La démocratie, c'est le pire des systèmes... à l'exception de tous les autres. Dit-on. Habile phrase d'un conservateur britannique qui clôt souvent les exposés de philosophie politique, nous montrant avant tout la difficulté qu'il y a à penser avec la démocratie, aussi bien que sans. Féroce bout de bois, lourde porte à laquelle se heurtent les pensées de l'émancipation (communisme ou anarchisme) et qu'elles rêvent parfois de faire voler en éclat. Fin paravent derrière lequel s'abritent ceux qui font constamment appel à elle en cachant leurs responsabilités derrière la décision des urnes... à condition qu'elle soit capable de renouveler les mêmes idées qui ne font toujours pas leurs preuves. Radeau de la dernière chance enfin, auquel s'accrochent ceux qui voient arriver l'épuisement d'une certaine démocratie et en exigent son renouvellement à coup d'adjectifs variés. Ici, l'envie de répondre à la question : pourquoi les élections ne changent-elles pas la vie ? Comment les aspirations (naïves ou généreuses) qui sont les nôtres, et que l'on entend en ouvrant ses oreilles en famille ou sur la place du marché, peuvent-elles s'incarner de cette manière ? Leur expression lors d'élections aussi régulières n'est tout de même pas si douteuse, non ? si ? Pour tenter de percer en partie ce mystère, allons donc voir aux sources de la démocratie, considérons l'évolution historique du terme et des moyens qui ont été donnés, ici ou ailleurs, au peuple pour – comme c'est le sens originel – se gouverner.