Mon blog sur l'écologie politique

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samedi 10 août 2019

Leur écologie et la nôtre

Il y a quelques jours, j'ai eu l'idée saugrenue de demander à un colibri de ma connaissance s'il avait bien supporté la lecture d'Égologie et celui-ci en est venu à critiquer les mouvements écolos qui se complaisent dans leur singularité et le fait qu'ils ont raison tandis que les autres ne sont que des imbéciles. Vu la gravité de l'enjeu, me disait-il, il faut s'unir, tous les efforts sont bons à prendre. Oui. Mais non.

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jeudi 1 août 2019

Je n'aime pas la police de mon pays

Je n'aime pas la police de mon pays. La raison la plus évidente, c'est que j'ai la chance d'en connaître d'autres. À Bruxelles, un jour, j'ai vu un clochard traiter une policière de « connasse ». Celle-ci, qui s'éloignait d'un pas tranquille, lui a fait un petit signe de la main, façon « Oui, oui, j'ai entendu » mais elle n'a pas dévié de son chemin. Sans doute pensait-elle mieux utiliser les ressources de la police en continuant sa patrouille plutôt qu'en l'interrompant pour mettre en cellule une personne dont elle avait évalué qu'elle ne représentait aucun danger pour les autres ni pour soi-même. Elle a également arbitré entre la dignité de sa fonction (et des autres fonctionnaires), qui était mise à mal par une insulte publique de poivrot, et le besoin de poursuivre sa mission.

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jeudi 18 juillet 2019

C'est pratique

Je n'aime pas me faire chier dans la vie, et je ne dois pas être la seule. Il m'arrive pourtant souvent d'être surprise que ce soit, autour de moi, un critère décisif pour organiser sa vie : aller au plus pratique. À ce qui engage le moins d'efforts. Les pubs fourmillent d'invitations à se laisser dorloter en échange de quelques euros. Le champ des services ne cesse jamais de s'étendre – et de libérer la croissance. Plus besoin de sortir se faire couper les cheveux, le coiffeur vient chez vous. Inutile de penser à mettre de la bière au frigo, un livreur vous l'apporte. Des services auparavant réservés aux client·es des grands hôtels se massifient désormais : faites livrer des fleurs, chercher un document à la maison, etc. Votre maison est devenue le centre du monde, si vous le voulez bien. Il doit bien être possible de faire autrement, c'est comme cela que nous vivions il y a encore cinq ans.

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lundi 15 juillet 2019

Mixité choisie : une histoire de chiottes

Parmi les armes de défense du féminisme, avec la dérision et la sororité, figure la non-mixité. Se priver des mâles lumières de nos camarades ou de leurs bras musclés a bien des avantages : entre femmes, notre parole prend enfin la place qu'elle mérite et nous nous révélons puissantes, bien plus que ce que les rôles sociaux qui nous sont dévolus nous laissaient imaginer. Pour certaines, la non-mixité est un moment de prise de conscience, de ressourcement, de questionnement libre, sans pression externe, des agendas féministes. Pour d'autres, il s'agit de mener des vies séparées, autant que possible, de la classe des hommes, perçus comme agresseurs et exploiteurs. L’idée est alors d'assurer le respect de son autonomie ou de son intégrité.

Les enseignant·es aussi s'interrogent sur les bienfaits de la non-mixité pour protéger les filles de l'ambiance masculine que les garçons imposent si vite, de même qu'ils monopolisent l'attention de leurs profs. Est-ce le signe d'une régression, d'un retour au temps des tabliers et des écoles de filles, avec des enseignements différenciés accompagnant des rôles de genre rigides et hiérarchisés ? La non-mixité fait enrager quelques universalistes persuadé·es que des valeurs communes de justice sociale suffisent à assurer l'égalité entre nous. Ainsi que certains proféministes convaincus d'avoir assez « déconstruit » leur masculinité ou trahi la classe des hommes pour mériter que leur place soit partout, y compris dans des groupes de femmes qui souhaitent un moment de répit.

La non-mixité fait causer et depuis quelques années celle des toilettes est en débat. « Whatever, just wash your hands! » : c'est le mot d'ordre de la libération des stéréotypes de genre dans les toilettes. Les pictogrammes stupides, figure neutre pour les hommes et en robe pour les femmes, sont remplacés par des licornes ou des dragons de Komodo. Au-delà des cercles militants queer, l'idée fait son chemin chez les décideurs, président·es d'université ou des États-Unis, qui rendent les toilettes neutres ou autorisent l'accès aux toilettes du sexe de son choix sur les bases de l’auto-déclaration. Voilà qui a de quoi séduire.

La suite sur papier et sur ce blog dès septembre. À noter, que ce numéro d'été, plus épais et qui sera en kiosque pendant deux mois, est bien au prix de 5 euros...

lundi 27 mai 2019

« Les cyclistes ont tous les droits »

Ça fait longtemps que j'ai envie de parler de mon expérience de cycliste et de violence routière. Parce que je fais du vélo et que côtoyer tous les jours 10 % d'automobilistes qui me mettent en danger par négligence ou malveillance fait mal… J'ai aussi été fauchée délibérément par un automobiliste énervé, devant sept témoins, sans que le propriétaire dûment identifié de la voiture soit mis en cause (affaire à suivre). Cette violence et d'autres, on les subit tous les jours. Vous les subissez tous les jours si vous habitez en ville. Peut-être que c'est à pied, en voiture ou en scooter. Peut-être que vous avez décidé que c'est un type d'usagèr·es qui en est coupable (« les vélos », « les bagnoles »).

