samedi, 20 mai, 2017
Par Aude le samedi, 20 mai, 2017, 21h17
L’an dernier le succès de la notion de
bienveillance interrogeait mon mauvais esprit. Depuis, cette notion a pris
encore plus de place dans l'espace public. De l'éducation positive au
développement personnel, la bienveillance a envahi jusqu'aux discours
militants, dans un large spectre qui va des plus radicaux/ales aux bénévoles de
la campagne Macron. Certes, écrivais-je,
« la bienveillance, ce pourrait être cette manière d'être ensemble sans
s'user, sans se faire trop de mal les un-es aux autres, pour continuer à
militer, faire venir du monde et ne pas se retrouver avec trois warriors et
deux tondus dans des rangs clairsemés ». Mais, alors que l’injonction à la
bienveillance devenait omniprésente, j’avais l’impression d’un comportement
dont il n’était plus question d’interroger le sens, d'une véritable norme qui
n’était plus (seulement) un moyen de renforcer les rangs des militant-es en
cultivant entre eux et elles des liens plus positifs, contre l'usure ou contre
la violence qui irrigue ces milieux (1). Au nom de la bienveillance, valeur
observée à Nuit debout, je notais par exemple qu’il n’était plus possible de
huer à l’ancienne un type venu servir un discours de préférence nationale. À
quoi servait donc la bienveillance si ce n’était plus une qualité relationnelle
à construire entre camarades mais une obligation sociale, un genre de droit
humain dû même aux fachos ?
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samedi, 22 avril, 2017
Par Aude le samedi, 22 avril, 2017, 20h14
Je les avais vues
de loin pendant des semaines, ces affiches électorales, parfois à moitié
arrachées. Mais c’est hier que le détail m’a sauté aux yeux. C’est vrai que le
personnel politique ne se caractérise pas par sa ressemblance avec le reste du
pays. Pour la plupart ce sont de vieux mecs blancs bourgeois. Mais vieux à ce
point ?

Même Macron, qui
a environ l’âge médian constaté en France (c’est dire s’il est jeune !), a
sur les affiches un visage marqué par les rides. On ne voit qu’elles,
rétrospectivement. Pattes d’oie ou front parcheminé, tou.tes les candidat.es ou
presque les arborent fièrement. À se demander si elles n’ont pas été accentuées
par un logiciel de retouche bien connu…

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mercredi, 28 décembre, 2016
Par Aude le mercredi, 28 décembre, 2016, 11h57
Un article paru en juin 2016 dans le n°23 de Moins!, journal romand d'écologie
politique et qui reprend une partie de ma brochure sur le revenu garanti.
J'ai édité dans mes jeunes années une brochure qui faisait la promotion du
revenu garanti : comment « perdre sa vie à la gagner » (1),
expliquaient de jeunes écologistes proposant plutôt de rester au lit pour
« transformer son temps en bonheur en tranches ». Presque quinze ans
après, parmi les rédacteurs et rédactrices de ces textes, beaucoup sont
engagé-e-s dans des activités bassement productives et rémunérées :
maraîchage, enseignement du français langue étrangère, soin aux enfants
handicapés… Il y avait finalement de quoi faire sans pourrir la planète.
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vendredi, 4 novembre, 2016
Par Aude le vendredi, 4 novembre, 2016, 09h13
Et moi je suis arrivée à un point dans ma vie où je
ne vais pas tous les jours faire des séances de photo dans des prairies
fleuries au lever du soleil avec des femmes à la beauté stéréotypée mais où
j'ai un avis à partager sur ce genre de propos consensuel.
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lundi, 5 septembre, 2016
Par Aude le lundi, 5 septembre, 2016, 07h27
Le constat est partagé : la société dans laquelle nous vivons est
pathogène. Sédentarité, stress, pollutions diverses rendent nos corps malades.
