Mon blog sur l'écologie politique

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mercredi 12 décembre 2018

Quelque chose du gilet jaune

C’est bientôt Noël et c’est déjà l’overdose. Des pubs qui dégoulinent de rouge, des passant·es avec leurs gros sacs en papier remplis de cadeaux venus du cœur et d’usines où le travail est bon marché, des questions existentielles sur ce qu’on aimerait recevoir alors qu’il faut bien l’admettre, on n’a franchement besoin de rien… ou bien de tout. C’est la grande bouffe et il y a du monde à table. Des week-ends en avion dans une ville où on n’a personne à aller voir (à part un hôte AirBnB) aux changements d’équipement parce qu’un nouveau vient de sortir qui est tellement mieux (et pas parce que l’ancien ne marche plus), tout déborde.

Et à côté de ça, les histoires de ces familles qui payent les activités de leurs enfants, vingt euros l’année grâce aux aides municipales, en trois fois sans frais ou de ce petit garçon qui raconte à ses copains de classe qu’hier il a dîné – parce que c’est pas tous les soirs que ça arrive.

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mardi 8 mai 2018

Covoiturage : bienvenue dans un capitalisme de crevards

Les dernières grèves à la SNCF (c’est ici pour contribuer aux caisses de soutien) m’ont donné l’occasion de me remettre à ce truc que je déteste : le covoiturage. Covoiturer, c’est d’abord avoir le déplaisir de recourir à un moyen de transport moins sûr, moins écologique et moins efficace que le train, ce bien commun financé avant l’ère de la voiture individuelle, avant que nous soyons riches à ne plus pouvoir prendre les transports en commun ou assumer l’entretien d’un réseau ferré. C’est faire un tour dans la culture automobile : me retrouver dans un McDo d’autoroute où, en désespoir de cause, je prends une frite ou bien côtoyer un conducteur tellement occupé par le réglage de ses deux GPS (deux !) qu’il ne voit pas le panneau Paris et se précipite dans la mauvaise direction.

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mardi 14 novembre 2017

Se mettre dans la peau d'un·e cycliste

La semaine dernière, je roulais à vélo dans une rue assez étroite quand une voiture me doubla en me passant très près. Après un sprint mémorable, je retrouve l’automobiliste au feu rouge et lui demande des comptes. Celui-ci, après m’avoir accusée de rouler « au milieu de la route », accepte quand même de m’écouter. « Au milieu de la route », je lui explique, c’est une distance qui permet de ne pas se faire faucher par une portière qui s’ouvre. Les portières s’ouvrent sans précaution et il appartient aux cyclistes de ne pas être à leur portée. Une distance de sécurité d’un mètre est la seule prévention. Le jour où une portière ouverte m’a envoyée à l’hôpital, je n’ai pas eu le temps de freiner, rouler trop près a été ma seule erreur. Et cette erreur, la plupart des cyclistes la font tout le temps. Il faut dire que la plupart des automobilistes les contraignent à se mettre en danger : dès que le respect de cette distance de sécurité ne permet plus de doubler, l’automobiliste fait ronfler son moteur tout près, klaxonne ou double dangereusement, accusant de rouler « au milieu de la route ». Doubler un véhicule plus lent est perçu comme un dû. Eh bien non, c’est rentrer chez soi sans séjour à l’hôpital qui l’est. Elles sont pourtant rares, les villes où on peut espérer que les automobilistes frustré·es de ne pas pouvoir doubler restent plus loin et ne se comportent pas de manière plus ou moins agressive…

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jeudi 29 septembre 2016

Cartographie participative du vélo potentiel à Kuala Lumpur

Kuala Lumpur a, vu du ciel, des airs de plats de spaghetti où s’emmêlent les autoroutes à deux fois trois ou quatre voies. Dans les quartiers, les automobiles garées sur les trottoirs, les embouteillages où les pare-chocs se touchent presque et la priorité donnée aux voitures sur les piétons rendent improbable l’idée de faire du vélo dans la capitale malaisienne. C’est pourtant le cas, même si les cyclistes sont assez rares pour qu’on puisse passer une journée sans en voir un… Mais cela ne s’improvise pas, il est déconseillé de partir à l’aventure sans une idée précise de son itinéraire. Pour cela, l’apprenti·e cycliste peut désormais compter sur une carte qui l’aidera à circuler dans la jungle urbaine : Cycling KL Bicycle Map.

