Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Environnement

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mercredi 19 août 2015

Une histoire populaire de l'humanité

Chris Harman, Une histoire populaire de l'humanité. De l'âge de pierre au nouveau millénaire
Traduit par Jean-Marie Guerlin, La Découverte Poche, 2015 (2011)
720 pages, 15 €


« On me demande souvent, disait Howard Zinn, s'il existe un livre équivalent à mon Histoire populaire des États-Unis pour l'histoire du monde. Je réponds toujours qu'il n'en existe qu'un qui accomplisse cette tâche particulièrement délicate : celui de Chris Harman. » Une histoire populaire de l'humanité, par un auteur spécialement attentif aux mouvements révolutionnaires, donne l'occasion de revenir sur des moments marquants de l'histoire sociale et politique, plus compréhensive envers les classes laborieuses et les révolté-e-s de toute sorte, moins attachée au grands hommes qui semblent ailleurs seuls capables de faire se mouvoir des foules inertes (1).

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lundi 20 juillet 2015

Brut

Brut. La Ruée vers l’or noir, David Dufresne, Nancy Huston, Naomi Klein, Melina Laboucan-Massimo et Rudy Wiebe, Lux éditeur, Montréal, 2015, 108 pages, 12 €

Du brut. Par millions de barils. Ou comment donner à voir l’exploitation des sables bitumineux du Canada. Barils, dollars, gaz à effet de serre, degrés de réchauffement… On connaît l’histoire mais voici une invitation à en découvrir jusqu’aux acteurs les plus modestes, en un livre composite où se mêlent reportage, témoignage, plaidoyer et littérature, et autant de voix. Fort McMurray, dans le Nord-Est de l’Alberta, est la capitale de ces hydrocarbures que l’on dit non-conventionnels : leur exploitation, plus polluante et plus coûteuse que partout ailleurs, souille 90 000 km2 de terres et le bassin du fleuve Mackenzie, l’une des principales sources d’eau douce au monde. Dans des mines à ciel ouvert, des camions de trois étages chargent ce mélange de sable, d’argile et de bitume. Moins visible, l’exploitation par forage consomme plus d’eau et relâche plus de produits toxiques. Le transport par pipe-line, ensuite, déverse lors de fuites régulières des millions de litres jusque dans l’océan Pacifique.

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mardi 23 décembre 2014

Ni barrage ni extractivisme : les luttes socio-environnementales en Malaisie

Une présentation de mon travail sur la Malaisie et Bornéo dans "Zoom écologie", l'émission d'écologie de RFPP, 106.3 à Paris, à l'invitation des Radioactifs/ves. Pour les reportages écrits, suivre le tag "Asie".

mardi 18 novembre 2014

Extractivisme et développement : écologie de la Malaisie (1)

Là où les moussons se rencontrent

C'est le 11e pays le plus visité au monde, juste derrière la Thaïlande. Comme la France, carrefour de l'Europe occidentale à la rencontre des mondes latins et germaniques, la Malaisie bénéficie d'une position géographique privilégiée, entre mer de Chine et océan Indien. Les moussons ont permis pendant des siècles aux marins et aux marchands chinois de descendre jusqu'au sud de la péninsule malaise et d'y rencontrer ceux des mondes indiens et arabes, poussés par d'autres vents. Le caractère multiculturel de la société malaisienne aujourd'hui est aussi l'héritage de la colonisation du pays et de l'exploitation de ses ressources naturelles par les Britanniques. Fortement stigmatisée dans les années 1980 et 1990, pendant lesquelles elle fut le deuxième exportateur mondial de bois tropicaux (pour une surface équivalent à une moitié de France !), la Malaisie ne s'est jamais remise de l'usage qui a été fait d'elle sous l'ère coloniale : un réservoir de richesses naturelles à piller. Le caoutchouc et l'étain ont été remplacés par le palmier à huile et le pétrole, mais les structures extractivistes (1) ne changent pas, dans les effets de la rente qu'elle produit et dans sa redistribution, dans le rapport à la Nature et au temps long.

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lundi 17 novembre 2014

Extractivisme et développement : écologie de la Malaisie (2)

Le rojak malaisien

La Malaisie, l’état des Malais ? Ou à partir de quand est-on bumiputera, fils de la Terre ? L’appellation englobe les communautés autochtones, Orang Asli de la péninsule et Orang Asal de Bornéo, les deux expressions ne rendant pas compte de la variété des peuples qui vivent de et dans la forêt. Mais avant tout les Malais, synonyme ici de musulmans : le peuple de marins islamisé après le XIIe siècle, dont la langue a des racines communes avec le malgache ou le tagalog philippin, mais encore les populations indiennes, thaï ou philippines à condition qu’elles soient musulmanes (1). Et enfin les Peranakan, métis chinois (les Baba Nyonya ou Chinois des détroits qui sont bouddhistes ou chrétiens), indiens ou arabes. Et les Eurasiens, qui font état plus souvent d’ascendances portugaises que néerlandaises ou britanniques, les trois puissances coloniales qui se sont succédées depuis le XVIe siècle. Même si l’État n’admet pas de différence entre ses sujets, toutes ces communautés reconnues comme autochtones bénéficient d’un ensemble de lois qui doivent assurer leur non-discrimination économique (2).