Quant à notre psychisme, il semble mal en point. Dans les milieux alter-écolos,
je ne sais s'il s'agit de coaching psy pour maximiser son bien-être ou de
soigner des maladies mentales mais j'ai l'impression de ne croiser que des
patient-e-s accros à leur séance de psychothérapie (de la psychiatrie aux
thérapies « alternatives »).
Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même (et pour soi-même), c'est
dans ces milieux politiques-là que le problème est adressé le plus
frontalement, au point que tout un business du bien-être s'y est développé, de
la lampe au sel de l'Himalaya aux pratiques de développement personnel – dont
le discours reste très critique des travers du monde contemporain. Dans une
enquête sur des personnes conjuguant avec l'écologie leur intérêt pour le
développement personnel, le sociologue Nicolas Marquis (1) a montré les
« grammaires du changement » qu'elles ont dans tête et dans
lesquelles le « travail sur soi » est un moteur important de
changement social.
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dimanche, 31 juillet, 2016
Par Aude le dimanche, 31 juillet, 2016, 04h09
Article paru dans CQFD n°141,
mars 2016
Certes, la plupart d’entre nous n’attendait
rien de toi, Parti socialiste. Mais le quart d’inscrits égarés qui t’a porté au
pouvoir a dû sérieusement être déçu. Transition écologique, préservation des
espaces naturels, lutte contre le changement climatique et la pollution de
l’air, du sol et des eaux… Où en sommes-nous ? Ta présidence n’est pas
synonyme de simple dégradation de notre patrimoine naturel commun. Non, tu as
bien su le valoriser, au point qu’il a gonflé quelques portefeuilles.
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mardi, 19 juillet, 2016
Par Aude le mardi, 19 juillet, 2016, 11h46
Stupeur en ce début d'année 2016, quand Sony Pictures dévoile les premières
images de son reboot Ghostbusters, produit par Ivan Reitman et dans
lequel apparaissent les acteurs et co-auteurs du film original (à l'exception
de Harold Ramis, décédé en 2014). Malgré le parrainage de l'équipe originale,
le public s'étrangle d'indignation. Ce nouveau Ghostbusters a-t-il
annoncé être composé de longues digressions façon cours de physique ?
Met-il en scène des fantômes à la Casper, trop gentils pour nous faire
sursauter ? Les nouveaux chasseurs de fantôme sont-ils tous les quatre les
acteurs les plus détestés de Hollywood, spécialisés dans des rôles de serial
killer ? La bande annonce est-elle assurée par Doris Day ? Non, ce
qui déclenche cette tempête, c'est que les personnages principaux sont tous
féminins. Rendez-vous compte, quatre femmes, alors qu'une suffit souvent à
rétablir l'équilibre (avec un Noir et un nerd).

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samedi, 2 juillet, 2016
Par Aude le samedi, 2 juillet, 2016, 12h11
Il y a quelques semaines, dans une exposition des affiches féministes
recueillies par le collectif La
Rage, j'ai eu le désagrément de voir posé le message que voici

au-dessus de l'affiche que voilà.

Non pas à côté mais au-dessus, cachant en partie l'affiche.
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lundi, 20 juin, 2016
Par Aude le lundi, 20 juin, 2016, 12h43
Autour de moi j’ai pu étonner mon monde en racontant combien je m’étais plus
épanouie dans un travail normal que dans les multiples activités bénévoles
beaucoup plus intéressantes et riches de sens que je menais et qui m’ont permis
de rencontrer des gens formidables. Ça a des airs de paradoxe, que j’aie
préféré m’enfermer tous les jours au 7e étage dans une grosse institution à
faire un peu de com plutôt que livrer tous les six mois L’An 02,
travailler sur On achève bien les éleveurs ou écrire
Égologie. Ce sont pourtant trois belles réalisations, pour lesquelles
je reçois beaucoup de reconnaissance. Ma production au 7e étage est loin de
mériter les mêmes louanges, même si j’ai eu la chance qu’on me glisse un mot
d’appréciation. Et pourtant, si je devais choisir une activité pour le reste de
la vie, je choisirais le 7e étage – un peu triste tout de même de ne plus avoir
le temps de m’impliquer dans des œuvres plus importantes aux yeux des autres et
des miens. C’est un mystère, que cette appréciation ne suffise pas à me les
faire préférer.
