Mon blog sur l'écologie politique

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mercredi 24 septembre 2014

On se tutoie ?

Il existe dans certaines langues une multitude de formes pronominales pour la deuxième personne du singulier, pour s’adresser à un-e égal-e, à un-e enfant, à un-e subordonné-e, à un-e supérieur-e (en pays anciennement colonisé : Européen-ne ou non), etc. Nous n’en avons que deux (« tu » et « vous »), dans la même logique qui témoigne de rapports hiérarchiques entre individus. Qu’il s’agisse de relations adultes-enfants, profs-étudiant-e-s adultes, donneurs d’ordres et exécutants, on constate parfois cette asymétrie qui rappelle les structures sociales traditionnelles. Le vouvoiement témoigne néanmoins plus souvent d’un manque de familiarité, quand deux personnes s’accordent les mêmes marques de respect, sans donc marquer aucune hiérarchie.

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dimanche 7 septembre 2014

Le continuum du male entitlement

Colette Guillaumin, dans un article sans complaisance (« Pratique du pouvoir et idée de Nature (1). L'appropriation des femmes », Questions féministes n°2), parle de l’« accaparement » des femmes par les hommes dans l’idée de bénéficier de services sexuels, domestiques ou reproductifs. Vous aurez reconnu la putain, la servante et la maman. Le texte date de 1978, à peine treize ans après que les femmes ont conquis le droit de travailler ou d’ouvrir un compte bancaire sans demander à leur mari, et alors que le viol conjugal n’est pas encore reconnu comme tel. Quand on s’aime un jour, on doit dire oui tous les jours… Seules des violences « graves et répétées » (attention à la conjonction de coordination) peuvent être considérés comme des torts. Pour le reste, on aura compris que le mariage était un système de mise à disposition de l’un-e à l’autre, soit dans la pratique des femmes aux hommes.

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samedi 30 août 2014

Marre des forums au masculin !

La Barbe, c’est cette asso féministe qui fait intrusion dans des lieux où l’on cause pour en faire apparaître aux yeux du public une dimension jusqu’ici inaperçue : le panel qu’on écoutait sagement se révèle composé uniquement d’hommes… Les réactions sont assez mélangées. Il y en a qui pestent, ironisent ou se montrent agressifs car leur légitimité vient d’être ébranlée. Il y en a d’autres qui applaudissent ou se marrent (les barbues ont quelques talents d’écriture). J’espère que j’entendrai les secondEs à la suite de cet billet, mais je crains que les structures de l’expression sur les forums de blog ne sortent pas ébranlées de mon coup de gueule et qu’encore une fois les premiers ne gardent le monopole de l’expression sans même prendre la peine d’un coup d’œil autour d’eux pour se rendre compte de ce qui me semble aussi visible qu’un nez sur un visage : Jérôme, Paco, Nicolas, Adrian, Éric, Arsène, Patrick, Gérard, Jean, Jean-Marie, Corinne (error ! error !), Vincent... ils sont entre mecs.

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mardi 19 août 2014

La Reproduction artificielle de l’humain

La Reproduction artificielle de l’humain, Alexis Escudero, Le Monde à l’envers, 2014.

« En privilégiant le construit sur le donné, les gender studies entendaient s'affranchir des pesanteurs charnelles et naturelles, au prétexte qu'elles servaient presque toujours de paravent à la domination. La démarche conduit à une impasse. Elle revient à négliger, voire à mépriser le vécu de l'incarnation, c'est à dire l'expérience subjective du corps, celle de la vie vivante. »

La citation s'étale sur la plus grande partie de la page 195 de La Reproduction artificielle de l'humain, aussi impressionnante que l'autorité de Jean-Claude Guillebaud qui l'a écrite. Guillebaud le pape du féminisme, l'auteur de nombreux ouvrages consacré à la domination masculine ? Non, Guillebaud le journaliste chrétien à qui le mouvement des femmes ne doit rien, ancien directeur du centre François-Mauriac sur présentation d'une paire de testicules (quatre directeurs en 28 ans, quatre grands hommes) mais qui à n'en pas douter aime beaucoup les femmes comme Gérard Longuet : il en a peut-être une, quatre filles et quand il a un chien, c'est une chienne. La démarche conduit à une impasse, prière d'en changer à la demande du mâle qui n'a aucun, mais alors aucun intérêt dans cette affaire et ne jouit d'aucun, mais alors aucun privilège sur la question. Air connu.

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jeudi 24 juillet 2014

Naturaliser des faits sociaux

Au café du commerce linguistique

On dit parfois que c’est en raison de sa simplicité morphologique que l’anglais est devenu la principale langue véhiculaire dans le monde : pas ou peu de flexions des verbes et des noms, l’anglais est très gratifiant pour les débutantEs et leur permet très vite de s’exprimer. Si les raisons linguistiques sont déterminantes, alors je suggère que le malais devienne langue officielle de la planète Terre.

