Mon blog sur l'écologie politique

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vendredi 14 octobre 2016

Un travail sans qualité

« L'allocation adulte handicapé·e ? Mais c'est gé-nial ! », me disait un médecin écolo. Le rêve, en effet : 800 euros mensuels, une allocation logement de 270 euros et une prime à l'autonomie de 110 euros en sus pour les personnes à partir de 80 % d'incapacité et qui n'habitent ni dans leur famille, ni en institution. Les propositions de revenu garanti (dit aussi « de base », « universel ») n'arrivent pas à des sommes aussi généreuses que celle que je touche chaque mois depuis 2003 en raison d'une dépression chronique. Le montant, à l'époque à peine supérieur au RMI, a été sérieusement revalorisé depuis et permet aujourd'hui de recevoir autour d'un smic, accordé pour deux à cinq ans pour des raisons médicales et sous seule condition de ressources. Tous les deux, trois ou cinq ans, je prends rendez-vous au centre médico-psychologique (une structure hospitalière de quartier) pour une consultation d'une demie-heure à l'issue de laquelle un·e psychiatre émet un avis sur ma santé mentale. Quelques mois plus tard, une commission renouvelle mon allocation et ma reconnaissance de la qualité de travailleuse handicapée, revoit à la hausse ou à la baisse mon taux d'incapacité et mon revenu est de nouveau garanti pendant quelques années.

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mardi 5 avril 2016

Porte de la Chapelle

Voici quelques répliques que j'aurais aimé placer au bon moment. « L'AAH ? Mais c'est gé-nial ! » ─ « C'est 800 euros, le montant de ton loyer, alors imagine un peu ma vie. »

« C'est super, d'être au chômage volontaire comme tu fais. » ─ « Nous nous rencontrons pour la première fois et si tu m'avais demandé pourquoi j'étais au chômage, je t'aurais répondu que je ne trouve pas de travail. »


« Toi, tu n'aimes pas travailler. » ─ « Derrière toi il y a un ordi d'occasion qui rame un peu, sur un secrétaire. Je m'y assieds à 7 h tous les matins et j'ai du mal à décoller avant d'avoir répondu à toutes les sollicitations, vers 15 h. Je travaille bénévolement à coordonner une revue qui sort tous les semestres, à solliciter auteur·es et prestataires, avec d'autres bénévoles qui ne font pas leur part du boulot et n'ont jamais envisagé de me rémunérer. » (Celle-là, j'ai réussi à la dégainer à temps.)

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jeudi 24 décembre 2015

Le chômage, c'est la mort

Il y a quelques temps, une copine me disait combien le travail, c’est la mort. Des suicides sur le lieu de travail (qui arrivent par vagues dans les médias) aux burn-out, de la vulnérabilité que la hiérarchie crée face au harcèlement à la dépossession dont témoignent tant et tant de gens du métier, il semble qu’il n’y ait rien à défendre dans l’organisation du travail aujourd’hui. Est-ce une raison suffisante pour taper dans le dos d’une chômeuse comme moi en la félicitant de ne pas être employée ? Peut-être pas, aussi ai-je répliqué à ma pote que le chômage, c’est la mort.

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