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mardi, 5 avril, 2016
Par Aude le mardi, 5 avril, 2016, 11h01
Voici quelques répliques que j'aurais aimé placer au bon moment.
« L'AAH ? Mais c'est gé-nial ! » ─ « C'est 800
euros, le montant de ton loyer, alors imagine un peu ma vie. »
« C'est super, d'être au chômage volontaire comme tu fais. » ─
« Nous nous rencontrons pour la première fois et si tu m'avais demandé
pourquoi j'étais au chômage, je t'aurais répondu que je ne trouve pas de
travail. »
« Toi, tu n'aimes pas travailler. » ─ « Derrière toi il y a
un ordi d'occasion qui rame un peu, sur un secrétaire. Je m'y assieds à
7 h tous les matins et j'ai du mal à décoller avant d'avoir répondu à
toutes les sollicitations, vers 15 h. Je travaille bénévolement à
coordonner une revue qui sort tous les semestres, à solliciter auteur·es et
prestataires, avec d'autres bénévoles qui ne font pas leur part du boulot et
n'ont jamais envisagé de me rémunérer. » (Celle-là, j'ai réussi à la
dégainer à temps.)
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vendredi, 25 mars, 2016
Par Aude le vendredi, 25 mars, 2016, 17h51
Les usages contemporains mettent en avant « une autonomie qui consiste à
donner aux individus le sens de l’initiative, tout en leur faisant porter la
responsabilité de se débrouiller "librement". […] À contre-courant donc de tout
ce qu’enseigne la philosophie politique classique [qui] considère l’autonomie
comme une liberté incarnée dans la capacité à se poser des règles, [à] savoir
limiter sa puissance »
Lou Falabrac, « Ma mairie est-elle devenue gauchiste ? Quand les élites vantent
l’autonomie », L'An 02, n°7, printemps 2015.
Lors des quelques entretiens d'embauche qu'il m'est arrivé de faire, je ne me
suis jamais présentée comme une personne « autonome ». Si la question m'est
posée, j'explique que j'apprends facilement et que je m'adapte mais
certainement pas que je me donne à moi-même ma propre loi, comme c'est le sens
du mot « autonomie ». La loi, c'est celle des recruteurs, je l'accepte parce
que ça m'arrange mais qu'ils se débrouillent avec leurs scrupules.
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samedi, 27 février, 2016
Par Aude le samedi, 27 février, 2016, 22h49
Nous rêvons peut-être tou·tes mais nous ne rêvons pas de la même façon. À
l'instar des personnes qui ne nettoient pas leurs chiottes elles-mêmes et font
appel pour cela aux services de femmes peu fortunées, il est loisible de rêver
par procuration si l'on a autour de soi un sac à rêves. Comment donc fonctionne
le sac à rêves ?
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mardi, 23 février, 2016
Par Aude le mardi, 23 février, 2016, 17h27
On parle beaucoup des « personnes les premières concernées » mais
rarement des « deuxièmes concernées ». J'ai déjà écrit à ce
sujet : les prostituées sont certes les personnes les premières concernées
par leur activité mais la prostitution et sa reconnaissance gravent dans le
marbre la disponibilité des femmes aux hommes, du male entitlement à la
culture du viol. Les autres femmes sont elles aussi concernées par ce que fait
la prostitution à la société qui la réprime ou qui l'accepte (sachant que la
France fait les deux, réprimant des prostituées dont elle soumet le revenu à
l'impôt).
