Mon blog sur l'écologie politique

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mercredi 12 décembre 2012

Québec : cap au Nord !

Paru dans L'An 02, hiver 2012-2013.

Le second pays le plus vaste au monde n'est peuplé que de 34 millions d'habitant·e·s, massé·e·s sur la frontière méridionale. Autant dire que le reste n'est qu'une vaste réserve de richesses qui n'attendent que d'être exploitées. Le Canada s'y emploie déjà, et mines et barrages prospèrent depuis longtemps au Nord. Mais le pic de Hubbert, un phénomène de stagnation mondiale de l'extraction du pétrole, et la demande qui va croissant, ouvrent une course à l'exploitation de toutes les ressources imaginables d'énergie. On connaît en France la brillante idée qui consiste à polluer les nappes phréatiques d'un pays densément peuplé pour en extraire quelques litres de gaz de schiste, imaginons donc les appétits qui s'aiguisent autour des ressources souterraines d'un pays vécu comme un quasi-désert. Jusqu'ici l'exploitation a été modérée par des prix trop faibles, mais aujourd'hui tous s'envolent, et l'affaire devient enfin rentable. Il s'agit de terres rares, délaissées quand la Chine les bradait, mais qui sont devenues bien précieuses, de fer et d'autres métaux dont les prix ont eux aussi explosé, et enfin d'énergie sous toutes ses formes : uranium (les autres fournisseurs de la France sont le Niger et l'Australie), hydroélectricité et énergies fossiles non-conventionnelles (sables bitumineux, gaz de schiste). La folie extractiviste s'est emparée du pays.

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A qui la rue ? A nous la rue ! Retour sur un printemps érable

Paru dans L'An 02, hiver 2012-2013.

22 septembre, dans le métro de Montréal, ligne orange, station Sherbrooke. Je fais des pieds et des mains pour sortir du wagon au milieu des voyageur/ses en chemin pour un samedi de magasinage, et nous sommes peu nombreux/ses sur le quai à arborer le carré rouge pour la grande manif, parc Lafontaine à 14h. L'engouement est un peu passé pour les manifs du 22, qui depuis le 22 mars ont ponctué la vie politique québécoise. Et celle-ci sera peut-être la dernière : mille ou deux mille ultra motivé·e·s, sous la pluie, dispersé·e·s par la police avant d'avoir atteint leur but.

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vendredi 24 février 2012

A la Communauté

Premier jour : arrivée sac au dos de la gare toute proche, on m'accueille en me montrant ma chambre, toute simple et très jolie, avec assez de rangements pour m'installer une dizaine de jours. L'après-midi est – comme la matinée – consacrée au travail, mais dans quelques heures tout le monde sera plus disponible. J'attends donc ce moment, bien tranquillement. Mais à 17h30 les lieux restent vides. A 19h30, l'heure de la prière commune, je n'aurai croisé que Sandra, ma voisine du dessous, une très jeune femme en stage pour un an avec son ami, venue me souhaiter la bienvenue. L'appel de la cloche se fait finalement entendre, je me précipite dans la salle commune où brûlent trois bougies devant une assistance plutôt clairsemée. Un texte récité par cœur, des intentions de prière, une chanson, quelques annonces dont celle de mon arrivée. Avant de nous quitter, nous embrassons nos voisin-e-s de droite et de gauche en leur souhaitant une belle soirée. Le samedi est le seul soir où une activité collective est proposée : c'est danse. Les autres soirs, les personnes installées (engagées, selon le vocabulaire de la Communauté), rentrent dans leurs appartements pendant que les six ou sept stagiaires se réunissent dans la cuisine pour finir les restes du midi (1). C'est toujours copieux et délicieux, on mange très bien, en quantité parce qu'on a beaucoup travaillé en plein air, et l'ambiance est cordiale. A la fin du repas, nous lavons nos couverts mais l'un-e de nous reste, préposé-e à la vaisselle des plats. Je me retrouve vite seule, sans autre perspective que celui de rejoindre mon lit. Il est 20h30. Je peste un peu, avant de me rappeler que j'étais aussi venue pour ça : rompre avec mon quotidien, couper pour quelques jours les liens avec mes collaborateurs et mes ami-e-s, avoir enfin beaucoup de temps libre pour lire et me reposer. La mission est donc remplie, de quoi pourrais-je me plaindre ?

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