Mot-clé - Féminisme

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samedi, 21 octobre, 2017

Idéal standard

Aude Picault, Idéal standard, Dargaud, 2017, 152 pages, 17,95 euros

Claire a 32 ans et elle rêve de rencontrer l’homme de sa vie. Cette infirmière en néonatologie, un peu conformiste et un peu complexée, a des airs de madame Toutlemonde, c’est un personnage un peu fade qu’on a croisé mille fois dans la presse féminine ou les séries états-uniennes. On la voit multiplier les aventures amoureuses dans l’espoir de rencontrer le bon. Passant du mec qui répugne à s’engager mais qu’elle croise deux mois plus tard très en couple au supermarché à celui qui lui demande de partir le matin comme si elle était la femme de ménage ou qu’elle avait fini de s’occuper de la plomberie (1), Claire est en train de baisser les bras quand arrive le prince charmant, une barbe de trois jours qui bosse dans la finance et fait beaucoup d’efforts pour la séduire. Fin du premier acte, tout ne fait que commencer.

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vendredi, 29 septembre, 2017

Quand les hommes m'expliquent

Rebecca Solnit, Men Explain Things to Me, Haymarket Books et Dispatch Books, 2014

La scène se passe lors d'une soirée très classe. Un monsieur qui a réussi sa vie demande à une écrivaine de quarante ans de quoi causent ses livres et à peine a-t-elle commencé à lui dire le sujet de son dernier qu’il commence à bavasser en s’étonnant qu’elle n’ait pas lu LE bouquin sur le même sujet, paru la même année, qu’il connaît si bien et entreprend de lui expliquer… son bouquin à elle, finit-elle par comprendre. Comment expliquer un livre à son auteure. Pourquoi un tel désir de dominer l’autre en lui assénant son savoir, même quand on est un ignorant ? Cette soif de domination qui s’empare parfois d’hommes qu’on croyait mieux élevés, et qui osent parce qu’il ne s’agit au fond que de mots, Rebecca Solnit la replace dans le continuum de la violence faite aux femmes. Refuser d’entendre, qu’il s’agisse de la volonté des femmes de participer à la conversation au même titre que les hommes (1) ou qu’il s’agisse d’un « non », participe selon elle de la même violence, à des degrés divers. Car longtemps les femmes n’ont pas été jugées des « témoins fiables de leur propre vie » et encore moins du reste de l’expérience humaine, et c’est encore cette idée à laquelle nous nous heurtons chaque jour.

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samedi, 20 mai, 2017

Limites de la bienveillance

L’an dernier le succès de la notion de bienveillance interrogeait mon mauvais esprit. Depuis, cette notion a pris encore plus de place dans l'espace public. De l'éducation positive au développement personnel, la bienveillance a envahi jusqu'aux discours militants, dans un large spectre qui va des plus radicaux/ales aux bénévoles de la campagne Macron. Certes, écrivais-je, « la bienveillance, ce pourrait être cette manière d'être ensemble sans s'user, sans se faire trop de mal les un-es aux autres, pour continuer à militer, faire venir du monde et ne pas se retrouver avec trois warriors et deux tondus dans des rangs clairsemés ». Mais, alors que l’injonction à la bienveillance devenait omniprésente, j’avais l’impression d’un comportement dont il n’était plus question d’interroger le sens, d'une véritable norme qui n’était plus (seulement) un moyen de renforcer les rangs des militant-es en cultivant entre eux et elles des liens plus positifs, contre l'usure ou contre la violence qui irrigue ces milieux (1). Au nom de la bienveillance, valeur observée à Nuit debout, je notais par exemple qu’il n’était plus possible de huer à l’ancienne un type venu servir un discours de préférence nationale. À quoi servait donc la bienveillance si ce n’était plus une qualité relationnelle à construire entre camarades mais une obligation sociale, un genre de droit humain dû même aux fachos ?

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mardi, 7 mars, 2017

C’est à ça que servent les féministes !

