, 2018, 492 pages, 22 euros.

« Western papou », prévient la couverture. Timika, cette ville de Papouasie occidentale située dans les environs de la plus grande mine d'or du monde, a en effet des airs de ville-frontière pourrie par la corruption, le fric de l'or qui ruisselle tant bien que mal, pourrie enfin par cette guerre méconnue que l'Indonésie mène contre les Papous. Si aujourd'hui ce grand archipel épouse parfaitement les frontières des Indes néerlandaises, une création coloniale, cela n'a rien d'une évidence car la Nouvelle Guinée est une île peuplée de Papous, peuple mélanésien et chrétien. Sa partie occidentale a été rattachée de force à l'Indonésie dans les années 1960, suite à une annexion forcée et à un référendum sous contrôle, avec la complaisance de la communauté internationale. Jakarta mène depuis lors une guerre pour garder le territoire dans son giron. Car, qu'il s'agisse de bois ou de métaux, l'île est aussi riche en matières premières que ses habitant·es sont pauvres.

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jeudi 30 novembre 2017

Défendre l'élevage

À propos d'On achève bien les éleveurs, un livre d'entretiens édité par Aude Vidal, illustré par Guillaume Trouillard
Avec Jean-Pierre Berlan, Jocelyne Porcher, Xavier Noulhianne, Christophe Richard, le groupe Marcuse, Fabrice Jaragoyhen, les fermiers du Pic-Bois et Stéphane Dinard
144 pages, 24 euros
Parution le 1er décembre 2017
Dossier de presse à télécharger ici

À l'origine de ce livre, le dessinateur Guillaume Trouillard. Loin de se contenter d'illustrer les entretiens qui sont ici retranscrits et mis en forme, il a ouvert les premières pistes de ce qui est devenu On achève bien les éleveurs. C'est lui que la lecture de La Liberté dans le coma, ouvrage du groupe Marcuse, a convaincu de la nécessité d'aborder la question du puçage des bêtes, du contrôle et plus globalement de l'administration du métier d'éleveur… et des résistances à cette lame de fond. C'est encore lui qui, après avoir découvert la chercheuse Jocelyne Porcher et l'éleveur Xavier Noulhianne dans l'émission de Ruth Stegassy sur France Culture, « Terre à terre », a souhaité que nous les rencontrions.

Guillaume se flatte parfois d'être né dans le même canton que Bernard Charbonneau, un penseur écologiste et critique de la technique actif dès les années 1930, parfois mentionné dans ces entretiens. Il est surtout un fidèle lecteur des ouvrages publiés par l'Encyclopédie des nuisances, éditeur entre autres de Du progrès dans la domestication. C'est peut-être parce que cela se devine trop aisément que La Revue dessinée, qui lui avait commandé un reportage d'une trentaine de pages sur la question de l'élevage aujourd'hui, a retardé la publication de cette bande dessinée dont Gabriel Blaise et moi avons écrit le scénario. Ce reportage est finalement paru, plus de deux ans après nos premiers entretiens et malgré les efforts de Gabriel pour nous remettre dans les clous d'une revue peu désireuse de prendre des positions aussi tranchées que les nôtres. Le reste tient en partie au fait que, plutôt que de prendre des notes à partir desquelles j'aurais écrit les maigres bulles d'un reportage en bande dessinée, j'ai pris la peine de retranscrire les heures de savantes explications, de considérations passionnantes et d'indignations à partager. Il en est resté des pages que je ne pouvais me résoudre à simplement archiver.

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mercredi 28 juin 2017

Indonésie : quand Bali dit non au tourisme de masse

Chaque année, la moitié des touristes qui viennent découvrir l’immense archipel indonésien se retrouvent à Bali, une île grande comme un ou deux départements français. Ses temples hindous, ses frangipaniers aux fleurs odorantes, ses rizières en terrasse dont le système d’irrigation est classé au patrimoine mondial de l’Unesco… mais aussi ses embouteillages, ses plages bondées et ses millions de visiteurs aux épaules rougies par le soleil. La destination culturelle jadis prisée par les hippies est devenue usine à touristes. Alors, quand un magnat prévoit de poldériser 700 hectares de zone humide en pleine ville, c’est toute l’île qui se lève pour refuser le projet. Environnementalistes, employés du secteur touristique ou artistes, ils sont tous très tolak, du nom du mouvement « Bali Tolak Reklamasi Teluk Benoa » (« Non à la poldérisation de la baie de Benoa »).

La suite sur Asialyst.com

mercredi 23 novembre 2016

Le village de Lakarwodo résiste en cartes

C’est en secret que les villageois de Lakardowo, à Java Est, se rendaient à dix kilomètres de là dans les locaux de l’ONG Ecoton, une association de défense de l’environnement. « Les femmes, lors de leurs premières formations sur les déchets toxiques ou sur les régulations environnementales, mentaient à leur famille et à leur voisins quand elles venaient ici. Les hommes attendaient 22 h pour que personne ne les voie. » Riska se souvient de leurs premiers contacts avec l’équipe de biologistes militants dont elle est la benjamine. Depuis quelques mois, elle a le plaisir de voir les villageois venir de jour et toujours plus nombreux, entassés sur le plateau d’un pick-up, pour élaborer avec l’ONG des réponses à ce que vit le village depuis six ans.

En 2010 une usine de traitement de déchets toxiques, PT PRIA (Putra Restu Ibu Abadi), s’installe sur la commune, se présentant aux autorités du village comme une usine de briques et de papier recyclé. Il faut du temps, des lanceurs d’alerte et des malades pour comprendre que les briques en question ne sont que l’une des formes sous lesquelles l’usine se débarrasse de déchets toxiques..

La suite sur le site visionscarto.net.

dimanche 31 juillet 2016

Moi président, l’écologie, je m’en fous

Article paru dans CQFD n°141, mars 2016

Certes, la plupart d’entre nous n’attendait rien de toi, Parti socialiste. Mais le quart d’inscrits égarés qui t’a porté au pouvoir a dû sérieusement être déçu. Transition écologique, préservation des espaces naturels, lutte contre le changement climatique et la pollution de l’air, du sol et des eaux… Où en sommes-nous ? Ta présidence n’est pas synonyme de simple dégradation de notre patrimoine naturel commun. Non, tu as bien su le valoriser, au point qu’il a gonflé quelques portefeuilles.

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