Elles sont fermement enracinées ou voyageuses, mères de famille ou solitaires, jeunes filles ou vieilles dames, autochtones ou d'origine européenne, engagées en tant que féministes ou écologistes, en prise avec la wilderness ou avec des espaces cultivés, la Nouvelle Angleterre ou le Sud-Ouest américain. Elles écrivent en couple ou seules, elles enseignent la littérature ou mènent une ferme, elles sont scientifiques ou poétesses, en lien avec les mouvements littéraires de leur temps ou dans leur monde à elles, saluées par un Pulitzer ou publiées sur le tard, pionnières du XIXe siècle ou contemporaines, mais elles écrivent toutes de la nature writing.

Elles s'appellent Susan Griffin (auteure de Woman and Nature. The Roaring Inside Her), Linda Hogan (poétesse chickasaw), Sally Carrighar (comparée à Rachel Carson pour la valeur scientifique et poétique de ses descriptions animalières), Marjorie Kinnan Rwalings (The Yearling), Barbara Dean (qui est aussi éditrice), Pattian Rogers (qui collectionne les prix de poésie), Theodora Stanwell-Fletcher (scientifique et environnementaliste), Susan Fenimore Cooper (fille de, citée par Thoreau dans son journal), Celia Laighton Thaxter (animatrice d'un salon littéraire fréquenté par Emerson et Hawthorne), Katharine S. White (éditrice au New Yorker), Laura Ingalls Wilder (auteure de La Petite Maison dans la prairie, mais aussi essayiste), Hannah Hinchman (illustratrice et essayiste), Mary Austin (The Land of Little Rain, récemment réédité chez les Mots et le reste), Mabel Dodge Luhan (qui fit découvrir le peuple pueblo à D.H. Lawrence), Leslie Marmon Silko (poétesse pueblo), Judith Minty (poétesse mohawk), Annie Dillard (auteur de Pilgrim at Tinker Creek, bien éditée en France par Christian Bourgois), Meridel Le Sueur (qui fit partie d'une communauté anarchiste avec Emma Goldman), Edna Brush Perkins (qui après le désert mojave décrivit le Sahara), Ella Higginson (parolière et poétesse), China Galland (Women in the Wilderness), Willa Cather (romancière), Ina Coolbrith (première Américaine à recevoir un prix de poésie et proche de Twain et d'Ambrose Bierce), Josephine Johnson (Now in November), Alice Walker (romancière célébrée et éditrice à Wild Trees Press), Edna St. Vincent Millay (poétesse environnementaliste et féministe), Maxine Kumin (Up Country. Poems of New England), Anna Botsford Comstock (Handbook of Nature Study), Barbara Meyn (cofondatrice de la revue écolo de poésie Green Fuse), Anne LaBastille (Woodswoman), Anne W. Simon (dont l’œuvre peut être comparée à celle de Rachel Carson), Adrienne Rich (Your Native Land, Your Life), Isabella Bird (A Lady's Life in the Rocky Mountains, que l'on trouve dans la petit bibliothèque Payot).

Le recueil Sisters of the Earth, édité en 1991 par Lorraine Anderson chez Vintage Books, s'attache à les faire connaître. Et l'on découvre que la nature writing n'est pas seulement une forme dans lesquelles les femmes aussi sont capables de s'exprimer, mais qui a même longtemps été jugée plus convenable pour elles que toute autre forme d'écriture.

NB : A noter, une sélection d'ouvrages sur le site Babelio, qui ouvre les frontières géographiques de la nature writing.