« Mademoiselle », « nom de jeune fille »… au-delà du caractère symbolique qu’a le renvoi systématique des femmes à leur statut marital, faire jongler les femmes avec plusieurs noms leur porte préjudice en compliquant leurs démarches administratives et en étant source d’erreurs. Rencontre avec l’une des petites mains d’un chantier de refonte des sites administratifs qui permettent d’effectuer des démarches en ligne. Elle est ergonome et développeuse mais également féministe et blogueuse.

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samedi, 2 juillet, 2016

Signé : un homme qui ne se laissera rien arracher

Il y a quelques semaines, dans une exposition des affiches féministes recueillies par le collectif La Rage, j'ai eu le désagrément de voir posé le message que voici

au-dessus de l'affiche que voilà.



Non pas à côté mais au-dessus, cachant en partie l'affiche.

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lundi, 2 mai, 2016

On a les utopies qu'on mérite : la bienveillance


Militante féministe, j'ai participé à construire ou animer des lieux bienveillants. Et j'ai évité ceux où ne se posaient pas les mêmes exigences. Une réunion sans tours de parole, que ce soit dans la vieille gauche ou chez les anars spontanéistes, me semble une perte d'énergie considérable. Attachées à saisir un ton de phrase qui annoncerait la fin d'une intervention, les grandes gueules ont depuis longtemps arrêté d'écouter ce qui se dit pour se donner une chance de prendre la parole au vol. Une situation de guerre sourde qui, en plus de baisser la qualité de la communication et de mettre une pression accrue sur les participant-e-s, nous prive des idées portées par des personnalités différentes (pas forcément des femmes, j'ai déjà vu un copain partir en disant que de toute façon il n'avait rien d'intéressant à dire alors que j'avais déjà pris la parole plusieurs fois). Je vais jusqu'à éviter les lieux où la parole est distribuée de cette manière, même quand le programme a l'air intéressant.

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mardi, 23 février, 2016

Les personnes les premières concernées

On parle beaucoup des « personnes les premières concernées » mais rarement des « deuxièmes concernées ». J'ai déjà écrit à ce sujet : les prostituées sont certes les personnes les premières concernées par leur activité mais la prostitution et sa reconnaissance gravent dans le marbre la disponibilité des femmes aux hommes, du male entitlement à la culture du viol. Les autres femmes sont elles aussi concernées par ce que fait la prostitution à la société qui la réprime ou qui l'accepte (sachant que la France fait les deux, réprimant des prostituées dont elle soumet le revenu à l'impôt).

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jeudi, 4 février, 2016

Être victime

Je suis une féministe « victimaire » comme on se plaît à les dénigrer. C’est-à-dire que, loin de nier les rapports de domination et de renvoyer les victimes à leur capacité de se prendre en main et d'assumer (voir illustration), je comprends que des situations de domination, d’exploitation ou de discrimination enferment, rendent parfois impossible pour les victimes l’exercice de toutes leurs facultés et renvoient les bourreaux à leurs responsabilités. Les victimes subissent, parfois acceptent mais ne consentent pas et cela ne dédouane pas ceux et celles qui profitent de leur vulnérabilité. J’aimerais rappeler ici le sort fait aux victimes.

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mercredi, 14 octobre, 2015

Les femmes dans la maison vide

« Mon argent, mon argent, à quoi l’emploierai-je ? Acheter des meubles pour la maison ? Mais je n’y suis jamais dans la maison. À quoi bon l’aménager ? Je ne la connais plus. Acheter de bonnes nourritures, mais je n’ai plus le temps de les préparer comme il faut. Le dimanche ? Ah non, je suis trop fatiguée pour me mettre à la cuisine que d’ailleurs je ne sais plus faire. » Émouvant témoignage d’une femme des années 60 sur la malédiction du travail salarié... Oh no, wait, c’est Jacques Ellul, père de famille, auteur de dizaines d’ouvrages et longtemps salarié à l’IEP de Bordeaux, qui parle. Dans Exégèse des nouveaux lieux communs, le pape de la technocritique consacre quelques pages à l’idée reçue selon laquelle « La femme trouve sa liberté dans le travail » et vole la voix d’une mère de famille pour lui expliquer avec des accents sensibles qu’on ne lui verra plus dans le reste de son œuvre (magie de l’écriture au féminin) qu’elle est mieux soumise à un mari qu’à être harcelée sexuellement par un contremaître, que la maison sans elle est froide et vide (on y reviendra), que les femmes soviétiques sont manœuvres et cantonniers, beurk. Etc.

