jeudi, 4 décembre, 2025

Arroser là où c’est déjà mouillé

Ce mois-ci, celles et ceux qui en ont les moyens sont incité·es à soutenir des associations qui leur tiennent à cœur, associations militantes ou bien chargées de missions de service public mal financées par l’État. Et c’est un petit plaisir de savoir que c’est ça de moins que l’État n’aura pas pour financer sa prochaine guerre ou la nouvelle vaisselle de l’Élysée. Sauf que cette disposition n’est pas utilisée que par des ménages altruistes, c’est aussi une des stratégies de contournement de l’impôt des grandes entreprises.

Quand chacun·e donne de son côté, ce sont les causes les plus consensuelles qui sont privilégiées, aux dépens de celles plus difficiles, moins concrètes, plus lointaines. Lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, tout le monde s’était précipité pour donner. Lors de méga-feux en Amazonie brésilienne quelques semaines plus tard, une levée de fonds avait été tentée qui avait obtenu beaucoup moins de succès. Les actes dispersés et sous le coup de l’émotion ne rendent pas compte des priorités que des personnes qui se concertent seraient capables de mettre entre une église et une richesse naturelle indispensable à la préservation de nos conditions de vie à court terme. Ensemble on peut réfléchir aux moyens à réunir. Tout·e seul·e on suit ses premiers mouvements. Et tout le monde arrose là où c’est déjà mouillé.

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jeudi, 20 novembre, 2025

Devoirs des personnes et arbitraire de l’État

Il y a plus de deux siècles, le libéralisme triomphant promettait des droits à chacun. Les êtres humains (mâles) ne seraient plus sujets mais citoyens. Aujourd’hui les États libéraux n’ont plus à la bouche que les devoirs de leurs citoyens et citoyennes, à mesure qu’ils érodent leurs droits et en font... des sujets.

Le malaise se sent notamment dans le monde associatif. Nous avons depuis longtemps naturalisé le fait que l’État pouvait refuser des subventions aux opposants politiques du parti au pouvoir. Comme si en prenant le pouvoir un parti pouvait dévoyer l’État en le mettant tout à fait à son service. En Malaisie le parti au pouvoir entre 1956 et 2008 avait pris l’habitude de distribuer des aides aux particuliers dans ses propres locaux. Distribuer les aides CAF dans les locaux de LR choquerait quelque peu. Pour éviter toute dérive, les subventions au monde associatif (et aux entreprises d’ailleurs, qui reçoivent la plus grosse part des aides) doivent être attribuées selon des processus certes déterminés politiquement et qui peuvent évoluer au fil des alternances mais qui doivent être mis en œuvre de manière neutre (1). Et les seuls refus de principe doivent être réservés aux associations qui s’opposent par principe à l’État ou à l’État de droit, les anarchistes (qui n’en demandent pas) et celles d’extrême droite (qui ne devraient pas en recevoir car elles pratiquent une discrimination intenable en droit).

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dimanche, 16 novembre, 2025

Des valeurs pas très chrétiennes

Avant d’entamer ce billet, je voudrais préciser un peu d’où je parle. J’ai été élevée dans le catholicisme, baptisée et catéchisée. Je ne suis pas croyante et je n’ai pas le souvenir de l’avoir jamais été. Dans la pension privée catholique et béarnaise maltraitante (non, une autre) où j’ai fait une part de mes études secondaires, j’ai ainsi un jour pris à partie le catéchiste en lui faisant valoir le manque de crédibilité de ses histoires. Il m’avait répondu que c’était « un récit donné pour une société donnée ». Je n’avais pas été plus convaincue que ça mais comme il n’y avait pas grand chose à lire je m’enfournais par ailleurs des vies de saint·es en me disant que ce serait cool comme parcours de vie (mes motivations étaient bien plus vaines que mystiques). Aujourd’hui, dans ma famille comme dans mes cercles amicaux, je côtoie de farouches laïcard·es comme des diplômé·es en théologie engagé·es à gauche. Bref, je connais un peu le christianisme sans y adhérer ni le combattre de manière indiscriminée et je déteste autant les intégrismes religieux que l’intégrisme anti-religieux. Je déteste encore plus ce christianisme militant qui se drape dans sa religion sans en respecter aucun principe.

