Mon blog sur l'écologie politique

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Tag - Environnement

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jeudi 17 juillet 2014

La Malaisie continue à manifester contre l’usine de terres rares de Lynas

Ils sont venus de toute la péninsule ce 22 juin, pour continuer à faire de l’usine Lynas de terres rares le plus gros dossier environnemental en Malaisie. 1,2 million de signatures ont été recueillies contre le projet, dans un pays de 30 millions d’habitants. Lynas concentre toutes les frustrations contre un gouvernement au pouvoir depuis l’indépendance et qui ne cède rien, en dépit d’accusations de corruption et de mauvaise gestion.

En mars 2010, les Malaisiens apprennent dans le New York Times l’installation d’une usine australienne de traitement de terres rares à Kuantan, dans l’état de Pahang, sur la côte est de la péninsule. Tout a été vite expédié entre le gouvernement et Lynas, un acteur relativement petit à l’échelle internationale, mais qui a le projet d’ouvrir l’une des plus grosses usines au monde. Les études d’impact environnemental ont été approuvées en quelques semaines, le gouvernement fait cadeau de dix ans de contributions fiscales, les travaux peuvent commencer. C’est alors que commence une mobilisation résolue et organisée, menée par deux grandes organisations : Himpunan Hijau (rencontre verte, en malais) pour la mobilisation de terrain et Stop Lynas, Save Malaysia qui mène une guérilla administrative et juridique.

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lundi 23 juin 2014

À Bornéo, les droits communautaires autochtones au secours d’un bien commun mondial

Marudi, ancien chef-lieu colonial de l’intérieur des terres, aujourd’hui une petite ville reliée aux villes de la côte par la sinueuse rivière Baram ou par une route toute récente mais déjà défoncée et deux passages de bac au coût exorbitant. Dans les modestes bureaux de Sahabat Alam Malaysia (SAM, Friends of the Earth Malaisie) où s’affairent des salariés issus des peuples Iban ou Kayan, un tableau récapitule une partie des 300 procès en cours contre le gouvernement de l’état du Sarawak. Il s’agit parfois de procès de militants, mais la répression aujourd’hui est moins dure que dans les années 1980 et 1990, pendant lesquelles la déforestation avait atteint des proportions inédites, et la Malaisie, grande comme une moitié de France, était le deuxième exportateur mondial de bois tropicaux. Désormais les procès sont plus souvent ceux que les peuples natifs mènent pour le respect de leurs droits communautaires, les native customary rights (NCR), contre les autorités.

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dimanche 22 juin 2014

En Malaisie, un barrage inutile menace la survie de peuples indigènes

Elles sont là depuis le 23 octobre 2013, bloquant la route qui mène au site sur lequel doit être construit le barrage de Baram, dans l’État du Sarawak, en Malaisie. Issues des peuples Kayan, Kenyah, Penan ou Kiput, ce sont en tout 20.000 personnes qui sont menacées par le barrage le long de la rivière et des affluents où elles vivent. Elles se relaient à Long Lama, le site du blocage, aidées par les voisins du peuple Iban.

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mercredi 11 juin 2014

Vaches, cochons, poulets et TAFTA

C’est la course aux aliments les plus efficaces pour permettre aux bêtes de grossir vite et à moindre frais. Mon premier contient « 25 à 50 % de protéines brutes et de 55 à 60 % de substances nutritives digestives, le tout sur matière sèche, et est riche en minéraux essentiels ». Il s’agit de l’excrément de poulet, défendu dans une étude pour la Food and Drugs Administration américaine en 2001 par deux chercheurs de l’université de Virginie (voir « Utilisation of Poultry Litter as Feed for Beef Cattle »). Vache folle oblige, et car les poulets eux-mêmes sont nourris aux restes de bovins, en 2003 la FDA interdit la pratique pour l'alimentation bovine… pour l’autoriser de nouveau sous la pression de l’industrie. Seule précaution, puisque « les excréments de poulet sont une source potentielle de micro-organismes pathogènes » (rappel : on parle toujours de caca, bien que de caca alimentaire), « les excréments devraient être traités avant d’être donnés à manger ».