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mardi, 21 avril, 2015

Confort individuel et luttes collectives

« ...la mise en avant du bien-être individuel entraînant un rapport utilitariste et souvent éphémère à la sociabilité collective »
Anne Clerval, Paris sans le peuple. La Gentrification de la capitale, La Découverte, 2013.

Il y a deux ans je mettais le doigt sur le « militantisme à taille humaine », cette façon d’être ensemble que j'ai apprise dans le milieu qui a accueilli mes premiers émois politiques. Nous n'étions pas des militaires ayant envie de se sacrifier pour la Cause, non, nous savions que nous ferions bouger les choses en attirant du monde dans des endroits agréables, à faire des trucs pas trop chiants, et pour cela notre gentil hédonisme de petits bourges bon teint était un sacré atout. Tu crois que tu vas te faire bien plaise ? Chiche !

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lundi, 6 avril, 2015

Cher ami proféministe

Tu trouves que les femmes sont des hommes comme les autres et qu’Éric Zemmour ou Alexis Escudero (ça dépend de ton niveau de conscience politique) écrit de la merde, ce que tu ne manques pas de signaler à très haute voix. Tu essaies d’être le gars sympa avec nous autres les meufs et quand parfois tu as un peu de recul sur les questions de genre tu tentes de ne pas tomber dans l’écueil du chevalier blanc, cette figure du mec qui accorde une aide condescendante, parce qu’il est un mec et a les ressources, et jouit de la situation de pouvoir que ça entraîne. Parce que c’est super gratifiant, d’être proféministe. Tu es l’avant-garde politique de notre temps et en plus ça te donne la possibilité de t’épanouir en testant les larmes, la tendresse ou la jupe l’été. Non seulement ça sert à te distinguer de la plèbe viriliste, devant les autres gars et devant les meufs, mais en plus c’est un gros atout dans une démarche de développement personnel. Le proféminisme, comme le militantisme écolo, maximise le plaisir d’un parcours de vie au masculin. Sauf à préférer la Kro à la ch’tite bière bio brassée par les potes.

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mardi, 31 mars, 2015

Manuel de survie à destination des femmes en politique

Sandrine Rousseau, Manuel de survie à destination des femmes en politique, Les Petits Matins, 2015, 108 pages, 9,90 €

Voilà un ouvrage qui s’adresse à toutes les femmes qui pourraient être tentées par l’action publique. Mais même si vous n’avez pas envie de devenir un jour conseillère municipale ou présidente de région, même si vous pensez comme moi que les élections devraient être abolies car la manie de la représentation est en soi un problème, même si vous n’avez pas envie de partager le pouvoir mais de le voir disparaître, ne passez pas votre chemin. Car le pouvoir existe toujours et vous êtes de toute manière susceptible d’y être confrontée un jour. Si ce n’est pas dans votre activité militante, heureusement à l’abri de tout rapport de pouvoir entre femmes et hommes (non ?), ce sera au boulot, avec des proches ou dans la rue.

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lundi, 23 mars, 2015

Sorcières, sages-femmes & infirmières

Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes & infirmières. Une histoirE des femmes soignantes, traduction L. Lame, Cambourakis, collection « Sorcières », 2015, 124 pages, 16 €.

En 1973, Barbara Ehrenreich et Deirdre English publient une brochure féministe, à mi-chemin entre le pamphlet et l’ouvrage de vulgarisation historique, dont le succès les surprendra. Les éditions Cambourakis reprennent aujourd’hui ce texte, accompagné de deux introductions par les autrices (1973 et 2010) et d’une postface, le tout constituant un ouvrage modeste mais stimulant. Que celles qui comme moi n’ont pas encore osé ouvrir Caliban et la sorcière (1) n’hésitent pas.