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jeudi, 4 février, 2016
Par Aude le jeudi, 4 février, 2016, 10h46
Je suis une féministe « victimaire » comme on se plaît à les dénigrer.
C’est-à-dire que, loin de nier les rapports de domination et de renvoyer les
victimes à leur capacité de se prendre en main et d'assumer (voir
illustration), je comprends que des situations de domination, d’exploitation ou
de discrimination enferment, rendent parfois impossible pour les victimes
l’exercice de toutes leurs facultés et renvoient les bourreaux à leurs
responsabilités. Les victimes subissent, parfois acceptent mais ne consentent
pas et cela ne dédouane pas ceux et celles qui profitent de leur vulnérabilité.
J’aimerais rappeler ici le sort fait aux victimes.
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mardi, 2 février, 2016
Par Aude le mardi, 2 février, 2016, 17h40
Depuis les attentats, la France a peur.
Magnanimes, ses gouvernants durcissent un appareil juridique qui, semble-t-il,
suffisait amplement. Mais la France a aussi peur de mourir d’un cancer (ce qui
est plus probable) et ses gouvernants ne font rien. S’attaquer aux lobbies pour
élaborer une politique de santé environnementale décente a de quoi déplaire à
des intérêts qui ont l’habitude d’être très bien servis. Il serait d’autre part
naïf de penser que l’État réagit parce que nous sommes
attaqué-e-s. C’est parce qu’il est attaqué, lui. C’est parce que le
terrorisme remet en cause sa prétention à nous protéger, sa raison d’être,
qu’il réagit avec une telle vivacité. À voir la tête du premier ministre, il a
moins peur qu’il n’est (tout bêtement) vexé. Le contrat social, protection
contre soumission, exige de sérieuses rodomontades quand c’est au titre de
cette soumission que nous sommes attaqué-e-s. Que nous
le soyons à titre individuel et le crime de lèse-majesté disparaît. J’ai
ainsi croisé la route, le 14 novembre, d’un homme qui fauche délibérément des
cyclistes et aux dernières nouvelles il conduit toujours sa Clio dûment
identifiée. Ni vous ni moi n’aimerions pourtant croiser son chemin mais
la répression qui se présente à tort ou à raison comme anti-terroriste est
prioritaire dans le travail de la police.
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jeudi, 24 décembre, 2015
Par Aude le jeudi, 24 décembre, 2015, 08h01
Il y a quelques temps, une copine me disait combien le travail, c’est la
mort. Des suicides sur le lieu de travail (qui arrivent par vagues dans les
médias) aux burn-out, de la vulnérabilité que la hiérarchie crée face au
harcèlement à la dépossession dont témoignent tant et tant de gens du métier,
il semble qu’il n’y ait rien à défendre dans l’organisation du travail
aujourd’hui. Est-ce une raison suffisante pour taper dans le dos d’une chômeuse
comme moi en la félicitant de ne pas être employée ? Peut-être pas, aussi ai-je
répliqué à ma pote que le chômage, c’est la mort.
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mardi, 8 décembre, 2015
Par Aude le mardi, 8 décembre, 2015, 10h38
D’habitude, je ne vote pas. Si mes ancêtres se sont battus pour quelque
chose, c’était pour mener une vie digne, pas pour distribuer des cartes
blanches à leurs gouvernants sur la base de questions mal posées. Mais dimanche
je suis allée poser mon bulletin dans l’urne. D’abord parce que « malgré
tout l’intérêt que présente [mon] CV », cela faisait dix ans que je
moisissais au chômage quand j’ai été embauchée il y a six mois par le groupe
des élus verts au Conseil régional Nord-Pas de Calais. Autant ces dix années
avaient entamé mon optimisme sur la possibilité de créer des alternatives au
capitalisme qui n’en reproduisent pas la violence, autant je leur suis
reconnaissante de ne pas m’avoir jugée sur les mêmes critères que les gentilles
assos chez lesquelles je postulais sans succès. Ensuite parce que, pendant le
peu de temps où je les ai côtoyés, la plupart des élus de ce groupe ont su
gagner une estime que j’accorde chichement. Certes nos visions ne s’accordent
pas tout à fait mais ils et elles correspondent assez largement à ce que les
spectateurs de ma conférence sur les élections
me disent attendre de leurs élus : être réglos et faire leur boulot.