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dimanche, 19 octobre, 2025

La réforme des retraites ou trois leçons sur la démocratie

La réforme des retraites est un moment de déni de démocratie à plusieurs titres. Non seulement, comme l’a montré la constitutionnaliste Laureline Fontaine, le 49.3 de la première ministre pour se passer du vote du Parlement a été déclenché sans fondement, comme pour une simple loi de financement, alors qu’il s’agissait d’une réforme importante et non d’une reprise du fonctionnement annuel, ce qui interdisait d’avoir recours à une telle procédure d’adoption. Si la loi n’a pas été retoquée par le Conseil constitutionnel, toujours selon Fontaine, c’est en raison de la faiblesse grave de cette institution, trop proche du pouvoir et qui n’a pas les moyens de fonctionner comme le ferait un conseil de sages juristes (mais ça y est, on a la confirmation que son président a bien un DEUG de droit, un diplôme qui sanctionne deux années d’études).

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mardi, 14 octobre, 2025

Reductio ad generationem

Dans les temps reculés autour de l’an 2000, je militais dans le mouvement de jeunesse commun à plusieurs partis politiques et j’avais été envoyée pour répondre aux questions d’une journaliste sur jeunesse et politique. J’eus droit à ma photo dans le magazine et les platitudes que j’avais racontées tenaient sur un paragraphe, en regard avec celles des représentant·es d’autres mouvements. Il ne manquait rien, même si j’avais repéré quelques imprécisions. La journaliste, Hélène Marronnier, avait repris un sujet à la mode dans les rédactions : le renouveau de l’engagement politique des jeunes. Déjà. Déjà les jeunes étaient hyper conscient·es des problèmes du monde autour d’elles et eux et allaient se battre pour les régler, vous allez voir ce que vous allez voir. À l’époque, je trouvais déjà le sujet un peu bateau (avec sa jeunesse représentée exclusivement par des mouv de partis) et mal traité, notamment parce qu’à mon avis des questions intéressantes n’étaient pas posées sur la particularité de l’engagement des jeunes, le besoin d’entre-soi et de lier la politique et la vie de tous les jours. Pour moi, être dans un mouvement de jeunes, c’était l’autorisation de se tester et de dire et de faire beaucoup de trucs pas très malins mais qu’on ne regretterait jamais, de se faire des potes plutôt qu’un réseau (1), à un âge où on a le temps et où on est gourmand·e de relations sociales. Les mouvements écolo adultes étaient bien plus ennuyeux et exclusifs, on y existait par l’expertise ou on se contentait de tenir les murs.

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dimanche, 28 septembre, 2025

Le choix de ses martyrs

Melissa_Hortman_at_One_Minnesota_Budget_Bill_Signing_(cropped).jpg, sept. 2025Le 14 juin au milieu de la nuit, un homme se faisant passer pour un policier s’est rendu au domicile d’un membre du Sénat du Minnesota, John A. Hoffman, et a tiré sur lui, son épouse et leur fille. Plus tard il a sonné à la porte d’un autre élu qui était en vacances. Il a ensuite visé le domicile de la sénatrice Ann Rest mais une patrouille de police, ayant eu vent de l’attaque sur Hoffman, avait eu l’idée de s’assurer qu’elle était en sécurité et a croisé le faux policier avant qu’il ne s’éloigne. Enfin, un peu plus d’une heure après la première attaque, celui-ci est entré sous les yeux de la police dans le domicile de Melissa Hortman, sénatrice de l’État elle aussi (photo ci-contre), et l’a assassinée ainsi que son mari et leur chien. John A. Hoffman et sa famille ont survécu à leurs blessures mais Melissa Hortman et son mari sont mort·es sur le coup. Les quatre élu·es visé·es avec leur famille sont démocrates. L’assassin, Vance Boelter, est un républicain qui avait sur sa liste 70 autres cibles politiques, élu·es démocrates, associations comme le Planning familial états-unien et toute une manifestation contre la pratique monarchique de Donald Trump, « No Kings », qui s’est malgré tout tenue plus tard ce jour-là (voir ci-dessous photo Lorie Shaull).

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lundi, 28 juillet, 2025

Le mythe du mérite

Les pauvres aiment-ils trop la guimauve ?