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mardi, 17 mars, 2015

Sur le consentement


« Le mot de consentement appliqué aux dominés annule quasiment toute responsabilité de la part de l’oppresseur. Puisque l’opprimé consent, il n’y a rien de véritablement immoral dans le comportement du "dominant". L’affaire est en quelque sort ramenée à un contrat politique classique. »

Nicole-Claude Mathieu, L’Anatomie politique. Catégorisations et idéologies de sexe, Côté femmes, 1991, cité dans Irène Jonas, Moi Tarzan, toi Jane. Critique de la réhabilitation « scientifique » de la différence hommes/femmes, Syllepses, 2011.

 

Autour de moi le consentement est une notion au centre des attentions. Discussions formelles et formations militantes s’y consacrent, dans l’idée de réduire la violence faite aux plus vulnérables. S’attacher aux signes de répugnance, respecter un non, c’est bousculer le rapport de forces qui permet d’habitude aux plus forts d’abuser naturellement de l’incapacité des plus fragiles à protéger leur intégrité physique et morale. C’est une belle intention, mais l’expérience me suggère que la plus délicate écoute ne suffit pas toujours et que certaines vulnérabilités rendent des non plus difficiles à entendre que d’autres. Le consentement n’est-il pas une notion trop marquée de libéralisme politique ?

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lundi, 10 novembre, 2014

Universalisme : y'a du boulot

Pour gagner une campagne électorale aujourd'hui, il faut cliver au bon endroit, celui qui sera favorable à ses idées en se présentant au maximum de personnes comme le défenseur de leurs intérêts ou de leurs valeurs. On ne sait pas quelle campagne (militaire ?) mène Alexis Escudero, mais il a clivé fortement les milieux susceptibles de relayer son enquête sur « la reproduction artificielle de l'humain ». Et pas au bon endroit, si on en croit les refus et déchirements divers autour de sa tournée promotionnelle. Lundi 27 octobre, à Lille, une moitié du public est partie après la lecture d'un texte.

Pas au bon endroit, parce qu'en tant qu'actrice de cette histoire (j'ai participé à la rédaction du texte lillois) je me suis sentie tributaire de ce clivage et sommée de faire des alliances que je n'aurais pas jugé propices en temps normal. Mais devant le refus de débattre dont Escudero a témoigné jusqu'à présent (1), la possibilité de partager nos réserves ou francs refus, entre féministes, lesbiennes radicales, technocritiques et proféministes, était en elle-même précieuse. Les discussions riches, respectueuses et argumentées que nous avons eues à l'occasion de cette rédaction m'ont donné envie de réagir sur quelques-uns des points de tensions apparus entre nous.

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lundi, 29 septembre, 2014

Pour une critique émancipatrice de la PMA

Texte écrit en collaboration avec Aude Vincent pour L'An 02 n°6, « Qui est réac ? Qui est moderne ? », automne 2014

Fin 2012, la discussion d'un projet de loi qui prévoit l'ouverture du mariage à tous les couples et de la PMA à toutes les femmes divise l'opinion française. Dans la sphère écologiste et critique de la technique également, la question crée des lignes de fracture. Mais, alors que les arguments en jeu portent sur la nécessité de poser des limites aux possibilités ouvertes par la technoscience et de ne pas lui abandonner la gestion de nos vies, le débat n'est-il pas tombé dans la défense d'un ordre social patriarcal et homophobe ?

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mercredi, 24 septembre, 2014

Qui est réac ? Qui est moderne ?

Je viens de livrer mon troisième dossier à L'An 02, la revue d'écologie politique que j'anime. Vous pouvez trouver ce n°6 en librairie à 7 € ou vous abonner à 10 € les deux numéros. 60 pages en couleurs, format A4 ou à peu près, des lectures de bouquins récents, des chroniques et des reportages, 100 % bénévole, elle a besoin de lectrices et de lecteurs pour exister. Pourquoi pas vous ?

