(C'est un peu technique, tant qu'on n'a pas le réflexe de repérer le chiffre de la route sur un panneau pour le chercher sur la carte, on ne va pas très loin, et c'est con de ne pas prendre la peine d'enseigner ça aux jeunes femmes, car elles seront souvent cantonnées au rôle de co-pilote).

Continuons avec les stéréotypes sur lesquels s'assoit la différence femmes/hommes dans le siècle qui est le nôtre :

Le rose est la couleur des petites filles, et le bleu celle des petits garçons.
Au XIXe siècle, les petites filles étaient dévouée à la vierge Marie, dont la couleur est le bleu pâle. En revanche les petits garçons, pour exprimer dès le plus jeune âge leur tempérament sanguin et leur violence intrinsèque, étaient habillés de rouge, plus précisément un rouge pâle (la jeunesse exigeant cette atténuation), une couleur qu'on appelle aujourd'hui le rose.

Les hommes ont une libido irrépressible, tandis que les femmes s'intéressent peu au sexe.
Au siècle des Lumières, les hommes étaient perçus comme froids, raisonneurs, inhibés par la civilisation. Les femmes en revanche n'avaient pas cette contrainte, leur tempérament était, à en croire la littérature, quasi-animal et très, très sexué. Des bombes hormonales ambulantes qui ne savaient pas résister à l'attrait d'un coup de vit. D'où vient qu'aujourd'hui le stéréotype s'est complètement renversé ? Mon opinion très personnelle sur le sujet est que ce ne sont pas les femmes qui n'aiment pas le sexe mais le sexe, tel qu'il est pratiqué le plus souvent, qui n'aime pas les femmes. L'histoire du clitoris depuis Freud (et lors de la révolution sexuelle) le laisse imaginer. Mais c'est sans compter que s'il est entendu que les femmes s'intéressent moins au sexe que les hommes, la pression sociale est forte pour qu'en effet ce ne soit pas le cas.

Les hommes sont plus grands et plus forts que les femmes.
Oui, c'est une vérité statistique : en moyenne les hommes sont plus grands et plus forts que les femmes. Mais tous les hommes ne sont pas plus grands et plus forts que toutes les femmes. Alors que les fabricant-e-s de chaussures et de vêtements restent dans la moyenne pour des raisons d'économies d'échelle, on les comprend, mais on a une fâcheuse habitude à confondre une moyenne avec une règle à suivre (ce sont les deux sens du mot norme), et à considérer que les grandes femmes et les petits hommes sont des aberrations. Qui ont peut-être eu la perversion de sortir du régime assigné à leur sexe : salade verte pour les femmes, steak pour les hommes.
Est-ce que les hommes mangent plus que les femmes parce qu'ils sont plus grands et plus forts, ou est-ce que les femmes sont moins grandes et moins fortes parce qu'on les a moins nourries pendant le tout le cours de leur vie ? On apprendra avec stupéfaction que beaucoup d'adultes donnent de plus petites rations alimentaires aux bébés filles qu'aux bébés garçons... Naturel, vraiment, que les petites filles soient moins grandes et fortes que leur camarades mieux nourris ?

En proclamant la naturalité de certains comportements, c'est nous-mêmes qui les gravons dans le marbre, qui en faisons des normes sociales d'autant plus fortes. Considérer par exemple que les femmes ont par essence le sens de l'empathie et du service aux autres, c'est refuser de considérer tout ce qui nous amène (nous les meufs) à tenir ces rôles : comportement des hommes, attentes sociales, attentes familiales, rétribution qui signale le comportement correct ou punition du comportement déviant... Donnons-nous un peu d'air et déconstruisons-nous mieux que ça. Sinon ça finit en débat sur le mariage homo, en grasses blagues, en hommes qui viennent de Mars ou en toutes sortes de violences faites aux femmes.

(1) La transition néolithique est un lent passage de pratiques de cueillette vers des pratiques de cueillette d'espaces plus ou moins entretenus et semés, et plus tard vers ce qu'on peut appeler l'agriculture.