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samedi 5 avril 2014

La Condition tropicale

La Condition tropicale, Francis Hallé, Actes Sud, 2010, rééd. poche 2014, 720 pages, 12,70 €

La zone intertropicale, c'est cette partie de la Terre qui est située entre les latitudes 23° 27' 8" nord et sud et, en raison de la légère inclinaison de l'axe terrien, reçoit en permanence les rayons directs du soleil, comme dans notre Nord pendant l'été. Elle représente 40 % de la surface terrestre et ne connaît pas d'hiver. Des températures qui peuvent être fraîches à mesure que l'on monte en altitude, mais pas de saison végétative pendant laquelle le froid mettrait à mal l'activité parasitaire. Sous les tropiques, la faune et la flore, dit-on, sont "exubérantes", non-soumises aux contraintes externes des hautes latitudes. Espèces végétales et animales s'y développent sans autre souci que leurs prédateurs, ce qui est l'occasion d'une grandiose variété biologique. Les écosystèmes agricoles sont à l'avenant, comme cette agroforesterie, extrêmement intensive et durable, à laquelle est accordée un long développement. Les activités microbiennes et bactériennes également, le tout ne faisant de la vie tropicale ni un paradis terrestre (pour naturaliste ou touriste), ni un enfer grouillant, mais quelque chose entre les deux. C'est à un autre regard sur les tropiques que nous invite l'auteur, botaniste spécialisé dans les arbres de cette région (il a survolé la canopée tropicale sur le fameux radeau des cimes) et fort d'une expérience de quarante ans de terrains qui l'ont mené de l'Afrique à l'Amérique du sud, et de l'Asie du sud à l'Océanie.

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dimanche 23 mars 2014

La Guerre des forêts

La Guerre des forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, Edward P. Thompson, traduit par Christophe Jaquot et présenté par Philippe Minard, La Découverte, 2014, 200 pages, 15 euros


L'industrialisation de l'Angleterre a donné lieu à de nombreux conflits sociaux auxquels écologistes et anti-industrialistes font référence aujourd'hui. A côté des fameux Luddites, il faut citer les Diggers ou les Levellers. E. P. Thompson livre dans Whigs and Hunters (1) une étude des Blacks, dont les actions ont suscité la rédaction de lois d'une sévérité redoutable. Étaient désormais passibles de la peine de mort non seulement le braconnage de gibier et de poisson, le port d'armes et le fait de se grimer le visage en noir, mais aussi la récolte de tourbe et le glanage de petit bois. Thompson documente ces conflits, l'élaboration du Black Act de 1723, son application dans les décennies suivantes, et conclut avec une réflexion hétérodoxe sur le droit : arme au service des classes gouvernantes, comme le décrivent les historien-ne-s marxistes, le droit doit néanmoins donner des gages d'impartialité pour fonder sa légitimité. La force ne suffit pas, il faut aussi le consentement, assuré par la croyance d'être en retour protégé par une institution insensible (ou peu sensible) aux rapports de pouvoir. Philippe Minard, dans sa présentation, « Les dures lois de la chasse », fait écho aux critiques essuyées par Thompson, aussi bien de la part des conservateurs/rices que des marxistes, et nous décrit ce penseur hors-normes, « romantique radical » en marge de l'université, animateur d'un centre d'histoire sociale à Warwick.

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lundi 3 mars 2014

A qui de nous faire préférer le train ?

Même aux USA, pays du libéralisme économique, il est possible de prendre le train à des prix qui ne font pas dresser les cheveux sur la tête. Et heureusement, car si les cars (1) Greyhound ont une belle réputation, que l'on doit à des films hollywoodiens comme Macadam Cowboy, il faut revoir ce film et les autres avec un peu moins de paillettes dans les yeux : le Greyhound, c'est pour les pauvres et tou-te-s celles qui ne peuvent pas faire le trajet en avion. L'imaginaire américain prétend que vous aurez de fortes chances de faire le voyage (interminable) aux côtés d'une personne malodorante et/ou en grande détresse. Au Canada, un voyageur a ainsi fini son trajet la tête coupée par son binôme de car (faut dire que c'est long). Le plus grand désagrément que j'aie connu, c'est de faire les deux heures entre Seattle et la capitale de l'état dans un car aux vitres tellement crades que je n'ai pas pu voir le Mt Rainier de plus près. Ah, oui, et la demi-heure de queue avec un vigile grossier qui nous a demandé d'ouvrir nos bagages à main pendant qu'il commentait le contenu – des bagages des passager-e-s du wagon à bestiaux précédents. C'est le genre d'expérience qu'on apprécie d'avoir fait, mais qui ne vaut pas la peine d'être répétée.