L’écologie propose de s’éclairer à la bougie, de renvoyer les femmes à la maison et à leur condition… ou bien, lorsqu’elle gagne en maturité, elle se montre à la pointe de l’innovation, prête à miser sur l’efficacité des nouveaux procédés de management des flux humains et énergétiques. Alors, l’écologie politique : tout à la fois réac et moderne ?

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dimanche, 7 septembre, 2014

Le continuum du male entitlement

Colette Guillaumin, dans un article sans complaisance (« Pratique du pouvoir et idée de Nature (1). L'appropriation des femmes », Questions féministes n°2), parle de l’« accaparement » des femmes par les hommes dans l’idée de bénéficier de services sexuels, domestiques ou reproductifs. Vous aurez reconnu la putain, la servante et la maman. Le texte date de 1978, à peine treize ans après que les femmes ont conquis le droit de travailler ou d’ouvrir un compte bancaire sans demander à leur mari, et alors que le viol conjugal n’est pas encore reconnu comme tel. Quand on s’aime un jour, on doit dire oui tous les jours… Seules des violences « graves et répétées » (attention à la conjonction de coordination) peuvent être considérés comme des torts. Pour le reste, on aura compris que le mariage était un système de mise à disposition de l’un-e à l’autre, soit dans la pratique des femmes aux hommes.

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samedi, 30 août, 2014

Marre des forums au masculin !

La Barbe, c’est cette asso féministe qui fait intrusion dans des lieux où l’on cause pour en faire apparaître aux yeux du public une dimension jusqu’ici inaperçue : le panel qu’on écoutait sagement se révèle composé uniquement d’hommes… Les réactions sont assez mélangées. Il y en a qui pestent, ironisent ou se montrent agressifs car leur légitimité vient d’être ébranlée. Il y en a d’autres qui applaudissent ou se marrent (les barbues ont quelques talents d’écriture). J’espère que j’entendrai les secondEs à la suite de cet billet, mais je crains que les structures de l’expression sur les forums de blog ne sortent pas ébranlées de mon coup de gueule et qu’encore une fois les premiers ne gardent le monopole de l’expression sans même prendre la peine d’un coup d’œil autour d’eux pour se rendre compte de ce qui me semble aussi visible qu’un nez sur un visage : Jérôme, Paco, Nicolas, Adrian, Éric, Arsène, Patrick, Gérard, Jean, Jean-Marie, Corinne (error ! error !), Vincent... ils sont entre mecs.

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mardi, 19 août, 2014

La Reproduction artificielle de l’humain

La Reproduction artificielle de l’humain, Alexis Escudero, Le Monde à l’envers, 2014.

« En privilégiant le construit sur le donné, les gender studies entendaient s'affranchir des pesanteurs charnelles et naturelles, au prétexte qu'elles servaient presque toujours de paravent à la domination. La démarche conduit à une impasse. Elle revient à négliger, voire à mépriser le vécu de l'incarnation, c'est à dire l'expérience subjective du corps, celle de la vie vivante. »

La citation s'étale sur la plus grande partie de la page 195 de La Reproduction artificielle de l'humain, aussi impressionnante que l'autorité de Jean-Claude Guillebaud qui l'a écrite. Guillebaud le pape du féminisme, l'auteur de nombreux ouvrages consacré à la domination masculine ? Non, Guillebaud le journaliste chrétien à qui le mouvement des femmes ne doit rien, ancien directeur du centre François-Mauriac sur présentation d'une paire de testicules (quatre directeurs en 28 ans, quatre grands hommes) mais qui à n'en pas douter aime beaucoup les femmes comme Gérard Longuet : il en a peut-être une, quatre filles et quand il a un chien, c'est une chienne. La démarche conduit à une impasse, prière d'en changer à la demande du mâle qui n'a aucun, mais alors aucun intérêt dans cette affaire et ne jouit d'aucun, mais alors aucun privilège sur la question. Air connu.

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