Une expérience bien connue de psychologie sociale met des enfants dans la situation suivante : ils ont en face d’eux une friandise et si jamais ils arrivent à ne pas la boulotter tout de suite l’expérimentateur leur en promet une deuxième en récompense. Les résultats ont montré sur le long terme que les gosses qui font preuve de contrôle et se privent d’une satisfaction immédiate pour accomplir des buts plus ambitieux réussiront mieux dans la vie, à savoir auront un statut social privilégié. Comme si l’accès à ces privilèges de classe tenait à la possession de ces qualités. Preuve que la société est ségréguée mais pour de justes raisons. Après tout, l’effort de ces gamins qui arrivent à résister à la tentation ressemble au mérite scolaire qui fait qu’alors que certains arrivent à se priver après l’école de la satisfaction immédiate de deux heures passées à faire des jeux vidéo, d’autres profitent de ce temps pour lire ou faire leurs devoirs, investissant ainsi dans leur avenir pour une « gratification différée ». L’école sanctionne cette propension à l’effort et accorde aux personnes les plus déterminées, consciencieuses et industrieuses des diplômes qui leur permettent d’accéder à des situations sociales enviables. C’est ce qu’on appelle le mérite. Ou plutôt le mythe du mérite.

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jeudi, 17 avril, 2025

Questions de classe en milieu militant

J’adore ce sketch des Monty Python dans lequel des hommes bourgeois un peu alcoolisés se racontent leur vie, lançant tour à tour des surenchères sur qui avait vécu son enfance dans les conditions matérielles les plus sordides. Après les récits de familles qui vivent à quatorze dans une pièce misérable, ça finit avec : « Vous habitiez dans une boîte à chaussures ? Considérez-vous heureux, nous, nous vivions sous un caillou ! » Et le suivant de regretter que sa famille n’ait même pas eu un caillou à mettre au-dessus de sa tête (1).

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samedi, 12 avril, 2025

Leur justice à deux vitesses

Depuis qu’elle a été condamnée à inéligibilité, Marine Le Pen se répand partout en prétendant subir une justice à deux vitesses, aussi douce avec les puissants qu’elle est dure avec les petits. Dans un sens elle n’a pas tort puisque, dans la même situation qu’elle, François Bayrou a prétendu tout ignorer de l’entreprise de détournement des budgets du Parlement européen organisée par son parti à lui pour financer ses postes et il est aujourd’hui premier ministre. L’ampleur du détournement et l’adresse des deux partis à compartimenter assez bien entre le Parlement européen et le siège du parti pour éviter la mise en cause du chef varient certainement mais sur le fond il faut constater qu’il s’agit du même délit et que la réponse judiciaire n’a pas été la même. Les autres arguments utilisés par le RN pour dénoncer cette « justice à deux vitesses » peuvent étonner, parce que justement ils promeuvent… une justice à deux vitesses, douce avec les élus et dure avec les petits.

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lundi, 3 mars, 2025

Confinement : refaire le match

Il y a bientôt cinq ans, le 17 mars, nous étions confiné·es, coincé·es dans nos maisons pour les plus chanceux et chanceuses qui ont des maisons et n’ont pas été tenu·es de sortir faire marcher l’économie en s’entassant dans des métros aussi rares que bondés. Certain·es ont apprécié de rester en famille ou de faire leur jardin, d’autres se sont fait chier ou ont vécu huit semaines infernales, notamment celles et ceux étaient logé·es dans des appartement trop petits ou sans extérieur, étaient en prison ou en CRA. Une petite musique commence à s’imposer à propos de la période : franchement, on a été cons de se laisser confiner. Et de refaire le match en oubliant des petits détails. Le système hospitalier « risquait » la saturation ? Non, il était bien saturé, des tris ont été effectués entre patient·es et des personnes sont mortes chez elles sans soins. Le Monde diplomatique sort une carte des pires pays où passer mars-mai 2020 ? Aucun lien de cause à effet n’est esquissé entre la surmortalité importante et la dureté du confinement, il semble que ce soient simplement deux trucs pénibles alors que le deuxième a dans certains pays été une conséquence du premier. Le confinement ressemble à les entendre à un exercice parfaitement arbitraire de manipulation des foules.

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vendredi, 21 février, 2025

Euthanasie et néolibéralisme

Le suicide comme moyen de réduire les dépenses de la Sécu pour maintenir les gens en vie ? On dirait une blague de Jonathan Swift, mais non : c’était la proposition très sérieuse d’un grand penseur, qu’on n’attendait pas dans ce rôle, en 1983… Un texte de Patrick Marcolini publié pour la première fois en 2016.

