Version moins lapidaire et plus personnelle d'une chronique à paraître dans la revue Sortir du nucléaire n°49, printemps 2011

Écoblanchiment. Quand les 4x4 sauvent la planète
Jean-François Notebaert et Wilfrid Séjeau
Les Petits Matins, 2010, 187 pages, 18 euros

Les militant-e-s antinucléaires connaissent bien l'écoblanchiment, une pratique visant à donner une apparence écologique à des entreprises dont l'activité est au contraire extrêmement polluante. Monsanto et Total, l'industrie automobile et la grande distribution, font partie de ce tableau des imposteurs que proposent les auteurs, où l'industrie nucléaire figure aussi en bonne place : EDF qui se paye une campagne à dix millions d'euros (plus que son budget annuel recherche et développement dans les renouvelables !) pour témoigner de son engagement en faveur des énergies « vertes » ; Areva qui abuse de slogans « propres ». Mais le monde associatif ne se prive pas de répondre. Le Réseau « Sortir du nucléaire » saisit le Jury de déontologie publicitaire (comme ce fut le cas très récemment, en plus des affaires relatées dans le livre), les Amis de la Terre distribuent les « prix Pinocchio du développement durable ». Et les consommateurs/rices, à force d'être pri-se-s pour des « gogos », se sentent méprisé-e-s et distribuent de bien mauvais points... Les auteurs, un universitaire spécialiste de marketing et un élu vert, assument une position réformiste, sans rupture avec le capitalisme, mais désireuse de le voir se mettre à la disposition d'une « économie verte » strictement encadrée par des dispositifs légaux. Une étude qui renseignera aussi bien sur les stratégies des grandes entreprises pour prendre tant bien que mal le « virage vert » sans remettre en question leurs activités que sur les propositions d'une écologie gestionnaire.