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mardi 7 mai 2019

Sommes-nous en démocratie ?

Il est entendu dans le sens commun que les régimes dans lesquels on choisit son gouvernement sont des démocraties. Et c'est ce que nous répètent à l'envi politiques et journalistes, pour qui les non-démocrates, ce sont les autres : groupes politiques minoritaires ou pays éloignés. Or, pour les historien·nes et les politistes, nos « démocraties libérales » ont bien des caractères démocratiques mais subtilement mélangés à d'autres qui tiennent plutôt de l'aristocratie (le pouvoir des meilleurs) et de la monarchie (le pouvoir d'un seul). On considère souvent à tort que l'élection est le seul geste démocratique, dédaignant l'environnement dans lequel le peuple est amené à voter : liberté et vitalité de la presse, des structures dans lesquelles le peuple s'organise (partis, syndicats, associations, collectifs et groupes informels), diffusion de l'esprit critique dans des débats publics de qualité. Un régime dans lequel la presse relaie la désinformation du gouvernement (comme on l'a vu le 1er mai 2019 avec l'affaire de la fausse « attaque » d'un hôpital mais les exemples abondent) et qui dénigre les formes d'organisation populaire et ses expressions (de la présence dans l'espace médiatique à la manif) a des caractères non-démocratiques.

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mardi 30 avril 2019

Macron est-il populiste ?

En voilà une question bête, bien sûr que non ! Les populistes, ce sont ces politiques qui ne cessent de faire appel au peuple et de flatter ses bas instincts. Notre président-philosophe (Frédéric de Prusse et Voltaire enfin réunis dans le même corps jeune et presque athlétique, waw !) en appelle, lui, à la raison et à la bonne gouvernance. Macron ne fait pas appel au peuple, c'est une des habitudes de la droite que de vendre la puissance du pays et qu'importent les gens qui y vivent.

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mardi 5 mars 2019

Le hijab, la ministre et le marche-pied

La scène avait choqué le monde entier : trois hommes et une femme forcçaient une femme à se déshabiller en public. Elle était venue profiter des plaisirs de la plage mais son habillement ne correspondait pas aux valeurs de la France – le bikini ? La semaine dernière, des ministres libérales de La République en marche ont repris le flambeau en accusant la firme Décathlon de vendre des hijabs sportifs incompatibles avec leurs valeurs féministes. C'est bientôt la Saint Patrick et il y aura dans les rues plein de mecs bourrés avec des chapeaux verts démesurés. Je n'aime pas ces chapeaux mais dans mes valeurs figure le droit de mettre ce qu'on veut sur la tête, quand bien même ça piquerait les yeux des autres. Si l'activisme des ministres ne mérite qu'une moquerie, il faut dire un mot sur la réception globalement favorable qui lui a été réservé.

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vendredi 18 janvier 2019

Bienvenue en France

À la rentrée prochaine, le gouvernement prévoit de multiplier par dix environ les frais d’inscription des étudiant·es étrangèr·es non-communautaires. La raison officielle : rendre les études supérieures en France plus prestigieuses (plus c’est cher, plus c’est classe, d’ailleurs hier j’ai payé trois euros ma baguette et vous savez quoi ? elle était bien meilleure). Les esprits chagrins y voient surtout un ballon d’essai pour augmenter les frais d’inscription pour tout le monde, établir un marché de l’éducation et des prêts étudiants tout en réduisant l’accès à l’université des classes moins solvables. Les étudiant·es non-européen·nes qui ne changent pas de cycle (licence, master, doctorat) seront épargné·es par la mesure et après quelques semaines de remous l’exception a été étendue à ceux et celles qui changent de cycle. Plus aucun·e étudiant·e en France n’est concerné·e, ce qui réduit la mobilisation : ceux et celles que cela touche sont loin des yeux, loin du cœur.

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mercredi 12 décembre 2018

Quelque chose du gilet jaune

C’est bientôt Noël et c’est déjà l’overdose. Des pubs qui dégoulinent de rouge, des passant·es avec leurs gros sacs en papier remplis de cadeaux venus du cœur et d’usines où le travail est bon marché, des questions existentielles sur ce qu’on aimerait recevoir alors qu’il faut bien l’admettre, on n’a franchement besoin de rien… ou bien de tout. C’est la grande bouffe et il y a du monde à table. Des week-ends en avion dans une ville où on n’a personne à aller voir (à part un hôte AirBnB) aux changements d’équipement parce qu’un nouveau vient de sortir qui est tellement mieux (et pas parce que l’ancien ne marche plus), tout déborde.

Et à côté de ça, les histoires de ces familles qui payent les activités de leurs enfants, vingt euros l’année grâce aux aides municipales, en trois fois sans frais ou de ce petit garçon qui raconte à ses copains de classe qu’hier il a dîné – parce que c’est pas tous les soirs que ça arrive.

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