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À propos d’une modeste proposition sur la fin de vie

En 2020, la convention citoyenne sur le climat n’avait proposé que des mesures faisant consensus entre les participant·es. Celles qui proposaient de baisser significativement le temps de travail pour réduire notre empreinte carbone collective avaient été écartées en raison de quelques voix discordantes. C’est le principe de ce qu’on appelle la « conférence de consensus » et qui n’est pas si éloigné du jury d’assises : la vox populi doit être polie par la concertation, au point de devenir aussi lisse que sûre, pour pouvoir s’imposer. On se souvient des promesses présidentielles de traduire ces conclusions en politiques publiques et du mépris avec lequel elles furent traitées.

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jeudi, 9 janvier, 2025

Jusqu’à la lie

En France il est interdit de servir de l’alcool à des gens « manifestement ivres » (1). Des personnes qui ont leur compte et n’ont plus besoin d’un peu d’alcool pour lubrifier la vie sociale et faire tomber quelques inhibitions, des personnes qui ne sont plus en mesure d’apprécier un bon verre, des personnes qui n’auront plus que des désavantages à poursuivre leur consommation ce soir-là et auraient plutôt besoin de grands verres d’eau. Des personnes qui vont rentrer chez elles à leurs risques et périls dont les moindres sont de tomber par terre et de se faire mal, de perdre ou de se faire voler des biens précieux, qui le lendemain vont avoir des symptômes pénibles.

En France on aime l’alcool, avec modération bien sûr, et une fois ceci écrit sur les publicités (car la pub pour l’alcool est revenue discrètement) on laisse à chacun·e la responsabilité de sa consommation, serait-elle débridée et désinhibée par les premiers verres, serait-elle difficile à contrôler en raison d’une addiction. Pourtant on a les moyens de ne pas laisser chacun·e seul·e avec ses difficultés mais, même si l’intérêt du plus grand nombre y gagne, l’intérêt immédiat est bien de faire consommer, tant pour les bars que pour les producteurs d’alcool représentés par des groupes de pression puissants.

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mercredi, 8 janvier, 2025

Le mythe du terrain

Trois semaines après le passage dévastateur de l’ouragan Chido, le défilé à Mayotte des hommes et des femmes politiques semble ne pas devoir s’arrêter. Président de la République, ministres de l’intérieur, des outre-mer, de l’éducation, femmes et hommes politiques hors gouvernement… au point que l’une de ces délégations politiques, celle de la leader de l’extrême droite, s’est trouvée prise dans un accident qui a envoyé dix personnes dans ce qu’il reste d’hôpital. On se demande si un territoire dans une telle galère a besoin d’accueillir toute la misère du monde politique dans des délégations dont il faut assurer le gîte, le couvert, le transport et la sécurité. Ressources qui seraient peut-être mieux employées pour satisfaire les besoins criants des gens sur place que pour assurer ce nouveau « tourisme de la désolation ». Ces femmes et ces hommes reviennent de leurs voyages en ayant acquis quelques mots locaux (on se souvient d’Emmanuel Macron notant que « le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du (sic) Comorien » et, comme des touristes, ont tout compris sans ouvrir un bouquin d’histoire ou d’anthropologie, arrivant tou·tes à cette conclusion pas piquée des vers : il faut renvoyer les « immigrés » comoriens chez eux, comme si la France était chez elle dans le canal du Mozambique après avoir méprisé les principes onusiens de souveraineté des territoires décolonisés. Voilà qui me rappelle furieusement un extrait de mon livre Dévorer le monde (Payot, 2024), que je publie donc ici.

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samedi, 14 décembre, 2024

L’apocalypse de la Ve République

En 2018, Emmanuel Macron affirmait sans rire que 1958, la date à laquelle était mise en place la Ve République suite à ce qu’on peut considérer comme un coup d’État, marquait « la fin de la quête du bon gouvernement ». L’expression renvoie à une question qui taraude les meilleurs esprit depuis au moins vingt-cinq siècles mais hop, le général de Gaulle a trouvé la solution, vous pouvez rentrer chez vous.

Le semi-dictateur de Colombey et le paillasson à Le Pen, que j’ose ne pas compter parmi les grands philosophes qui pensent le pouvoir depuis Platon, ont en commun que la Ve les arrange bien. La différence entre les deux tient peut-être au fait que si le premier avait réussi à cacher les failles de sa Constitution, le second les révèle tout à fait.