La suite sur le site Visions carto.

jeudi 17 mars 2016

Contact

Matthew Crawford, Contact. Pourquoi nous avons perdu le monde, et comment le retrouver, La Découverte, 2016, 283 pages, 21 euros

Il est question d’Emmanuel Kant et de Walt Disney, de philosophie politique et de machines à sous. Crawford manie des concepts philosophiques parfois un peu ardus mais toujours éclairés par des exemples concrets, l’idée étant de comprendre pourquoi, dans un univers toujours plus commode, nous nous trouvons toujours plus désemparés. L’exemple qui m’a le plus frappée est celui des vieux Disney, dans lesquels les personnages sont aux prises avec des objets qui répugnent à leur obéir, au point de sembler animés d’une vie propre : des ressorts qui ne cessent de se détendre, des portes de s’ouvrir… Aujourd’hui, dit-il, les dessins animés de la même firme montrent des personnages béats servis par des machines complaisantes. Je me demande quelles intrigues ce dispositif peut servir. L’absence de conflit, outre qu’elle est assez pauvre politiquement, l’est aussi sur le plan narratif.

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lundi 16 novembre 2015

Les autres ont aussi leurs raisons

Parmi la litanie de faits désespérants, il en est qui intriguent et inquiètent, quand bien même ils sembleraient anecdotiques. Ainsi les agressions d’automobilistes sur cyclistes. Cela fait vingt ans ce mois-ci que je fais du vélo en ville (Décembre 1995 a commencé en novembre) et je suis plus que familière avec l'insouciance qui consiste à arbitrer entre quelques secondes de gagnées et la mise en danger d’une personne à vélo. Mais au-delà de la négligence et de l’incivilité souvent constatées, il s'agit d'insulter, de menacer, de descendre pour frapper un cycliste ou d’utiliser comme arme par destination (1) une tonne de métal motorisée. L’occasion est arrivée de mettre noir sur blanc les vagues cogitations suscitées par la prise de conscience que ce phénomène a pu prendre une certaine ampleur.

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samedi 11 octobre 2014

L’Europe à portée de train

Il y a quelques semaines, une campagne publicitaire battait son plein dans les couloirs de métro parisien (et peut-être ailleurs). La grande vitesse mettait l’Europe à portée de train de Paris. L’Allemagne, la Suisse, l’Espagne à portée de train ? Mouais. À condition de confondre l’Allemagne avec un pays situé entre Cologne et la France alors qu’il s’étend, dit-on, jusqu’à la frontière polonaise. À condition de confondre l’Espagne avec la Catalogne. À condition de rester en-deçà des mille bornes.

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lundi 3 mars 2014

A qui de nous faire préférer le train ?

Même aux USA, pays du libéralisme économique, il est possible de prendre le train à des prix qui ne font pas dresser les cheveux sur la tête. Et heureusement, car si les cars (1) Greyhound ont une belle réputation, que l'on doit à des films hollywoodiens comme Macadam Cowboy, il faut revoir ce film et les autres avec un peu moins de paillettes dans les yeux : le Greyhound, c'est pour les pauvres et tou-te-s celles qui ne peuvent pas faire le trajet en avion. L'imaginaire américain prétend que vous aurez de fortes chances de faire le voyage (interminable) aux côtés d'une personne malodorante et/ou en grande détresse. Au Canada, un voyageur a ainsi fini son trajet la tête coupée par son binôme de car (faut dire que c'est long). Le plus grand désagrément que j'aie connu, c'est de faire les deux heures entre Seattle et la capitale de l'état dans un car aux vitres tellement crades que je n'ai pas pu voir le Mt Rainier de plus près. Ah, oui, et la demi-heure de queue avec un vigile grossier qui nous a demandé d'ouvrir nos bagages à main pendant qu'il commentait le contenu – des bagages des passager-e-s du wagon à bestiaux précédents. C'est le genre d'expérience qu'on apprécie d'avoir fait, mais qui ne vaut pas la peine d'être répétée.

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mardi 5 novembre 2013

Une autre histoire du vélo

Iain Boal se lave les dents au moins deux fois par jour, mais n'accepte pas pour autant l'étiquette de brosse-à-dentiste. Il refuse également celle de cycliste, quand bien même, en sus de cette hygiène de vie qu'apporte le pédalage, il aurait à son crédit la fondation avec d'autres de la première masse critique contemporaine, à San Francisco. On comprend bien vite qu'on a affaire à un intellectuel hétérodoxe et qui cultive le décalage. Son histoire du vélo, en préparation depuis 2005, risque fort de ne pas ressembler aux autres.

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vendredi 21 juin 2013

Des droits et des devoirs

La petite bourgeoisie s'amuse n°4

La petite bourgeoisie, communément appelée classe moyenne, c'est cette classe sociale qui, privée de pouvoir économique, n'est pas responsable de l'abjection ambiante mais profite toutefois de ses retombées. Une classe sociale repue de droits et qui ne se reconnaît aucun devoir.

Puisque c'est dans ces termes que j'ai posé ma critique de la petite bourgeoisie, il est temps aujourd'hui de se pencher plus en détail sur la notion de droits et de devoirs, qui me semble centrale pour décrire son rapport au monde. Et cela à travers l'entrée que constitue le code de la route, si si.

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