What else?
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lundi, 16 novembre, 2015
Par Aude le lundi, 16 novembre, 2015, 09h10
Parmi la litanie
de faits désespérants, il en est qui intriguent et inquiètent, quand bien même
ils sembleraient anecdotiques. Ainsi les agressions d’automobilistes sur
cyclistes. Cela fait vingt ans ce mois-ci que je fais du vélo en ville
(Décembre 1995 a commencé en novembre) et je suis plus que familière avec
l'insouciance qui consiste à arbitrer entre quelques secondes de gagnées et la
mise en danger d’une personne à vélo. Mais au-delà de la négligence et de
l’incivilité souvent constatées, il s'agit d'insulter, de menacer, de descendre
pour frapper un cycliste ou d’utiliser comme arme par destination
(1) une tonne de métal motorisée. L’occasion est arrivée de
mettre noir sur blanc les vagues cogitations suscitées par la prise de
conscience que ce phénomène a pu prendre une certaine ampleur.
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mercredi, 14 octobre, 2015
Par Aude le mercredi, 14 octobre, 2015, 11h42
« Mon argent, mon argent, à quoi l’emploierai-je ? Acheter des meubles
pour la maison ? Mais je n’y suis jamais dans la maison. À quoi bon l’aménager
? Je ne la connais plus. Acheter de bonnes nourritures, mais je n’ai plus le
temps de les préparer comme il faut. Le dimanche ? Ah non, je suis trop
fatiguée pour me mettre à la cuisine que d’ailleurs je ne sais plus faire.
» Émouvant témoignage d’une femme des années 60 sur la malédiction du travail
salarié... Oh no, wait, c’est Jacques Ellul, père de famille, auteur
de dizaines d’ouvrages et longtemps salarié à l’IEP de Bordeaux, qui parle.
Dans Exégèse des nouveaux lieux communs, le pape de la technocritique
consacre quelques pages à l’idée reçue selon laquelle « La femme trouve sa
liberté dans le travail » et vole la voix d’une mère de famille pour lui
expliquer avec des accents sensibles qu’on ne lui verra plus dans le reste de
son œuvre (magie de l’écriture au féminin) qu’elle est mieux soumise à un mari
qu’à être harcelée sexuellement par un contremaître, que la maison sans elle
est froide et vide (on y reviendra), que les femmes soviétiques sont manœuvres
et cantonniers, beurk. Etc.
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vendredi, 21 août, 2015
Par Aude le vendredi, 21 août, 2015, 09h44
« Chacun devient son propre maître et n'a plus de compte à rendre qu'à
lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à
sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l'inverse, à son sentiment
d’insuffisance, à son échec personnel. L'individu qui ne dispose pas de solides
ressources intérieures pour s'ajuster et investir les événements de
significations et de valeurs, qui manque d'une confiance suffisante en lui, se
sent d’autant plus vulnérable et doit se soutenir par lui-même à défaut de
l'être par sa communauté. Souvent il baigne dans un climat de tension,
d'inquiétude, de doute, qui rend la vie difficile. Le goût de vivre n'est pas
toujours au rendez-vous. »
David Le Breton, entretien dans
Hors-sol n°3, été 2015.
L'une des grandes libertés que nous offre le monde contemporain est de
pouvoir choisir les relations plutôt que les subir. Relations amoureuses,
amicales (et de voisinage si on a bien cultivé l'entre-soi) ne nous sont plus
imposées mais livrées à notre désir et à ses mouvements.
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