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dimanche, 3 novembre, 2024

Quand le gagnant emporte tout

En 2016, Donald Trump emportait l’élection présidentielle états-unienne avec trois millions de votes de moins que son opposante Hillary Clinton. Ces 2 % de retard lui valurent une très confortable avance de 77 votes dans le collège des grands électeurs (qui en compte 538). Les électeurs états-uniens ne votent pas directement pour les candidat·es, ils élisent, État par État, un collège de grands électeurs qui assurent l’élection du ou de la présidente. Hormis dans deux États qui procèdent à la proportionnelle, le scrutin qui leur délivre un tel mandat est du type « winner takes all » (le gagnant emporte tout), c’est à dire que 50,01 % des voix dans un État (1) vaudront 100 % des voix des grands électeurs de cet État… à moins qu’un ou deux ne fasse défection et ne vote pour le camp opposé. Donald Trump a ainsi été élu sans les voix de deux grands électeurs républicains dont le seul mandat consistait à voter pour lui mais avec celles de cinq « faithless electors » ou électeurs déloyaux issus du camp démocrate.

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dimanche, 27 octobre, 2024

Un antivalidisme mondain

Je ne compte plus les organisations et les événements qui mettent en avant des valeurs antivalidistes tout en passant sous silence l’existence d’une maladie infectieuse potentiellement handicapante et immédiatement dangereuse pour certaines catégories de personnes. Un syndicat qui affirme l’antivalidisme comme une de ses priorités des prochaines années alors que depuis 2022 le port du masque n’est recommandé ni dans ses locaux ni dans les formations qu’il organise. Des festivals féministes qui se mettent en quatre pour assurer l’accessibilité aux personnes en fauteuil ou qui marchent difficilement, aux personnes sourdes qui se voient proposer sous-titres spécifiques ou traduction simultanée en LSF mais aucune information n’est fournie en amont de l’événement sur ce qui sera fait pour s’assurer que le moins de monde possible rentre chez soi avec le Covid.

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vendredi, 18 octobre, 2024

Accident ou agression ? À propos de la violence contre les personnes à vélo

C’était il y a bientôt dix ans. Le Nord-Pas de Calais bruissait d’insultes contre « les écolos », déversées entre autres par le futur président de la future grande région. Je roulais à vélo derrière mon ami, dans un carrefour quasi-désert en ce 14 novembre 2015 et nous n’occupions qu’une partie de la première des trois voies de circulation. Malgré tout, un automobiliste nous a fait une queue de poisson, est sorti de sa voiture en colère et très intimidant, attirant l’attention de toute la place dont sept témoins. Il a revendiqué nous avoir puni·es pour rouler « au milieu » de la chaussée puis a redémarré. Mon ami ayant frappé du plat de la main sa voiture, sans l’abîmer ni blesser autre chose que l’ego de son conducteur, celui-ci m’a alors fauchée en marche arrière avant de repartir en tirant sur quelques mètres mon vélo resté accroché à l’arrière de sa voiture.

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mardi, 1 octobre, 2024

Le RN est-il un nouveau centre ?

Il y a quelques semaines j’écrivais ici qu’Emmanuel Macron, malgré la défaite subie aux législatives de juillet, gardait la main non seulement en tant que président d’un régime aux traits monarchiques mais aussi grâce à la position du centre dans l’échiquier politique, ce qui lui permettait de choisir ses alliances. Or il a fait le choix constant depuis 2017 de gouverner très à droite et de s’appuyer sur l’extrême droite (en validant ses éléments de langage et ses paniques morales, en sollicitant les votes du RN comme lors de la loi immigration) plutôt que de déboussoler la gauche en pratiquant un « en même temps » plus consistant. Il aurait pu s’appuyer sur les thématiques appréciées par la bourgeoisie de gauche molle, faire passer quelques lois « sociétales », être le premier « président féministe » en s’épargnant de s’inquiéter des excès de #MeToo (quelques jours à peine après le début de la vague) ou en ne jouant pas au père de famille hétéro qu’il n’est pas en tapotant des joues de violeurs tout en leur demandant de s’y prendre mieux la prochaine fois.

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mardi, 17 septembre, 2024

Surtourisme : derrière un mot

signal-2024-09-17-112319_002.jpeg, sept. 2024Depuis la fin des années 2010, la popularisation de la notion de surtourisme rend compte des dégâts du tourisme dans de grandes villes européennes. Les luttes urbaines, de Barcelone à Berlin, s’attaquent aux locations courte durée et aux résidences secondaires qui ont sorti du marché immobilier des logements à l’année. Les plateformes de location entre particuliers sont pointées du doigt, un peu moins les compagnies d’aviation qui offrent des trajets bon marché entre capitales européennes et grandes destinations touristiques.

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