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jeudi 17 juillet 2014

La Malaisie continue à manifester contre l’usine de terres rares de Lynas

Ils sont venus de toute la péninsule ce 22 juin, pour continuer à faire de l’usine Lynas de terres rares le plus gros dossier environnemental en Malaisie. 1,2 million de signatures ont été recueillies contre le projet, dans un pays de 30 millions d’habitants. Lynas concentre toutes les frustrations contre un gouvernement au pouvoir depuis l’indépendance et qui ne cède rien, en dépit d’accusations de corruption et de mauvaise gestion.

En mars 2010, les Malaisiens apprennent dans le New York Times l’installation d’une usine australienne de traitement de terres rares à Kuantan, dans l’état de Pahang, sur la côte est de la péninsule. Tout a été vite expédié entre le gouvernement et Lynas, un acteur relativement petit à l’échelle internationale, mais qui a le projet d’ouvrir l’une des plus grosses usines au monde. Les études d’impact environnemental ont été approuvées en quelques semaines, le gouvernement fait cadeau de dix ans de contributions fiscales, les travaux peuvent commencer. C’est alors que commence une mobilisation résolue et organisée, menée par deux grandes organisations : Himpunan Hijau (rencontre verte, en malais) pour la mobilisation de terrain et Stop Lynas, Save Malaysia qui mène une guérilla administrative et juridique.

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lundi 23 juin 2014

À Bornéo, les droits communautaires autochtones au secours d’un bien commun mondial

Marudi, ancien chef-lieu colonial de l’intérieur des terres, aujourd’hui une petite ville reliée aux villes de la côte par la sinueuse rivière Baram ou par une route toute récente mais déjà défoncée et deux passages de bac au coût exorbitant. Dans les modestes bureaux de Sahabat Alam Malaysia (SAM, Friends of the Earth Malaisie) où s’affairent des salariés issus des peuples Iban ou Kayan, un tableau récapitule une partie des 300 procès en cours contre le gouvernement de l’état du Sarawak. Il s’agit parfois de procès de militants, mais la répression aujourd’hui est moins dure que dans les années 1980 et 1990, pendant lesquelles la déforestation avait atteint des proportions inédites, et la Malaisie, grande comme une moitié de France, était le deuxième exportateur mondial de bois tropicaux. Désormais les procès sont plus souvent ceux que les peuples natifs mènent pour le respect de leurs droits communautaires, les native customary rights (NCR), contre les autorités.

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dimanche 22 juin 2014

En Malaisie, un barrage inutile menace la survie de peuples indigènes

Elles sont là depuis le 23 octobre 2013, bloquant la route qui mène au site sur lequel doit être construit le barrage de Baram, dans l’État du Sarawak, en Malaisie. Issues des peuples Kayan, Kenyah, Penan ou Kiput, ce sont en tout 20.000 personnes qui sont menacées par le barrage le long de la rivière et des affluents où elles vivent. Elles se relaient à Long Lama, le site du blocage, aidées par les voisins du peuple Iban.

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mercredi 11 juin 2014

Vaches, cochons, poulets et TAFTA

C’est la course aux aliments les plus efficaces pour permettre aux bêtes de grossir vite et à moindre frais. Mon premier contient « 25 à 50 % de protéines brutes et de 55 à 60 % de substances nutritives digestives, le tout sur matière sèche, et est riche en minéraux essentiels ». Il s’agit de l’excrément de poulet, défendu dans une étude pour la Food and Drugs Administration américaine en 2001 par deux chercheurs de l’université de Virginie (voir « Utilisation of Poultry Litter as Feed for Beef Cattle »). Vache folle oblige, et car les poulets eux-mêmes sont nourris aux restes de bovins, en 2003 la FDA interdit la pratique pour l'alimentation bovine… pour l’autoriser de nouveau sous la pression de l’industrie. Seule précaution, puisque « les excréments de poulet sont une source potentielle de micro-organismes pathogènes » (rappel : on parle toujours de caca, bien que de caca alimentaire), « les excréments devraient être traités avant d’être donnés à manger ».

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samedi 5 avril 2014

La Condition tropicale

La Condition tropicale, Francis Hallé, Actes Sud, 2010, rééd. poche 2014, 720 pages, 12,70 €

La zone intertropicale, c'est cette partie de la Terre qui est située entre les latitudes 23° 27' 8" nord et sud et, en raison de la légère inclinaison de l'axe terrien, reçoit en permanence les rayons directs du soleil, comme dans notre Nord pendant l'été. Elle représente 40 % de la surface terrestre et ne connaît pas d'hiver. Des températures qui peuvent être fraîches à mesure que l'on monte en altitude, mais pas de saison végétative pendant laquelle le froid mettrait à mal l'activité parasitaire. Sous les tropiques, la faune et la flore, dit-on, sont "exubérantes", non-soumises aux contraintes externes des hautes latitudes. Espèces végétales et animales s'y développent sans autre souci que leurs prédateurs, ce qui est l'occasion d'une grandiose variété biologique. Les écosystèmes agricoles sont à l'avenant, comme cette agroforesterie, extrêmement intensive et durable, à laquelle est accordée un long développement. Les activités microbiennes et bactériennes également, le tout ne faisant de la vie tropicale ni un paradis terrestre (pour naturaliste ou touriste), ni un enfer grouillant, mais quelque chose entre les deux. C'est à un autre regard sur les tropiques que nous invite l'auteur, botaniste spécialisé dans les arbres de cette région (il a survolé la canopée tropicale sur le fameux radeau des cimes) et fort d'une expérience de quarante ans de terrains qui l'ont mené de l'Afrique à l'Amérique du sud, et de l'Asie du sud à l'Océanie.

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