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lundi 13 janvier 2014

Berlin, pauvre mais sexy

Paru dans L'An 02 n°5, fin janvier autour du dossier « Alerte aux territoires ! »

Pour certain·e·s c'est la faute aux hipsters, ces classes « créatives » mondialisées, relativement aisées (si l'on compare à une famille ouvrière d'origine turque) et qui peuvent décider d'un jour à l'autre de quitter Melbourne ou New York pour Berlin, « paradis hédoniste où la bière est moins chère que l'eau, les drogues faciles à se procurer et la meilleure musique techno du monde accessible chaque nuit de la semaine » (1). Pour d'autres c'est la faute aux Souabes et autres Bavarois·es, cadres des régions riches du sud dont les entreprises ont enfin tourné leur attention vers la capitale et qui l'ont investie avec leurs costumes bien coupés, leurs attaché cases et leurs Land Rovers.

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dimanche 12 janvier 2014

Gosses de Berlin

Ou « Scie j'avais un marteau... »

Paru dans L'An 02 n°5, fin janvier

Wedding, un quartier au nord-ouest de Berlin. Jadis rouge, toujours populaire : le multiplexe du quartier diffuse des films turcs en VO et des blockbusters doublés en allemand. Les enfants d'ici viennent souvent d'ailleurs. Qu'il neige ou qu'il pleuve, ils et elles sont tou·te·s les bienvenu·e·s dans un « terrain de jeux et d'aventures » et une « ferme des enfants » ouvertes cinq et six jours sur sept. Le premier est créé en 1973, quand un projet de construction de terrains de tennis est refusé par une « initiative citoyenne », un dispositif propre au pays, qui lui oppose la création d'un terrain de jeux. Dix ans plus tard, c'est une ferme qui est ouverte à côté. Les deux sont animés par des salarié·e·s, épaulé·e·s par des bénévoles, pour presque une centaine d'enfants de moins de quatorze ans qui passent chaque jour. Le matin des jours de classe, des écoles viennent découvrir les lieux. Le reste de la journée, la porte reste ouverte à tou·te·s, pour retrouver les copains/ines ou pour des ateliers (cuisine, poterie, petite menuiserie, jeux de société, etc.).

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lundi 18 novembre 2013

Carbon Democracy

A propos de Timothy Mitchell, Carbon Democracy. Le Pouvoir politique à l'ère du pétrole, traduit par Christophe Jaquet, La Découverte, 2013, 336 pages, 24,50 euros

Il est une question qui apparaît bien peu dans les discours protectionnistes, c'est celle des conséquences économiques de notre addiction au pétrole. Puisque nous n'en produisons pas, mais que nous en consommons beaucoup, il nous faut bien trouver de quoi l'acheter sur le marché mondial, en produisant à notre tour et exportant (des armements ?) de quoi équilibrer la balance, ce qui nous contraint à nous engager dans une longue série d'échanges plus ou moins avantageux. Ceci dit non pas pour désavouer le protectionnisme, mais pour me permettre d'avoir enfin de quoi étayer ma ferveur mal informée pour cette position politique. Car on parle beaucoup de pétrole, pour dire que c'est la malédiction des pays producteurs (à part la Norvège ?) ou pour regretter que son prix soit trop ou pas assez élevé, mais rarement pour aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons avec la même acuité que celle dont fait preuve ici Timothy Mitchell. Autant le dire tout de suite, son ouvrage Carbon Democracy est une autre, indispensable et vivifiante, histoire du XXe siècle.

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