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mardi 22 juillet 2014

À Singapour, achète-t-on bien les domestiques ?

Il y en a des fermés le dimanche et d’autres ouverts 24h sur 24. Des luxueux et des miteux. Des spécialisés et des généralistes, avec les enseignes des multinationales du commerce de détail, un H&M, un Starbucks. Au dernier étage, un food court ou un cinéma parfois… C’est le mall ou centre commercial, cette institution qui en Asie du sud-est offre l’avantage de concentrer ses loisirs consuméristes à l’abri du soleil et de la chaleur. Celui de Bukit Timah, à Singapour, a fait couler beaucoup d’encre. Le 27 juin, Al Jazeera publie un excellent papier qui fait le point sur la situation des domestiques étrangères à Singapour, en prenant comme point de départ l’endroit où elles sont le plus visibles, ce petit centre commercial à l’ouest de la ville-état. La presse française s’en empare, France 24 produisant une resucée assez incomplète de l’article en question, illustrée par une photo de gratte-ciels au centre-ville, à 11 km. Les mêmes titres sensationnalistes (« Achetez un domestique » par lepoint.fr, notons un masculin neutre assez déconcertant) et les mêmes photos non-créditées font ensuite le tour d’Internet. Que se passe-t-il donc au Bukit Timah Shopping Centre ?

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vendredi 18 juillet 2014

Orang Asli Women and the Forest

Colin Nicholas, Tijah Yok Chopil et Tiah Sabak, Orang Asli Women and the Forest. The Impact of Resource Depletion on Gender Relations among the Semai, Center for Orang Asli Concerns, Subang Jaya, 2010.

C’est l’histoire d’un village où les femmes se lèvent plus tôt que les hommes le matin. Elles préparent à manger, s’occupent des enfants, lavent ensuite la vaisselle et le linge, vont chercher l’eau à la rivière ou à la sortie des canalisations pendant la saison sèche. Le soir elles préparent un nouveau repas avec l’aide des filles pendant que les garçons s’amusent et que les hommes se reposent de leur dur labeur. Ah, quel bonheur de voir qu’au plus profond des jungles malaises, des populations autochtones communient avec nous dans des rôles de genre stéréotypés…

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jeudi 3 juillet 2014

PMA, écologie radicale et féminisme : passé les bornes…

Hiver 2012-2013 : le débat politique se sclérose sur la question des droits des personnes LGBT et les écolos radicaux n'y font pas toujours bonne figure. Le projet de loi sur le mariage pour toutes et tous propose-t-il dans un premier temps l'ouverture de l'assistance médicale à la procréation (ou PMA) aux couples lesbiens ? Les critiques que l'on peut faire à ces techniques étaient jusqu'alors plutôt discrètes, mais elles fleurissent, en ce sombre hiver comme au printemps, accompagnées des rumeurs les plus incongrues sur notre modernité devenue folle (1) ou de supputations sans pudeur sur la sexualité des lesbiennes ou des gays (2).

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mercredi 25 juin 2014

Mariage pour personne ?

Quand le « queer » en vient à représenter le droit de chacun à posséder son propre baisodrome, quand la famille n’en finit plus de se replier sur elle-même, quand les magazines gay se mettent à remplir leurs pages de conseils sur l’adoption et le mariage, quand tout ça se produit alors oui, la Restauration est là, et bien là. De nos jours, l’expression « vie alternative » a plus de chances de renvoyer au fait que vous avez installé des panneaux solaires sur le toit de votre maison qu’entrepris une critique en acte de la famille nucléaire (1).

Je ne le dirai jamais mieux que Nina Power : la réduction des rêves collectifs à de petits bonheurs individuels m’attriste. L’organisation des relations sociales autour du couple, puis du couple élargi à ses rejetons, me semble réduire les possibles (« On ne fait pas sa vie avec ses amiEs », me répétait ma mère), enfermer les femmes dans des structures qui leur sont globalement défavorables (2) et il y a bien plus triste qu’une dame attablée seule au restaurant devant un bouquin, c’est un vieux couple qui ne se parle plus mais n’ose l’admettre et se prive de lecture.

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vendredi 23 mai 2014

Madame ou mademoiselle ?

J’y ai fait allusion ici a plusieurs reprises : « mademoiselle » a officiellement disparu du langage administratif francais (1) et j’en viens a me demander, meme si l’on doit ce pas en avant a un gouvernement de droite, si ce n’est pas une mesure aussi importante que le mariage pour tou-te-s. Les deux contribuent a la remise en cause d’une vision du couple et de la famille qui avaient fait leur temps. Non pas qu’avant soit par essence moins bien, mais le nom de famille n’etait plus patronymique depuis qu’une mere pouvait donner le sien et le celibat d’une femme ne laissait plus automatiquement supposer sa disponibilite sexuelle...

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