Un paysage contrasté

L’accès à la PMA pour les couples de lesbiennes et les femmes célibataires est réclamé par de nombreuses associations au nom de l’égalité quelle que soit l’orientation sexuelle, au motif que ces techniques sont autorisées depuis longtemps (voir encadré) pour les couples hétérosexuels, et au nom de l'état de fait : elles sont déjà utilisées par des femmes et des lesbiennes se déplaçant en Belgique ou en Espagne. Dans le milieu écolo c’est principalement Europe Écologie Les Verts qui relaie ces revendications (1).

S'appuyant sur leur critique de la technique, écologistes et anti-industrialistes s'opposent à la PMA comme au mariage pour tou·te·s. Le journal La Décroissance relaie des voix d'opposants (2), dont Pièces et main d’œuvre (3) puis Alexis Escudero, l'auteur d'une enquête sur la « reproduction artificielle de l'humain » (4). Hervé Kempf, qui accueille sur reporterre.net des contributions souvent proches d'EELV mais dans l'ensemble défavorables (5), pose les termes du débat : « Les effets [de la technique] sont, selon les écologistes, à la fois néfastes pour l’environnement [...] et aliénants [...]. Or la PMA s’inscrit pleinement dans cette analyse » ; il en appelle à un débat clair autour des enjeux « écologique[s] », qui seraient les seuls dignes d'entrer en ligne de compte (6).

Et s'il était encore possible de dialoguer, en précisant nos griefs à l'encontre de la PMA ? C'est un ensemble de techniques (voir encadré) qui correspondent à des degrés de médicalisation différents, et dont toutes ne sont pas sujettes à une dérive eugéniste et marchande. Chez les opposant·e·s comme chez les partisan·e·s, la confusion est de mise, avec des conséquences regrettables.

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